
Cet ouvrage de référence de 270 pages réunit plus de 300 cartes thématiques commentées.
— Atlas du Québec
Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis cette journée de septembre 2023 alors qu'était annoncé un important soutien financier gouvernemental à l'Université Laval pour un projet d'édition d'envergure, celui de l'Atlas du Québec. Plus de trois ans et bien des efforts plus tard, le 3 novembre, la salle Gilbert-Tardif du pavillon Gene-H.-Kruger a accueilli une centaine de personnes venues assister à la cérémonie de lancement de l'ouvrage édité chez Québec Amérique. Parmi elles, la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Natalie Bisaillon.
«Le territoire fait partie intégrante de l'identité des Québécoises et des Québécois, a déclaré la ministre. Le ministère des Ressources naturelles et des Forêts est fier de contribuer au projet de l'Atlas du Québec, puisque nous poursuivons un même objectif: rendre les connaissances sur notre territoire plus accessibles à tous.»

De gauche à droite: le professeur Guy Mercier, coauteur de l'Atlas, Pauline Marois, ancienne première ministre du Québec et signataire de la préface, Sophie D'Amours, rectrice de l'Université Laval, Natalie Bisaillon, ministre des Ressources naturelles et des Forêts, et le professeur Yves Brousseau, coauteur de l'ouvrage.
— Université Laval, Yan Doublet
Du passé très lointain au présent très actuel
Parcourir l'Atlas du Québec, c'est aller à la découverte d'une longue histoire qui remonte bien avant l'époque de la Nouvelle-France et qui s'étend jusqu'à aujourd'hui. Sur 270 pages abondamment illustrées, plus de 300 cartes thématiques commentées sont classées par catégories. Parmi celles-ci, la population, les activités et l'économie, et l'agriculture.
Le seul domaine de l'agriculture se subdivise en 21 thèmes aussi variés que la culture des grains, l'industrie laitière et l'arbre de Noël. «Un pour cent de la population active travaille en agriculture, mais l'agriculture représente beaucoup plus que 1% du territoire», explique le professeur au Département de géographie et coauteur de l'Atlas Guy Mercier. Son collègue et coauteur de l'ouvrage, Yves Brousseau, renchérit. «On ne peut pas échapper à l'agriculture si on roule sur l'autoroute 20 entre Québec et Montréal. On passe dans la campagne. On se retrouve certainement dans un milieu agricole.»
La dernière déglaciation, la conquête d'un continent ainsi que les seigneuries et cantons sont quelques exemples de thèmes liés au passé que l'on retrouve dans le livre. À l'autre bout de la ligne de temps se trouvent des planches consacrées entre autres aux feux de forêt, au niveau de scolarité et à l'habitat récréatif.
Un contenu vulgarisé, un contenant diversifié
Yves Brousseau et Guy Mercier se décrivent comme les chefs d'orchestre du projet d'atlas. «Il est dur d'être spécialisé dans tous les sujets abordés dans le livre, explique le professeur Mercier. Un chef d'orchestre ne peut pas jouer de tous les instruments. On a puisé dans toutes sortes de documents et on a consulté des collègues. On avait des informateurs privilégiés. Par exemple, un collègue du Département des sciences du bois et de la forêt nous a fourni des bases de données sur les chemins forestiers. Le Québec comprend plus de kilomètres forestiers que de routes ordinaires.»

En 2023 au Québec, la population autochtone répartie entre 11 nations s'élevait à plus de 123 000 personnes, aussi bien résidentes que non résidentes dans des réserves, des villages, un établissement amérindien et autre.
— Atlas du Québec
L'Atlas du Québec s'adresse au plus large public possible. Les textes sont écrits dans une langue vulgarisée, plutôt neutre, uniforme et accessible. «C'est ça un ouvrage collectif sur le plan rédactionnel, souligne Guy Mercier. Un texte passait à travers toute l'équipe. Si on demandait un texte de 3000 caractères à un expert, il était rare qu'il se contente de ce chiffre! Il fallait donc remâcher ça à l'interne.»
Selon le professeur Brousseau, la mise en page des cartes a représenté un défi. «Si vous feuilletez rapidement l'Atlas, dit-il, vous allez constater que peu de pages se ressemblent. Ce choix relève de notre équipe technique, qui s'est appliquée chaque fois à essayer de trouver une façon différente de présenter l'information.»
Le professeur Mercier rappelle que l'équipe mise sur pied pour le projet d'un atlas digne de ce nom a relevé un défi colossal. «Nous étions une vraie équipe professionnelle et engagée, poursuit-il. Nous avons aussi mis sur pied un comité scientifique, qui a révisé toutes les planches. Ces experts n'étaient pas uniquement de l'Université Laval. Nous avons eu, par exemple, la collaboration de la Commission de toponymie.»
Les deux professeurs soulignent le rôle clé joué par le laboratoire de cartographie du Département de géographie de l'Université Laval dans la réalisation de l'Atlas.
Un tel projet n'aurait pu voir le jour sans la qualité de nombreuses bases de données. L'équipe a eu accès à plusieurs d'entre elles grâce au Centre GéoStat de la Bibliothèque de l'Université Laval. Ce centre a permis un accès aux données de Statistique Canada sur la démographie, l'agriculture et l'économie.

En 1901, au Québec, les personnes de 65 ans et plus représentaient 4,8% de la population totale. Cent-vingt-trois ans plus tard, cette proportion est rendue à 21%.
— Atlas du Québec
Un ouvrage fruit de la richesse des expertises du Département de géographie
Dans son allocution, la rectrice Sophie D'Amours a souligné que connaître le Québec, c'est se donner les moyens d'en façonner l'avenir. «Grâce au travail des auteurs et à l'appui du gouvernement du Québec, nous disposons d'un ouvrage de référence qui réunit, pour la première fois dans un atlas exhaustif, les grandes réalités naturelles et humaines de notre territoire.»
Pour sa part, la doyenne de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, Nancy Gélinas, a insisté sur les expertises qui ont été mises à contribution dans ce projet de livre. «Cet atlas, a-t-elle dit, témoigne de la richesse des expertises de notre Département de géographie. En conjuguant une connaissance approfondie du territoire québécois et un savoir-faire en cartographie, les auteurs et l'équipe ont rendu accessibles des réalités complexes et les liens qui les unissent. Leur travail illustre la contribution de la recherche universitaire à une meilleure compréhension du Québec.»
L'une des invitées était l'ex-première ministre du Québec Pauline Marois. Celle-ci a joué un rôle déterminant dans la recherche de financement dans ce dossier. Dans la préface qu'elle signe, Pauline Marois écrit que «c'est dans l'espace que nous occupons que s'inscrivent nos racines, que se déploient nos ambitions et que se dessine notre avenir commun».
L'Atlas du Québec est en vente chez Coop Zone de l'Université Laval, au prix de 59,95$, ainsi qu'en ligne sur son site. L'ouvrage est également offert dans plusieurs librairies partout au Québec. «Notre objectif était que le livre se vende à un prix acceptable pour une famille», indique Yves Brousseau. Soulignons que toutes les redevances perçues au titre des droits d'auteur sont versées à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique afin d'offrir des bourses d'études en géographie.

L'Atlas du Québec s'adresse à un large public, et les textes sont écrits dans une langue vulgarisée et accessible.
— Université Laval, Yan Doublet
























