Vie universitaire

Un site à fort potentiel

Des étudiants en architecture ont planché sur l’aménagement de l’espace vacant situé à l’intersection de l’avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque

Par : Yvon Larose
Ce samedi 29 septembre, à l’intérieur d’un chapiteau érigé sur l’avenue Cartier, dans la haute-ville de Québec, dans le cadre des Journées de la culture, il sera possible de voir les travaux de 14 étudiantes et étudiants inscrits au baccalauréat en architecture. Ces travaux sont autant de propositions novatrices formulées l’hiver dernier dans le cadre de l’atelier Petits édifices publics, un cours donné par l’architecte et professeur Jacques Plante. Tous les projets portaient sur un lieu unique: l’espace vacant situé à l’intersection de l’avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque. L’endroit, occupé dans le passé par un poste d’essence, appartient à la Ville de Québec depuis 2006. «Le site a un fort potentiel, affirme Jacques Plante. Nous l’avons abordé à la façon du drugstore français, soit un lieu public branché, à vocations multiples: pharmacie, café-restaurant, boutiques spécialisées, lieu d’exposition, et caetera. Nous avons cherché à voir comment un tel endroit pouvait avoir des fonctions multiples, être un lieu hybride. La pharmacie Brunet et le cinéma Cartier ont agi comme fonctions d’ancrage et d’accompagnement.»

Des propositions originales
Dans son projet, Chantale Perron a voulu faire du drugstore Cartier un lieu qui se démarque. À l’intérieur, elle propose aux visiteurs la découverte et l’expérimentation de l’objet artisanal. Ce produit unique, luxueux et branché est mis en valeur dans des boutiques situées au premier niveau, dans des ateliers de création situés au deuxième niveau et dans une salle d’exposition avec mini-bar située au troisième niveau. À l’extérieur, le bâtiment fait de béton, d’acier et de bois devient lui-même objet unique avec l’impression de mouvement et de stabilité qu’il dégage. «L’étudiante a probablement le mieux réussi à répondre à tous les objectifs de l’atelier, autant dans l’aménagement intérieur que dans l’insertion du bâtiment dans le quartier, indique Jacques Plante. Elle a créé un architecture hautement contemporaine, stimulante, avec une façade articulée. Ce bâtiment, qui s’installe sur un coin de rue, s’inscrit très bien dans la trame urbaine. Il devient, le soir, un lieu signalétique.»

Mathieu Boucher-Côté a imaginé un espace multifonctionnel dont la structure, la volumétrie et l’intention de design s’orientent vers la mixité. Son sujet d’étude: le «brew pub», un lieu de socialisation animé qui conjugue à la fois la production de bière, sa consommation, puis un espace d’exposition. Dans ce projet, le «brew pub» occupe le sous-sol et le rez-de-chaussée tandis qu’une librairie occupe les deux étages. Un traitement de façade plus imposant caractérise le «brew pub», alors qu’aux étages, de hautes et larges fenêtres diffusent un éclairage naturel optimal, ce qui donne une impression de légèreté aux lieux. «Ce projet propose un espace public intérieur, sans vent, sans pollution, protégé, et qui donne sur l’avenue Cartier, explique Jacques Plante. Sa fonction principale en est une de verrière. Par la fenestration, le sous-sol est ouvert sur le rez-de-chaussée et les cuves de brassage qu’on y voit représentent une nouvelle fonction et contribuent à animer l’avenue.»

Myriam Robichaud a axé son projet sur le concept de lieu de détente dans un environnement urbain animé. Le rez-de-chaussée est occupé par des boutiques, un café-bar et un «lounge», tandis que le centre de détente est situé à l’étage. Cette distribution des fonctions dans l’espace permet d’établir la transition entre l’activité et le calme. Le traitement de la façade et la composition de la structure font en sorte que la mixité fonctionnelle est lisible de l’extérieur, comme elle l’est de l’intérieur du bâtiment. Cette dualité reflète la typologie du secteur où les espaces résidentiels sont annexés aux commerces. «La grande qualité de ce projet est d’avoir su marier des volumétries simples, d’avoir utilisé le bois et d’avoir composé une façade de verre excessivement dynamique, souligne le professeur Plante. Le premier niveau laisse entendre que l’espace pourrait convenir à un lieu urbain d’exposition et d’animation.»

Dernièrement, Ann Bourget, conseillère municipale et chef de l’opposition à la Ville de Québec, a annoncé que le site, une fois les travaux de réfection terminés sur l’avenue Cartier, serait aménagé temporairement en espace vert, avec gazon, bancs publics et bacs à fleurs. «J’ai fait une petite consultation publique sur la vocation que le site devrait avoir, explique-t-elle, et j’attends toujours les réactions de l’administration municipale à cet effet. Il est cependant clair qu’un espace vert n’exclut pas qu’il y ait des constructions par la suite sur le site.» Pour Jacques Plante, plusieurs raisons militent en faveur d’un aménagement construit. «L’endroit est à l’ombre la majeure partie de la journée, explique-t-il. Il est peu convivial et il est soumis aux rejets des voitures et des autobus. Une ville ne se construit pas sur du vide, mais sur la continuité du tissu urbain.»

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