4 février 2026
Neuf étudiantes-athlètes et étudiants-athlètes de l'Université Laval s'apprêtent à vivre le rêve olympique de Milan à Cortina d'Ampezzo
Nicolas Claveau-Laviolette, Liliane Gagnon, Marjorie Lajoie, Rose Laliberté-Roy, Béatrice Lamarche, David La Rue, Valérie Maltais, Elliot Vaillancourt et Julien Viel affronteront les élites de leur discipline aux Jeux olympiques d'hiver

De haut en bas, de gauche à droite: Nicolas Claveau Laviolette (ski de fond), Liliane Gagnon (ski de fond) et Marjorie Lajoie (patinage artistique); Rose Laliberté-Roy (patinage de vitesse longue piste), Béatrice Lamarche (patinage de vitesse longue piste) et David La Rue (patinage de vitesse longue piste); Valérie Maltais (patinage de vitesse longue piste), Elliot Vaillancourt (ski acrobatique) et Julien Viel (ski acrobatique).
— In the loop - Ocean Lamps, Tjerk Bartlema - Bartlema Photographie d'action, Comité olympique canadien
Les Jeux olympiques d'hiver sont de retour! La grande fête internationale du sport hivernal, un événement quadriennal, aura lieu cette année du 6 au 22 février à Milan et à Cortina d'Ampezzo, en Italie. Forte de plus de 200 athlètes, la délégation canadienne comprendra une cinquantaine de déléguées et délégués du Québec. Neuf étudiantes et étudiants de l'Université Laval seront de la partie. ULaval nouvelles s’est entretenu avec quatre d’entre eux et propose également un aperçu des cinq autres qui prendront part aux compétitions.
À la fois un sport et une discipline artistique
Ce lundi 2 février à 20h, un avion décollait de l'aéroport Montréal-Trudeau à destination de l'Europe. À son bord prenaient place Marjorie Lajoie et Zachary Lagha, deux patineurs artistiques. Destination: l'Italie et les Jeux olympiques.

Lift chorégraphique par Marjorie Lajoie et Zachary Lagha à la fin de leur programme libre lors des Championnats nationaux canadiens de patinage, en janvier 2026
— Anything Goes & IVYXBY
«Nous sommes dans le top 10 du classement mondial en danse sur glace», souligne l'étudiante-athlète inscrite au certificat en santé sexuelle à l'Université Laval. «L'an dernier, ajoute-t-elle, nous avons terminé septièmes aux Championnats du monde. En 2025, nous avons beaucoup évolué sur plusieurs aspects. Nous avons gagné en maturité.»
Les deux athlètes en seront à leurs deuxièmes Jeux. Leurs épreuves auront lieu les 9 et 11 février.
Le jour de l'entrevue à ULaval nouvelles, Marjorie Lajoie et Zachary Lagha venaient de terminer leur entraînement. «Aux Jeux, dit-elle, nous aurons des périodes d'entraînement chaque jour. Souvent, des juges sont présents pour regarder les athlètes. La compétition commence avant la compétition.»
L'étudiante-athlète s'est initiée au patinage artistique à l'âge de trois ans. «J'ai été vraiment accrochée, indique-t-elle, et c'est rapidement devenu une passion. À sept ans, je voulais patiner avec un partenaire. J'ai commencé à 10 ans avec Zachary et après 15 ans, nous patinons toujours ensemble. La longévité procure un bon avantage.»
Selon elle, un sport qui, comme le patinage artistique, est aussi une discipline artistique représente un mélange parfait. «C'est pour ça, soutient-elle, que je suis tombée autant en amour avec le patinage artistique.» Les portés, le cardio: il faut être en pleine forme pour exceller dans ce sport. «Il faut aussi connecter avec son partenaire», insiste-t-elle. «On ne se donne jamais à moitié. Il faut toujours donner 100% à chaque entraînement, à chaque compétition.»
«Complètement moi-même, concentrée et vivante»
Le 9 février, Rose Laliberté-Roy concourra dans l'épreuve du 1000 mètres femmes en patinage de vitesse longue piste. Sa sélection par Équipe Canada s'est passée devant famille et amis, explique l'étudiante-athlète inscrite au certificat en entrepreneuriat et gestion de PME. «C'était une course intense où ça passait ou ça cassait, et j'ai été capable de livrer la performance que je savais pouvoir donner.»

