Arts

Ce Nord qu'il aime tant

Avec Tuktu, son premier roman jeunesse, Jean Désy a voulu faire découvrir l'unicité de la culture inuite et la majesté de la toundra

Illustration de Jean Hudon
Après moult romans, nouvelles, essais et recueils de poésie, il n'y avait que la littérature jeunesse que Jean Désy n'avait pas touchée. C'est maintenant chose faite avec Tuktu, un livre paru chez Heures bleues. À voir la passion que l'auteur, médecin et professeur porte à la nordicité, il allait de soi que cet ouvrage se déroule au Nunavik, une région qu'il connaît bien.

L'histoire est celle de Joanassie, un jeune Inuit qui vit à Montréal et qui retourne sur sa terre d'origine pour chasser le caribou. Avec François, un ami de sa mère adoptive, il se rend dans la toundra, trouve un sentier de migration des caribous et se cache derrière un rocher. Tous deux rêvent de cette chasse depuis longtemps et Joanassie est heureux de renouer avec ses racines. Or, lorsque vient le temps d'appuyer sur la gâchette, l'activité ne se passera pas comme prévu.

L'histoire, écrite à la première personne, est inspirée de la réalité de l'auteur. «Je possède un camp au nord de Saint-Raymond avec une amie, une audiologiste qui a adopté un enfant inuit. Je considère ce jeune comme mon fils. Deux ou trois fois par année, je l'initie aux joies du bois. Bien qu'élevé à la québécoise, il a la personnalité et les habiletés en nature d'un Inuit. J'ai eu envie d'inventer une histoire basée sur ce garçon», explique Jean Désy.

En plus du récit, le livre comprend une partie informative sur le Nunavik. Des cartes permettent au lecteur de positionner cette région dans le territoire québécois. Un texte questions-réponses et un petit glossaire en inuktitut lui permettent aussi de s'initier au monde inuit. Le tout est illustré avec les magnifiques dessins de Jean Hudon.

Par ce livre, Jean Désy espère rendre compte de la singularité de la culture inuite, qu'il admire pour plusieurs raisons. «Le monde inuit n'a rien à voir avec le monde amérindien. Son autochtonie est complètement différente. C'est un cadeau d'avoir toutes sortes de nations qui habitent sur le territoire québécois depuis des milliers d'années, mais qui sont différentes les unes des autres. Il faut prendre conscience de cette réalité, sinon nous ne sommes qu'un faux pays se limitant aux rives du fleuve.»

Pour l'écrivain, la toundra possède une puissance poétique qui ne cesse de l'habiter. Le 2 janvier 1990 – il se souvient de la date comme si c'était hier –, il a découvert ce territoire alors qu'il arrivait à Puvirnituq pour y travailler comme médecin. Ce fut le coup de foudre immédiat. «J'ai eu un éblouissement d'ordre mystique. Depuis, j'aime profondément le Grand Nord, plus spécifiquement la toundra et la civilisation inuite, qui est collée sur ce grand désert nordique. Cet univers, c'est ce qui m'émeut le plus du point de vue poétique», dit-il.

Sorti l'automne dernier, Tuktu est en lice pour un Prix de création littéraire dans la catégorie «Littérature jeunesse». Initiative de la Ville de Québec et du Salon international du livre de Québec, ce concours vise à souligner l'excellence et le talent d'auteurs de la région. La remise des prix aura lieu le 19 mars.

Quant au Salon du livre, qui se déroulera du 10 au 14 avril, le prolifique auteur sera sur place pour promouvoir non pas un, mais trois livres récemment publiés: Tuktu, Hymne à l'amoune (Mémoire d'encrier) et Être et n'être pas (Éditions XYZ), en plus du recueil Accoucheur en cuissardes, qui sera réédité.

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