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Un rétrovirologue qui va de l'avant

L'Acfas décerne le prix Léo-Pariseau à Michel J. Tremblay pour souligner sa contribution à la recherche sur le sida

Par : Jean Hamann
Michel J. Tremblay, professeur de la Faculté de médecine: «Je ne connais personne qui réussit bien en recherche sans fournir plus de travail que les autres».
Michel J. Tremblay, professeur de la Faculté de médecine: «Je ne connais personne qui réussit bien en recherche sans fournir plus de travail que les autres».
Il y a neuf ans à peu près jour pour jour, alors qu'il participait à une table ronde sur le métier de chercheur, Michel J. Tremblay y allait de quelques révélations étonnantes sur son passé et sur ses aptitudes. Le professeur de la Faculté de médecine et membre au Centre de recherche en infectiologie avait alors avoué que ses années d'études avaient été jalonnées de questionnement et de doute, et entrecoupées de pauses, de «jobines» à droite et à gauche et de longs voyages à travers le monde. «Un jour, j'ai réalisé qu'il n'était pas nécessaire d'être un génie pour être chercheur, bien qu'un soupçon d'intelligence peut aider. Il faut surtout travailler fort parce que c'est un domaine tellement compétitif et parce que nos laboratoires sont de petites PME où travaillent des gens qui dépendent de nous.» Au moment où l'Association francophone pour le savoir (Acfas) l'accueille au panthéon de ses lauréats en lui décernant le prix Léo-Pariseau soulignant la contribution remarquable d'un chercheur au domaine des sciences biologiques ou des sciences de la santé, il y a lieu de se demander si le professeur Tremblay avait péché par excès de modestie ou s'il a tout simplement travaillé très fort.
   
«Je ne connais personne qui réussit bien en recherche sans fournir plus de travail que les autres, souligne-t-il. Et plus on travaille, plus on est sollicité à l'interne et à l'externe. Il faut être très bien organisé, être capable de mener plusieurs dossiers de front, aussi bien lorsqu'on est au bureau qu'en voyage, et il arrive un moment où il faut faire des choix en fonction de ses priorités. Pendant plusieurs années, je disais oui à tout parce que je voulais profiter de toutes les opportunités qui s'offraient à moi. Maintenant, je privilégie les activités en lien avec la formation des étudiants-chercheurs.» Cette recette lui a réussi. Depuis son embauche à l'Université en 1991, il a contribué à la formation de 41 personnes à la maîtrise, au doctorat et au postdoctorat. Aujourd'hui, son équipe compte un total de 26 personnes, dont 12 étudiants-chercheurs et 6 stagiaires postdoctoraux. Bon an, mal an, il doit trouver près de 1 M$ pour maintenir les activités de cette petite PME du savoir. Il est auteur ou coauteur de 165 publications scientifiques, 8 chapitres de livres et il a prononcé 232 communications en congrès et 63 conférences sur invitation. Sa productivité n'est pas étrangère au fait qu'il a est maintenant titulaire de la Chaire de recherche du Canada en immuno-rétrovirologie humaine.

En quatre lettres
Son champ d'études peut sembler vaste, mais pour un rétrovirologue qui a commencé sa carrière dans les années 1980, il se résume essentiellement en quatre lettres: sida. Aujourd'hui encore, Michel J. Tremblay consacre le gros de ses efforts à la compréhension des mécanismes d'infection déployés par le virus d'immunodéficience humaine (VIH) et aux interactions qui le lient à certains pathogènes opportunistes tels que les parasites de la famille des leishmanies et des trypanosomes. Si le VIH a cédé l'avant-scène médiatique à d'autres fléaux, ce n'est pas que la maladie est maîtrisée. «Il y a cinq ans, on comptait 50 000 porteurs du VIH au Canada. Il y en a maintenant 65 000 et ils devront prendre des médicaments pendant le reste de leur vie. Ça reste un problème de santé très important ici et ailleurs dans le monde parce que plus de 40 millions de personnes sont porteuses du virus.»
   
Il existe des thérapies relativement efficaces pour maîtriser la maladie, mais on ne guérit pas du sida, rappelle le chercheur. C'est pourquoi il consacre maintenant une partie de ses travaux au développement d'un vaccin préventif. «Je viens de recevoir un financement de trois ans des IRSC pour explorer cette avenue. L'idée serait de vacciner les gens alors qu'ils sont bien portants de façon à prévenir l'apparition de nouveaux cas d'infection au VIH.» Un défi taillé sur mesure pour lui puisqu'il faudra une bonne dose de talent, de travail et d'organisation pour le relever.

Deux étudiants de Laval honorés
L'Acfas a honoré deux étudiants de l'Université lors de son 65e gala annuel qui s'est déroulé le 8 octobre à Montréal. Julien Beguin, doctorant en sciences forestières à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, a remporté le prix Acfas-Ressources naturelles, accompagné d'une bourse de 5 000 $. Ses travaux portent sur l'évolution des pessières noires dans le Nord du Québec. L'étudiant-chercheur développe un modèle qui sert à prédire la dynamique de cet écosystème sur de vastes territoires. Ses travaux sont dirigés par les professeurs Steven Cumming et Frédéric Raulier du Centre d'étude de la forêt.
   
Par ailleurs, Dominique Lepage, étudiante au doctorat à la Faculté de philosophie, est l'une des cinq lauréates du concours de vulgarisation de la recherche de l'Acfas. Son texte, inspiré de ses propres travaux, s'intitule La nouveauté: de l’idéologie à la condition humaine. Il explore comment une idée aussi vague que la nouveauté a été graduellement érigée au rang de valeur au 19e siècle et s'est imposée comme norme dans les esprits au cours du 20e siècle. Ce prix est doté d'une bourse de 2 000 $.

   

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