Rose Laliberté-Roy en plein élan lors de la Coupe Canada longue piste Québec 2026, le 4 janvier
— Tjerk Bartlema - Bartlema Photographie d'action
L'an passé, l'étudiante-athlète a pris la 20e place aux Championnats du monde sur 500 mètres. Elle a participé à plusieurs coupes du monde depuis le début du cycle olympique. Depuis quelques jours, elle parfait sa préparation au village olympique, à Milan.
Ce sport, que lui apporte-t-il? «Une immense sensation de liberté et de légèreté, répond Rose Laliberté-Roy. Quand je patine, je me sens complètement moi-même, concentrée et vivante, comme si le monde s'arrêtait autour de moi.»
C'est vers six ans qu'elle a commencé le patinage de vitesse. Selon elle, la vitesse est probablement ce qui a le plus attiré la fillette qu’elle était. «C'est encore ce qui me passionne aujourd'hui: toujours chercher à aller plus vite, même à 27 ans, dit-elle. Les longues lames m'ont aussi fascinée. Oui, c'était clairement un coup de foudre, et cela fait maintenant 20 ans que ce sport fait partie de ma vie.»
Le patinage de vitesse combine technique, puissance et endurance. «C'est une course contre la montre, poursuit-elle. Tu es toi contre toi, et chaque centième de seconde fait la différence. C'est ce qui rend le sport si excitant et captivant.» Pour performer, l'étudiante-athlète peut compter sur sa puissance et son explosivité. Sa principale force, elle, est mentale. «Rester calme sous pression et être capable de bien rebondir après une contre-performance, puis de revenir le lendemain solide, comme cela m'est arrivé à plusieurs reprises lors de sélections importantes: c'est vraiment ce qui fait ma force.»
Presque une méditation
Béatrice Lamarche est inscrite au doctorat en médecine. Dans les prochaines semaines, cette patineuse de vitesse longue piste participera aux épreuves de 500, 1000 et 1500 mètres à Milan.

Le 16 novembre 2025, à Salt Lake City. Béatrice Lamarche est dans le premier virage d'un 500 mètres à la première Coupe du monde de l'année.
Pour la petite histoire, l'étudiante-athlète est la fille de Benoît Lamarche, professeur à l'École de nutrition de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'Université Laval. En 1984 et en 1988, celui-ci a pris part aux Jeux olympiques de Sarajevo et à ceux de Calgary comme patineur de vitesse longue piste.
«J'ai participé à toutes les coupes du monde cette année, soit cinq, et je vais participer, les 5 et 6 mars, au Championnat du monde sprint après les Jeux olympiques, explique-t-elle. Cette année, je suis 9e au classement mondial du 500 mètres et 6e au classement mondial du 1000 mètres.»
C'est vers l'âge de cinq ans que Béatrice Lamarche a commencé la pratique du patinage de vitesse. Aujourd'hui, l'étudiante-athlète aime la sensation d'être forte et rapide sur la glace.
«Mon sport, dit-elle, m'amène des sensations fortes avec la grande vitesse à laquelle je vais. Il m'amène aussi une sensation de laisser-aller et de calme puisque lorsque je patine, je suis vraiment focus sur le moment présent et tout ce qui peut me stresser est oublié pendant cet instant. C'est presque une méditation pour moi d'être sur la glace et de me laisser aller.»
Sa principale qualité athlétique? «Ma puissance musculaire, qui me permet d'avoir beaucoup de vitesse, répond-elle. Je suis dans les patineuses les plus rapides au monde cette année.»
Le principal fait saillant de sa carrière est récent. En novembre 2025, durant la Coupe du monde à Salt Lake City, elle a pris le troisième rang du 1000 mètres avec un record personnel de 1:12,77, à 0,09 seconde du record canadien.
Une énergie vraiment unique
«Il y a ici une énergie vraiment unique, comme je n'en ai jamais vue ailleurs. Je prends le temps de découvrir les installations, de rencontrer de nouvelles personnes et j'en profite aussi pour visiter Milan! Je profite de chaque moment au maximum!»

David La Rue, en pleine action à Calgary durant l'épreuve de 1000 mètres lors de la Coupe du monde de patinage de vitesse sur longue piste ISU 2025, en novembre 2025
Le moins qu'on puisse dire est que le patineur de vitesse longue piste et étudiant inscrit au certificat en économique David La Rue apprécie pleinement son expérience olympique depuis son arrivée à Milan, il y a quelques jours. Spécialiste du 1000 et du 1500 mètres, il concourra dans l'épreuve du 1500 mètres le 19 février.
«Je suis satisfait de ma progression cette saison, explique-t-il. J'ai battu mes records de piste à chaque coupe du monde auxquelles j'ai pris part. Je suis sur le circuit international depuis 2017. Mon meilleur classement individuel dans une Coupe du monde est sixième.»
L'étudiant-athlète a commencé la pratique de son sport en 2010, inspiré qu'il était par les performances des Québécois Charles Hamelin et Marianne St-Gelais en patinage de vitesse courte piste aux Jeux olympiques de Vancouver.
Le patinage de vitesse longue piste lui permet le dépassement de soi, «de toujours repousser les limites de [son] corps».
Ses principales qualités athlétiques sont la puissance et la tolérance à la douleur, «deux qualités essentielles dans mes distances principales». Sa grande force est sa capacité à surmonter l'adversité et de performer dans toutes les circonstances.
David La Rue commente les émotions qu'il a ressenties lors des sélections olympiques. «Il est difficile, souligne-t-il, de mettre des mots sur l'intensité des émotions que j'ai ressenties en franchissant la ligne d'arrivée et en apprenant que j'étais qualifié.»
Représenter le Vénézuela
Voici maintenant les cinq autres étudiantes-athlètes et étudiants-athlètes de l’Université Laval qui prendront part aux Jeux de Milan-Cortina.
Le fondeur Nicolas Claveau-Laviolette est inscrit au baccalauréat en génie civil. Fin novembre 2025, à Ruka, en Finlande, l'étudiant-athlète originaire de Lévis prenait part à la Coupe du monde 2025-2026 de ski de fond. Il en est revenu avec le standard olympique en poche, pas comme représentant du Canada mais bien du Vénézuéla. Son parcours est peu commun. Né à Caracas, il y a 20 ans, l'enfant y a vécu deux ans avant de revenir au Canada avec ses parents québécois. À l'approche des Jeux olympiques de Milan-Cortina, lui qui avait toujours la nationalité vénézuélienne a eu l'idée de représenter son pays natal. Après une série de démarches, il a franchi l'étape du standard olympique avec succès. Ensuite, il a renouvelé son passeport.

