7 octobre 2026
Une courte liste d'ingrédients n'est pas toujours synonyme de meilleure qualité nutritionnelle
Une étude de l'Université Laval montre que le lien entre le nombre d'ingrédients et la valeur nutritive varie selon les catégories d'aliments

Savoir lire et comprendre l’information sur les emballages alimentaires peut aider à mieux s’y retrouver devant la complexité des renseignements nutritionnels, soulignent les chercheuses.
— Dusan Stankovic - Getty Images
Un conseil souvent entendu pour nous aider à choisir les aliments préemballés en épicerie est de vérifier la longueur de la liste des ingrédients, puisqu'une courte liste serait supposément associée à une meilleure valeur nutritive. Or, ce lien n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît: il varie selon les catégories d'aliments et selon l'outil utilisé pour évaluer la qualité nutritionnelle. C'est ce que constate une équipe de recherche de l'Université Laval dans une étude publiée récemment dans le Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics.
L'équipe de Véronique Provencher, professeure à l'École de nutrition et affiliée à l'Observatoire de la qualité de l'offre alimentaire de l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels, a voulu tester si cette recommandation était soutenue par des données scientifiques.
Pour vérifier s'il existe réellement une association entre la longueur de la liste des ingrédients et la qualité nutritionnelle de l'aliment, l'équipe de recherche a analysé les listes d'ingrédients et les tableaux de la valeur nutritive de 1 930 aliments collectés par l'Observatoire, provenant de cinq catégories d'aliments: les pains tranchés, les sauces pour pâtes, les viandes transformées tranchées, les barres granola et les yogourts et desserts laitiers.
Pour évaluer la qualité nutritionnelle de ces produits, les chercheuses ont utilisé deux outils reconnus. Les résultats de l'étude montrent qu'une plus longue liste d'ingrédients était associée à une plus faible probabilité, pour les pains et les yogourts, d'avoir le symbole nutritionnel de Santé Canada sur leur emballage. Toutefois, une plus longue liste d'ingrédients était associée à une plus grande probabilité, pour les sauces pour pâtes, d'avoir le symbole sur leur emballage.
Avec un autre outil de mesure de la qualité nutritionnelle globale des aliments (Nutri-Score), une liste d'ingrédients plus longue était associée à une plus faible qualité nutritionnelle pour les sauces pour pâtes, les barres granola et les yogourts. Aucune association significative n'était toutefois observée pour les pains tranchés ni les viandes transformées tranchées. Pour ces deux dernières catégories, les associations variaient selon la sous-catégorie de produits. Par exemple, une longue liste d'ingrédients pour les viandes transformées tranchées à base de porc était associée à une meilleure qualité nutritionnelle, tandis que l'inverse était observé pour les viandes à base de poulet.
«Très peu d'études s'étaient penchées sur la question avant nous. Ces résultats variables soulignent l'importance de se concentrer sur la nature des ingrédients plutôt que sur leur nombre», souligne la doctorante Isabelle Petitclerc, première auteure de l'étude.
Pas d'approche miracle
Les résultats montrent que le lien entre le nombre d'ingrédients et la qualité nutritionnelle des aliments préemballés n'est pas aussi simple qu'on pourrait le penser. Il varie selon les catégories d'aliments et selon l'outil utilisé pour évaluer la qualité nutritionnelle.
«Ces résultats nous montrent qu'il n'existe malheureusement pas de formule magique pour déterminer si un aliment est de bonne valeur nutritive. Le tableau complet de la valeur nutritive reste le meilleur indicateur pour faire des choix éclairés, précise Véronique Provencher, chercheuse responsable de l'étude. Dans ce contexte, être capable de lire et de comprendre les informations présentes sur les emballages des produits est une des pistes à explorer afin d'être mieux outillés face à la complexité de l'information.»
Les signataires de l'étude publiée dans la revue Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, affiliés à l'Université Laval, sont Isabelle Petitclerc, Sonia Pomerleau, Clara-Jane Rhéaume, Marie-Ève Labonté, Catherine Pelletier et Véronique Provencher.
Émilie Chouinard-Cyr est chargée de communication à l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels.
























