Vie universitaire

Vitesse, technique et acrobaties

Après 13 années de compétitions internationales, la skieuse de bosses Audrey Robichaud se tourne vers les études et le coaching

Par : Yvon Larose
Audrey Robichaud au Mont-Tremblant à l'hiver 2018 lors de la dernière compétition de la Coupe du monde avant les Jeux olympiques de Pyeongchang.
Audrey Robichaud au Mont-Tremblant à l'hiver 2018 lors de la dernière compétition de la Coupe du monde avant les Jeux olympiques de Pyeongchang.
«Avoir su qu'il y avait une universiade cet hiver, j'aurais posé ma candidature pour y aller!» Par cette réaction spontanée, on voit que la skieuse de bosses Audrey Robichaud, retraitée de son sport depuis un an et étudiante au baccalauréat en intervention sportive à l'Université Laval depuis septembre dernier, vibre encore pour une discipline sportive à laquelle elle a consacré une grande partie de sa vie. Elle a maintenant 30 ans. «J'aime full ça le ski acrobatique, dit-elle. La sensation, quand je descendais les pentes, était incroyable. C'est un sport vraiment cool. J'ai aimé le pratiquer pendant plus de 20 ans et il m'habite encore.»

Le nom d'Audrey Robichaud est familier à ceux et celles qui s'intéressent au ski acrobatique depuis près de deux décennies. Dès l'âge de 13 ans, elle était admise dans l'équipe de ski acrobatique du Québec. Trois ans plus tard, elle faisait son entrée dans l'équipe du Canada. Après une première saison complète en Coupe du monde, elle recevait le titre de recrue de l'année en bosses de la Fédération internationale de ski. Puis, en 2006, elle a porté les couleurs du Canada aux Jeux olympiques de Turin. Elle a terminé huitième de la finale des bosses.

«Ma qualification aux Jeux de Turin a été un des beaux moments de ma carrière, affirme-t-elle. Je n'étais pas considérée comme participante potentielle aux Jeux. J'étais peu expérimentée en compétitions internationales de bosses. Je ne pensais pas que les Jeux étaient atteignables pour moi. Ma sélection s'est jouée à la dernière minute. Cela dit, je pense qu'avec ma technique de l'époque je n'aurais pas fait la finale dans mes dernières années de compétitions. De 2006 à maintenant, le sport s'est amélioré et j'ai beaucoup appris.»

La Fédération internationale de ski a reconnu le ski acrobatique en 1979. Cette jeune discipline comprend six épreuves, dont la demi-lune (half pipe), les bosses et le skicross. Des skieurs casqués et gantés qui glissent à grande vitesse sur des pentes parsemées de nombreux et petits monticules de neige, des vêtements très amples, des genoux collés l'un sur l'autre qui se soulèvent et s'abaissent à une cadence d'enfer et à l'unisson, des athlètes qui s'envolent à deux reprises haut dans les airs en exécutant un mouvement acrobatique: le ski de bosses, avec son esprit et son ambiance, se situe dans une catégorie à part.

«Le parcours, en bosses, fait plus de 200 mètres de long, explique l'olympienne. La vitesse n'est pas jugée. Les habiletés techniques dans les bosses et les deux sauts avec manœuvres aériennes le sont. On évalue la fluidité et l'absorption dans les bosses, ainsi que les figures acrobatiques et les vrilles dans les sauts. Il y a une composante free style dans les airs.»

En 13 ans de compétitions internationales, la skieuse de bosses de 1,55 mètre est montée 10 fois sur le podium en plus de prendre part à 130 courses. Au terme de la saison 2010-2011, elle occupait le troisième rang du classement de la Coupe du monde en bosses. En 2012, elle remportait sa première victoire en Coupe du monde aux bosses en parallèle. En 2013, elle a remporté sa première victoire en bosses en Coupe du monde.

Lorsqu'elle était enfant, Audrey Robichaud s'est dessinée sautant par-dessus les anneaux olympiques. «J'ai commencé dans les bosses, car mes parents ont inscrit mon frère et moi au Club de ski acrobatique Le Relais à Lac-Beauport, suite à la médaille olympique de Jean-Luc Brassard, raconte-t-elle. Le sport est devenu populaire à cette époque grâce à lui et mes parents pensaient que mon frère et moi pourrions avoir un défi de plus dans les bosses.» Après Turin, Audrey Robichaud n'a pu se qualifier pour les Jeux de Vancouver de 2010. Elle s'est reprise en 2014 (Sotchi) et en 2018 (Pyeongchang). Elle a décroché une 10e place en ski de bosses en Russie et une neuvième place, toujours en bosses, en Corée du Sud.

«En fait, j'ai vécu quatre Jeux olympiques, chaque fois avec une perspective très différente, souligne l'olympienne. À Turin, ma participation est arrivée comme un cheveu sur la soupe. Pour Vancouver, j'ai vécu un cycle de déceptions. Ce fut un gros échec pour moi. De Vancouver à Sotchi, les choses ont super bien été. J'avais accompli de belles choses et j'étais dans un bel état d'esprit. Après Sotchi sont venus les questionnements. Mon sport m'apportait beaucoup et je voulais pouvoir m'améliorer encore. Je me suis donné un an ou deux. C'était physiquement plus difficile. Je me suis dit: c'est ta dernière chance de performer. Mais peu importe ce qui arrive, j'étais prête à autre chose. Je me suis rendue aux Jeux de Pyeongchang. J'étais dans un état d'esprit zen.»

En compétition, Audrey Robichaud était tout le temps très calme. «J'étais concentrée, dit-elle. Je suis assez émotive, mais je suis capable de doser les choses.»

Bien des qualités, physiques et mentales, sont nécessaires à qui veut exceller dans ce sport, dont la force musculaire et la souplesse. Il y a aussi la passion. «Sans la passion, soutient-elle, il est difficile d'aller chercher l'excellence. La passion m'a permis de rester motivée durant toutes ces années. Mon objectif a toujours été le dépassement de soi.»

En plus de ses études universitaires, l'olympienne enseigne depuis décembre 2018 à des jeunes inscrits au Club de ski acrobatique Le Relais de Lac-Beauport. Cette tâche n'est pas nouvelle pour elle. Huit années d'affilée, elle a fait de l'enseignement pendant un mois dans un camp d'été tenu à Whistler, en Colombie-Britannique.

«J'ai été près du ski de bosses les trois quarts de ma vie, indique-t-elle. Mon but était donc de rester dans le sport après ma carrière sportive. Je m'alignais davantage sur l'administration sportive. Mais plus je coache, plus j'aime ça. Au-delà des habiletés techniques, j'enseigne les valeurs que le sport m'a apportées, comme l'éthique de travail, l'effort et l'écoute de ses entraîneurs.»

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