Nicolas Claveau-Laviolette à l'entraînement en nature
Une première expérience olympique
La fondeuse Liliane Gagnon fera ses débuts olympiques aux Jeux de Milan-Cortina. L'étudiante inscrite au certificat en orientation s'est initiée au ski de fond à l'âge de six ans. Deux ans plus tard, elle commençait la compétition. L'automne dernier, la Fédération canadienne de ski de fond la présentait comme «l'une des jeunes étoiles les plus prometteuses» au Canada. En 2024, elle a terminé deuxième au classement général de la Coupe du monde chez les moins de 23 ans. Au cours de cette saison, elle a également obtenu son meilleur résultat en carrière à la Coupe du monde, une cinquième place au sprint par équipes. Aux Jeux, les épreuves de ski de fond auront lieu au site de Val di Fiemme. Cette étape de la Coupe du monde, l'étudiante-athlète la considère assez difficile avec des montées assez abruptes.

Liliane Gagnon s'est initiée au ski de fond à l'âge de six ans.
Une cinquième participation aux Jeux
Qui suit le moindrement le patinage de vitesse connaît le nom de Valérie Maltais. L'étudiante-athlète inscrite au certificat en gestion des ressources humaines et au baccalauréat multidisciplinaire est un exemple de longévité, puisqu'elle prendra part, à 35 ans, à ses cinquièmes Jeux olympiques en carrière. À Vancouver, en 2010, elle prenait part à ses premiers Jeux comme patineuse de vitesse courte piste. Elle n'en était qu'à sa deuxième saison en compétition internationale chez les seniors. Elle a terminé quatorzième au 1500 mètres. Quatre ans plus tard, aux Jeux de Sotchi, elle remporte la médaille d'argent au relais 3000 mètres. Son impressionnant parcours comprend un exploit. Aux Jeux de Beijing, en 2022, Valérie Maltais est devenue la troisième athlète au monde à remporter des médailles olympiques en courte piste et en longue piste. Elle sera en compétition les 7, 14, 20 et 21 février.

Valérie Maltais et deux coéquipières de l'équipe canadienne de patinage de vitesse en formation de poursuite par équipe
La passion des bosses
Elliot Vaillancourt mène avec succès des études de baccalauréat en génie mécanique ainsi qu'une carrière en ski acrobatique, plus précisément en ski de bosses. Son initiation au ski s'est faite à l'âge de cinq ans. L'étudiant-athlète consacre une vingtaine d'heures par semaine à l'entraînement. Dans sa double vie, il reçoit un soutien exemplaire de ses professeurs sous forme d'accommodements. Par exemple, pour la reprise d'examens surveillés par son entraîneur ou la réalisation d'évaluations à distance. Elliot Vaillancourt en sera à sa première participation aux Jeux olympiques. Son parcours comprend notamment une cinquième place sur le classement en bosses en Coupe du monde en 2023-2024. En 2019, il avait remporté l'or à l'épreuve de bosses en parallèle aux Championnats du monde juniors de la Fédération internationale de ski.

Elliot Vaillancourt, spécialiste des bosses, en compétition
Un sport familial
À la Faculté des sciences et de génie, Elliot Vaillancourt n'est pas le seul skieur acrobatique spécialiste de la descente sur bosses. Julien Viel partage cette passion avec lui. Il le fait d'ailleurs avec sa mère et son père. La première a compétitionné dans ce sport au niveau provincial, le second était membre de l'équipe nationale de ski acrobatique. Julien Viel est inscrit au baccalauréat coopératif en génie des mines et de la minéralurgie. Lui aussi a été sélectionné, pour la première fois, par Équipe Canada pour les Jeux de Milan. Il a remporté sa première victoire de la Coupe du monde en carrière en janvier 2026. Cela s'est passé à la station de ski Val St-Côme, au Québec. L'étudiant-athlète a obtenu l'or à l'épreuve de bosses en parallèle. Il s'agissait de sa deuxième médaille de la saison.

Julien Viel en compétition à Waterville, au New Hampshire, le 21 janvier
— julienvielski

























