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Autopsie d'une pandémie

Les facteurs qui risquent de conduire à une hospitalisation et à des complications graves sont les mêmes pour la grippe A (H1N1) que pour la grippe saisonnière

Par : Jean Hamann
La grippe A (H1N1) n'a pas frappé à l'aveugle en 2009. Les enfants de moins de 5 ans, les malades chroniques, les personnes qui ont trop attendu avant de consulter un médecin, les personnes âgées et celles dont le système immunitaire était affaibli semblent avoir écopé plus durement, rapporte un groupe de spécialistes de la Faculté de médecine et de l'Institut national de santé publique dans un récent numéro de la revue scientifique Influenza and Other Respiratory Viruses.
   
Il y a deux ans exactement, le Québec vivait un psychodrame collectif alors que s'amorçait la campagne de vaccination massive contre la grippe A (H1N1). L'hécatombe annoncée ne s'est pas produite, mais au final, le bilan fait état de 13 500 cas confirmés, 3064 hospitalisations, dont 466 aux soins intensifs, et 109 décès. Rodica Gilca et neuf autres chercheurs se sont penchés sur les cas survenus pendant la première vague de la pandémie, entre mai et juillet 2009, afin d'établir quels étaient les facteurs de risques d'hospitalisation et de complications graves chez les personnes infectées par le virus A (H1N1).
   
Les chercheurs ont comparé les caractéristiques de 321 personnes infectées qui ont été hospitalisées à celles de 396 personnes également frappées par le virus, mais dont l'état n'a pas nécessité d'hospitalisation. Leurs analyses révèlent que les jeunes de moins de 5 ans, les personnes atteintes de maladies chroniques, en particulier de maladies neuromusculaires, et les personnes qui ont attendu cinq jours ou plus après l'apparition des symptômes pour consulter un médecin couraient plus de risques d'être hospitalisés. Quant au risque de décès, il était plus élevé chez les 60 ans et plus ainsi que chez les patients dont le système immunitaire était préalablement affaibli.
   
Même si le risque d'hospitalisation était six fois plus élevé chez les jeunes de moins de 5 ans, aucun d'eux n'a été admis aux soins intensifs et aucun décès n'est survenu dans ce groupe d'âge pendant la première vague de la pandémie. «Cela porte à croire que les médecins sont plus enclins à hospitaliser de jeunes malades, même lorsque la grippe ne les frappe pas sévèrement», proposent les chercheurs. À l'opposé, les personnes de 60 ans ou plus étaient surreprésentées parmi les patients décédés. Il se pourrait que l'incidence de la grippe soit plus faible dans ce groupe d'âge, mais lorsque les personnes âgées contractent le virus, il y a plus de risques que leur état de santé dégénère.
   
Tout compte fait, les chercheurs concluent que les facteurs de risques associés à une hospitalisation et à des complications importantes sont les mêmes pour la grippe A (H1N1) que pour la grippe saisonnière. L'étude parue dans Influenza and Other Respiratory Viruses est signée par Rodica Gilca, Gaston De Serres, Nicole Boulianne, Najwa Ouhoummane, Jesse Papenburg, Monique Douville-Fradet, Élise Fortin, Marc Dionne, Guy Boivin et Danuta Skowronski (CDC Vancouver).

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