Vie universitaire

Des droits à indexer?

Une étude de la CADEUL indique que les frais obligatoires autres que les droits de scolarité ont connu une forte hausse depuis 13 ans

Par : Yvon Larose
Depuis 1993-1994, année du début du gel des droits de scolarité dans les universités au Québec, les étudiants à temps plein, tout établissement confondu, ont vu leurs frais obligatoires autres que les droits de scolarité, soit les frais d’admission, les frais afférents, les frais de services, etc., augmenter de 419 $ en 13 ans, soit une variation de 304 % du montant initial. Or, l’indice des prix à la consommation n’a progressé que de 24,9 % durant la même période. «Il est possible d’affirmer que, malgré le gel des droits de scolarité, les universités ont réussi, d’une certaine manière, à contourner ce gel en haussant considérablement les autres frais obligatoires», soutient Philippe Verreault-Julien, vice-président à l’enseignement et à la recherche à la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL).

Le jeudi 11 janvier, lors d’une conférence de presse tenue au pavillon Alphonse-Desjardins, Philippe Verreault-Julien a présenté les faits saillants d’une étude récente de la CADEUL sur la notion d’indexation dans le contexte universitaire. Il a d’abord rappelé que l’actuel manque à gagner annuel des institutions du réseau universitaire québécois s’élève globalement à environ 400 millions de dollars. Selon lui, et contrairement à ce que pensent certains, l’indexation au coût de la vie des droits de scolarité ne pourrait solutionner à elle seule la crise du sous-financement. «De 1994-1995 à 2004-2005, a-t-il expliqué, à partir d’une hypothétique indexation des droits de scolarité selon l’indice des prix à la consommation, les revenus annuels moyens supplémentaires des universités québécoises auraient été de 25,6 millions de dollars, la part de l’Université Laval étant de 3,8 millions. Nous sommes assez loin de combler le sous-financement du réseau.» Pour le vice-président, une estimation des revenus futurs tirés de l’indexation des droits de scolarité de 2007-2008 à 2016-2017 donnerait une moyenne annuelle de 27,6 millions à l’ensemble des universités. «En 2007-2008, a-t-il ajouté, les universités ne recevraient que 4,6 millions.»

Des revenus à la baisse
Les revenus des étudiants universitaires tendent à baisser depuis 1994. Une étude de l’Aide financière aux études, au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, révèle que le revenu moyen, tous cycles confondus, atteignait 11 809 $ en 1994. Il était de 11 102 $ sept ans plus tard, soit une diminution brute de 706 $. «La diminution était encore plus marquée en dollars constants, soit une diminution réelle de 2 039 $», a souligné Philippe Verreault-Julien.

Plusieurs débats se tiendront sur le campus au cours des prochaines semaines sur l’indexation des droits de scolarité. Le 9 février, la CADEUL tiendra un caucus spécial pour ses associations membres afin d’actualiser sa position sur la question. Rappelons que la Confédération prône le gel des droits de scolarité depuis plusieurs années. On peut consulter l’étude de la CADEUL à l’adresse suivante: http://www.cadeul.ulaval.ca, section Documents.

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