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Le projet d'ESOP sur la sellette

La création d’une École supérieure d’optique-photonique soulève des questions sur le partage des ressources humaines et financières en Sciences et génie

Par : Jean Hamann
Le projet de création d’une École supérieure d’optique-photonique (ESOP) reçoit beaucoup d’appuis dans la région, mais il ne fait pas l’unanimité au sein de la Faculté des sciences et de génie (FSG). Les réserves ne touchent pas la pertinence d’établir une telle entité pour favoriser le développement de la recherche dans ce secteur, mais plutôt l’incontournable partage des ressources humaines et financières qui en découlerait. Voilà en gros ce qui se dégage des interventions présentées à la Commission d’étude relative à la création de l’ESOP, lors de la phase de consultation publique qui s’est déroulée entre le 12 et le 23 mars à la FSG.

La direction du Centre d'optique, photonique et laser (COPL) a manifesté la volonté de créer une nouvelle unité académique regroupant des professeurs-chercheurs appartenant aux différentes sous-disciplines de l'optique-photonique. Cette unité gérerait ses ressources humaines et financières, les locaux du nouveau pavillon d’optique-photonique ainsi que les programmes de formation dans son champ de compétences. Dans un premier temps, ces programmes seraient offerts à la maîtrise et au doctorat, et d’ici quelques années, un programme de premier cycle s’y ajouterait. Ce contexte favoriserait le plein épanouissement de la formation et de la recherche en optique-photonique à l’Université, font valoir les promoteurs du projet.

La Commission chargée d'étudier les impacts de ce projet a reçu des mémoires ou lettres favorables à la création de l'ESOP en provenance de l’Institut national d’optique, de Recherche et Développement pour la Défense Canada de Valcartier, de l’Institut canadien pour les innovations en photonique, du Regroupement des étudiants en optique photonique de l’Université Laval et de la compagnie PhasOptx.

Les réserves face au projet viennent principalement du Département de physique, de génie physique et d’optique, d’où proviendrait la majorité des professeurs qui seraient rattachés à la nouvelle unité. Chacun à sa façon, les professeurs René Roy, Gilles Joncas, Louis J. Dubé et Denis Roy ont fait valoir que les impacts de la création de l’ESOP sur leur département seraient plus importants que ne le prévoient les promoteurs, au point de compromettre ses activités actuelles. Les projections du directeur exécutif de la FSG, Denis Bussière, alimentent ces craintes. Dans le contexte actuel de décroissance des effectifs étudiants en sciences et de ressources professorales limitées, le directeur exécutif craint que la réalisation du projet n’amène les deux unités sous la masse critique d’activités requise pour assurer le fonctionnement adéquat d’un département.
   
Par ailleurs, les membres du Groupe d’astrophysique, Laurent Drissen, Gilles Joncas, Hugo Martel, Serge Pineault et Carmelle Robert, à l’instar de Louis J. Dubé et René Roy, ont plaidé contre une spécialisation hâtive en physique au premier cycle. Ces professeurs jugent qu’une formation diversifiée dans la majorité des domaines importants de la physique est à l’avantage des étudiants, tant pour leur culture scientifique que pour leur employabilité.

De son côté, le Département de génie électrique et génie informatique, d’où proviendrait aussi une partie des professeurs-chercheurs de l’ESOP, a annoncé qu’il appuierait le projet uniquement s’il avait l’assurance de conserver tous les postes de professeurs présentement à sa disposition. Enfin, deux des candidats au poste de doyen de la FSG, Guy Gendron et Guy Mineau, ont appuyé les objectifs poursuivis par la création de l’ESOP, mais chacun a proposé un modèle d’unité différent de celui avancé par les promoteurs, de façon à réduire les impacts sur les autres départements de la Faculté.

Pour Réal Vallée, directeur du COPL, la réponse aux problèmes soulevés par le partage des ressources humaines et financières a deux volets. D'un part, une modification à la convention collective permettant le double rattachement des professeurs atténuerait les impacts dans les départements existants. «Par ailleurs, dans un contexte de grande compétitivité, l'Université ne peut être bonne dans tous les domaines, souligne-t-il. La direction de la Faculté et la direction de l'Université devront faire des choix et ajouter des ressources dans les domaines d'excellence. Pour nous, il est clair que la création d'une unité académique est essentielle au développement de l'optique-photonique à l'Université.»

La description détaillée du projet d’ESOP de même que les lettres et mémoires acheminés à la Commission sont disponibles à l’adresse www.fsg.ulaval.ca/comesop. La Commission devrait remettre son rapport à la direction de la FSG d’ici la fin du mois d’avril.

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