Vie universitaire

L'anthropologue dans la cité

Un colloque international pour traiter d’une démarche plus ouverte, plus dynamique et à plusieurs voix

Par : Yvon Larose
«On a beaucoup associé l’anthropologie à l’étude des cultures lointaines et des sociétés plus anciennes, rappelle Francine Saillant, professeure au Département d’anthropologie. Si certains anthropologues font toujours cela, une grande partie se concentre aujourd’hui sur les nouvelles complexités sociales et sur les cultures en pleine transformation. Le colloque en sera l’illustration parfaite.» Le colloque en question, sur le thème «Anthropologie des cultures globalisées. Terrains complexes et enjeux disciplinaires», se tiendra à Québec du 7 au 11 novembre. Organisé par Anthropologie et Sociétés, une revue savante publiée par le Département d’anthropologie, le colloque réunira plus de 200 spécialistes en provenance d’une quinzaine de pays. Selon Francine Saillant, membre du comité directeur du colloque et directrice de la revue, l’événement sera un temps de réflexion sur la nature de la profession d’anthropologue. «Et le regard que nous allons poser sera très positif, tout en étant prospectif et très stimulant», poursuit-elle.

Le colloque comprendra des sessions, des tables rondes, de grandes conférences, des communications libres, des séances plénières et des ateliers thématiques, dont ceux sur la citoyenneté, la santé mondiale et les mondes post-socialistes. «Un atelier abordera les grandes transformations des démocraties et les changements liés aux conflits contemporains, explique Francine Saillant. Nous étudions toujours les rituels et les mythes, mais nous étudions aussi la justice sociale, la liberté, l’intégration de l’immigration internationale, etc. Le colloque illustrera cette diversification des lieux de recherche, des objets d’étude, des manières d’écrire. En ce sens, le colloque fera une large place à l’image.» La première journée, mercredi 7 novembre, sera consacrée à une activité grand public intitulée Des cultures en images. Elle comprendra quatre présentations multimédias reliées chacune à des conférences en duo ou en trio. «Cette journée, qui se déroulera au Musée de la civilisation, donnera le ton, soutient-elle. Généralement, l’anthropologue se trouvait isolé avec les populations qu’il étudiait. Cette activité montrera une anthropologie plus ouverte, plus dynamique et à plusieurs voix.»

Mondher Kilani, de l’Université de Lausanne, et Esther Benbassa, de l’École pratique des hautes études de Paris, animeront une séance plénière spéciale ouverte au grand public, le vendredi 9 novembre à compter de 19 h, au Musée de l’Amérique française. L’un abordera la question de l’anthropologie face aux massacres de masse. L’autre partagera sa réflexion sur le peuple juif sous l’angle de la souffrance érigée en identité.

Selon Francine Saillant, le monde contemporain change et fait changer les anthropologues à plusieurs titres. «Les populations que l’on étudie ont de plus en plus accès à l’éducation, les gens commentent ce que l’on fait, ils nous demandent de travailler avec eux, ils veulent pouvoir contribuer à nos travaux, indique-t-elle. Dans le passé, l’anthropologue se rendait sur place, étudiait le sujet, revenait chez lui et écrivait un livre.» Pour plus d’information: www.ant.ulaval.ca.

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