Vie universitaire

Conférence «Grand public» de la Faculté des sciences sociales Le syndrome John Wayne

Donne-t-on un sens à sa vie par la violence? C’est une des questions abordées lors de la prochaine Conférence «Grand Public» de la Faculté des sciences sociales, qui sera présentée le mercredi 18 avril, de 12 h 15 à 13 h 30, à l’amphithéâtre Hydro-Québec. Invité: Gilles Tremblay, professeur agrégé à l’École de service social. Au cours des dernières années, de multiples événements ont mené nos sociétés nord-américaines à s’interroger sur la violence des garçons et des hommes. Les recherches effectuées au cours des années nous indiquent qu'on trouve trois fois plus de troubles de la conduite chez les garçons que chez les filles, 5 à 10 fois plus d'actes de violence sévère, 4 fois plus de suicides chez les garçons/hommes que chez les filles/femmes au Québec (7 fois plus dans certains états américains), 10 fois plus de décès à la suite d'un homicide (USA). Ce sont là des chiffres alarmants même si plusieurs recherches comportent des partis pris non négligeables. 

Ce qui préoccupe particulièrement les chercheurs, c'est la stabilité du comportement perturbateur. Tous s'entendent pour dire que les causes sont multifactorielles. Sur le plan théorique, plusieurs auteurs considèrent que les garçons vivent des problèmes particuliers concernant la construction de leur identité. Selon ces auteurs, certains garçons chercheraient à compenser ces difficultés identitaires par une hyper masculinité qui serait source de violence. Au contraire, les résultats de la recherche longitudinale menée par le professeur Tremblay montrent très peu de différences entre des jeunes qui présentent de manière stable des troubles du comportement et des jeunes qui n'en ont jamais eu. Plus encore, à certains égards, leur identité semble se solidifier à mesure que les troubles du comportement s’accentuent.

Ces résultats l’ont amené à s’interroger davantage sur la socialisation masculine. Si ces jeunes délinquants ne se remettent pas en question sur le plan identitaire, sont-ils au contraire en train d'exprimer ce qui leur semble être la véritable masculinité, trouvant un sens de soi dans leurs comportements comme semblent l'indiquer les résultats de recherche? Quel est donc le portrait de la virilité dans l'imaginaire de ces garçons et sans doute indirectement dans le nôtre? C'est ainsi que le chercheur s’est reporté sur le modèle de John Wayne. Les recherches sur Internet ont permis de trouver une centaine de sites qui lui sont destinés. John Wayne représente le modèle par excellence de l'Américain moderne, un modèle qui outrepasse de beaucoup les frontières américaines. Ces réflexions sur ce que Gilles Tremblay appelle le «syndrome John Wayne», qu’on aurait sans doute pu appeler aussi le «Marlboro Man» ou «Bruce Willis» ou autre, visent à mieux comprendre le parcours des adolescents masculins qui les conduit à la violence. Partant de là, des pistes d’intervention peuvent être explorées.

Excellent praticien, Gilles Tremblay a passé plus de 20 ans de sa carrière comme travailleur social en CLSC. Il est membre du Centre de recherche et d’intervention en violence familiale et violence faite aux femmes (CRI-VIFF) et de l’équipe Hommes, violence et changements. Il est l'auteur d’articles dans les revues Sexologie actuelle et International Journal of Men’s Health portant notamment sur les hommes abusés sexuellement au cours de l’enfance. Le modèle d’intervention auprès des hommes plus traditionnels mis au point avec son collègue Pierre L’Heureux, publié en français dans la revue Intervention et en anglais dans International Journal of Men’s Health, est considéré comme l’un des textes charnières sur le sujet.

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