Vie universitaire

À vos toges, citoyens

Aux yeux de la juge à la Cour suprême du Canada Marie Deschamps, l’accès à la justice est l’affaire de chacun  

Par : Renée Larochelle
La justice n’est pas l’apanage des juges et des avocats, elle est également l’affaire de tous les citoyens. Prenons donc l’habitude de discuter de la justice entre nous et soyons créatifs en la matière pour faire avancer les choses. Utilisons des moyens alternatifs comme la médiation entre les parties au lieu de mettre l’accent sur les litiges. Incluons la formation juridique dans l’éducation des enfants à l’école et ils ne seront que mieux préparés à affronter la vie. Tel est le message qu’a livré Marie Deschamps, juge à la Cour suprême du Canada depuis 2002, lors de la 5e Conférence annuelle Claire L’Heureux-Dubé organisée par la Faculté de droit. Cet événement très couru a eu lieu le 5 septembre au pavillon La Laurentienne.

Dès le début de son allocution, la juge Deschamps a mystifié son auditoire en citant les conclusions d’un rapport britannique. Selon ce rapport, les avocats arriveraient mal préparés sur le marché du travail à cause d’une formation juridique déficiente, leur nombre serait trop élevé en regard des besoins véritables de la population et l’éthique du droit souffrirait de certains manquements. Ce rapport datant en fait de 400 ans, Marie Deschamps en a profité pour affirmer que l’accès à la justice constituait un problème aussi vieux que les systèmes de justice eux-mêmes. «Cela dit, de grands progrès ont été accomplis au Québec et au Canada dans les cours de justice, a précisé la juge. Par exemple, les délais sont plus courts qu’il y a une vingtaine d’années, entre le moment où une cause est inscrite et où elle est entendue. C’est le genre de mesure qui rend le système de justice plus équitable pour le citoyen.»

Une paix honorable
Selon Marie Deschamps, un avocat ne devrait pas établir une relation de maître à sujet mais agir plutôt comme il le ferait avec un ami. «Actuellement, soutient-elle, il y a une grande demande pour le divorce en douceur, où la solution repose en quelque sorte sur les épaules du client. Le droit participatif requiert que l’avocat change sa façon d’aborder le droit de la famille. À la base de cette nouvelle approche s’inspirant de la médiation, il y a le client qui souhaite une paix honorable et ne pas avoir à se rendre jusqu’en cour pour régler son problème. Si le client décide d’aller en cour, l’avocat doit se retirer de la cause. Il a donc tout intérêt à tout mettre en œuvre afin de garder son client, en utilisant des méthodes non traditionnelles comme la médiation et la discussion.»

Encourageant la mise sur pied de maisons de la justice, ces lieux fort populaires en France où le simple citoyen aux prises avec des problèmes d’ordre juridique peut notamment obtenir de l’information et discuter avec des juristes, Marie Deschamps dit avoir foi en l’avenir. «Il faut être créatif, assure-t-elle. Toutes sortes d’initiatives naissent au Canada et il n’y a pas de droits d’auteur sur ces projets. D’où la nécessité de continuer à développer des moyens alternatifs et de faire progresser l’accès à la justice pour tous.»  



                      

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