Vie universitaire

«Aujourd'hui, j'étudie»

Le remède à la procrastination réside dans l’action   

Par : Renée Larochelle
«Procrastination: habitude de reporter inutilement à plus tard des tâches ou des activités.» Que l’étudiant qui n’a jamais connu cette situation se lève! Pour aider celui qui remet toujours à demain ce qu’il pourrait faire aujourd’hui, Dominique Dubé, psychologue au Centre d'orientation et de consultation psychologique de l’Université, présentait, le 14 février, au pavillon Charles-De Koninck, un atelier sur cette habitude qui, si elle peut causer un soulagement sur le coup, risque toutefois d’avoir des conséquences très fâcheuses non seulement sur le rendement scolaire, mais aussi sur la qualité de vie d’une personne.

«L’étudiant qui fait de la procrastination a souvent l’illusion qu’il lui sera plus facile de se concentrer le lendemain, mais c’est faux, a souligné Dominique Dubé. Par exemple, pour reculer l’instant de commencer un travail, il va tenter de se convaincre qu’il n’a pas la tête à rédiger, qu’il a besoin de se détendre, qu’il lui reste beaucoup de temps avant son examen, etc. En fait, toutes les raisons sont bonnes pour retarder le moment de plonger dans le travail ou dans l’étude. La solution au problème réside dans l’action, elle-même moteur de motivation et de créativité. Si on attend que la motivation nous tombe dessus, on risque d’attendre longtemps.»

Gestion du temps 101
Selon Dominique Dubé, les causes de procrastination sont multiples: crainte de ne pas réussir, attitude négative devant ce qui est obligatoire et imposé dans un cours, incertitude quant à sa compréhension de la matière, perfectionnisme exacerbé, du genre «Si je ne fais pas toutes mes lectures de A à Z, cela ne sert à rien d’étudier, je ne serai pas bon», et enfin, l’habitude de la procrastination elle-même. «Au secondaire et au collégial, remettre les choses au lendemain a peut-être fonctionné, mais c’est différent pour les études universitaires, a souligné Dominique Dubé. On risque vite d’être débordé et de se retrouver dans un cul-de-sac.»

Première stratégie conseillée et non la moindre: examiner en profondeur les raisons qui nous poussent à repousser le moment de se mettre au travail. Après cet examen de conscience où apparaissent forces et faiblesses, place à une gestion du temps efficace et réaliste. Rien ne sert de tout vouloir faire en même temps, les bonnes résolutions durant en général une semaine. Il faut plutôt planifier son travail, alterner les tâches, diviser son travail par sections, échelonner ses objectifs de manière à pouvoir les atteindre, visualiser la tâche dans son ensemble pour une perception juste des choses, bref, savoir où on va. «On a beau faire des listes et des horaires, ils ne servent à rien si on ne les suit pas, indique Dominique Dubé. L’action étant le meilleur antidote à l’anxiété, il faut se lancer intelligemment dans le travail et se dire qu’on y trouvera une grande satisfaction personnelle, ce qui est déjà beaucoup.»

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