
Camille Lavallée, le 26 juin au Centre des congrès de Québec
— Yan Doublet, Université Laval
Camille Lavallée, finissante des programmes d'architecture et de design de produits à l'Université Laval, a été choisie comme porteuse de la masse lors de la collation des grades du 26 juin. Arrivée à Québec pour amorcer «un nouveau départ», elle y a construit, en cinq ans, une trajectoire marquée par la découverte de soi, l'intensité des apprentissages et la richesse des rencontres.
«En 5 ans, j'ai l'impression d'avoir vieilli de 20», confie-t-elle. Ce cheminement, amorcé loin de Montréal, lui a permis de s'ouvrir à un environnement propice à l'expérimentation et à la création. Elle souligne notamment l'importance des liens tissés au fil de ses études, tant avec ses collègues qu'avec le personnel enseignant et technique. «La générosité des techniciens et des chargés de cours, dont le travail est souvent invisible, a été absolument déterminante.»
Son parcours universitaire se distingue aussi par une série de reconnaissances, dont un prix d'excellence et des distinctions pour son projet de fin d'études, réalisé en collaboration, qui a reçu des prix en développement durable de la part de partenaires du milieu. Mais au-delà des honneurs, c'est un choix audacieux qui marque un tournant: celui de conjuguer architecture et design de produits. «Une décision rocambolesque sur le moment», dit-elle, mais qu'elle considère aujourd'hui comme l'une des plus déterminantes de son parcours.
Avoir le cœur d'explorer, de créer et de concrétiser
Animée par un désir profond de créer et de résoudre des problèmes de manière concrète, la finissante n'a pas hésité à sortir des sentiers battus. Après un passage en mathématiques actuarielles, elle s'oriente vers des disciplines qui l'amènent à penser autrement, au-delà de la logique pure.
Une expérience internationale viendra confirmer cette orientation. À l'été 2023, elle participe à un stage à Carabane, au Sénégal, dans le cadre d'un projet lié à une chaire UNESCO. Sur place, elle contribue à la conception et à la construction d'une ombrière, explorant des techniques de tissage pour des toitures végétales. «C'était mon premier projet à l'échelle 1:1. Les idées prenaient forme; les esquisses devenaient réelles.»
Cette immersion concrète agit comme un révélateur. Elle y découvre l'importance de voir ses projets se matérialiser et développe un intérêt marqué pour des interventions à plus petite échelle. Dès lors, elle décide de mener de front deux baccalauréats, multipliant les sessions intensives. «Ces deux échelles, le bâti et l'objet, ne peuvent pas être isolées. Elles influencent nos quotidiens de façon complémentaire.»
S'engager pour apprendre et transmettre
En parallèle de ses études, elle travaille comme auxiliaire d'enseignement et s'implique au sein de son association étudiante, un engagement reconnu officiellement sous forme de crédits universitaires.
«Plus je donne, plus j'ai d'énergie», observe-t-elle. Accompagner d'autres étudiantes et étudiants dans leur parcours lui a permis d'acquérir une nouvelle compréhension de son rôle dans la communauté universitaire. «Sentir qu'on contribue, qu'on laisse quelque chose derrière soi, c'est une source de sens que je n'avais pas anticipée.»
Une reconnaissance inattendue
Sa nomination comme porteuse de la masse s'inscrit dans cette logique d'engagement, bien qu'elle l'ait accueillie avec surprise. «Je ne savais même pas que ce rôle existait», admet-elle. «Je n'aurais jamais levé la main […], mais je ne dis jamais non à la nouveauté.»
Ce rôle symbolique, qu'elle assume avec humilité, prend aujourd'hui une signification particulière. «Ce qui me touche le plus, c'est de savoir que j'ai laissé une empreinte positive. C'est vraiment ce qui me comble.»
Une transition vers la pratique professionnelle
À court terme, la finissante amorcera sa carrière comme designer polyvalente au sein d'une firme d'architecture. Elle envisage ensuite de poursuivre à la maîtrise et d'explorer l'enseignement.

Camille Lavallée, lors de sa prise de parole
— Université Laval, Yan Doublet
À sa cohorte, elle adresse un message empreint de lucidité et d'ouverture: «Continuer de s'épanouir, de se laisser vivre un peu dans la folie. […] Rester curieux, s'ouvrir aux opportunités.» Elle rappelle également l'importance de garder un équilibre: «Le métier, c'est important, mais ce n'est pas tout. Se laisser toujours la place d'être, d'abord et avant tout.»
À l'image de son parcours, son regard vers l'avenir demeure ancré dans une volonté de créer, de transmettre et de contribuer, avec sens, aux environnements qu'elle façonnera.

























