Société

Un Woodstock aux quatre ans

Tout est possible dans le scoutisme, même un monde en paix et fraternel. Dominic Simard, étudiant à la maîtrise en anthropologie, a analysé la construction collective d’une utopie nécessaire

Par : Renée Larochelle
Dominic Simard: «Un peu comme les Jeux olympiques, le jamboree est un univers créé de toutes pièces. Derrière tout cela, il y a la croyance profonde qu'un autre monde est possible.»
Dominic Simard: «Un peu comme les Jeux olympiques, le jamboree est un univers créé de toutes pièces. Derrière tout cela, il y a la croyance profonde qu'un autre monde est possible.»
Quelle image vous vient à l’esprit quand on parle de scoutisme? Celle de jeunes qui, assis autour d’un feu de camp, font griller des guimauves en entonnant des chansons d’une autre époque? À moins que ce soit celle de garçons et de filles en uniforme qui vendent des calendriers aux couleurs ternes vantant la vie de groupe en forêt? «Le scoutisme souffre peut-être d’un problème d’image au Québec et dans bien d’autres pays, mais son message est d’une grande richesse», affirme Dominic Simard, qui a consacré son mémoire de maîtrise en anthropologie à ce mouvement fondé par Robert Baden-Powell (1857-1941). Il faut dire que Dominic Simard connaît bien son sujet, ayant fait son terrain en quelque sorte dans le mouvement, de l’âge de 9 à 20 ans, comme scout et chef scout. Dans sa recherche, il examine la construction collective de l’image de la paix chez les participants lors du 21e rassemblement mondial du Mouvement scout qui a eu lieu en Angleterre en 2007 et auquel il a pris part comme membre de l’équipe internationale de service. 

L’esprit de fraternité
«En plus d’être axé sur la paix, le scoutisme valorise le contact avec la nature, le sens des responsabilités et la confiance en soi, explique le jeune homme. On y apprend à vivre ensemble et à composer avec des gens vers qui on n’irait pas nécessairement de prime abord. Le devoir envers autrui et l’esprit d’équipe sont d’ailleurs des valeurs très importantes.» Lorsqu’il organise son premier camp scout dans une petite île de Grande-Bretagne en 1907, Baden-Powell rassemble une vingtaine de jeunes garçons provenant de différentes couches sociales. Il ne se doute pas que la formule - où toutes les frontières de classes sont abolies et où prime l’esprit de fraternité - connaîtra un tel succès. En 1920 se déroule le premier jamboree, camp mondial regroupant des jeunes de tous les pays du monde. Depuis cette date, tous les quatre ans, des milliers de scouts se rassemblent en un lieu donné pour fraterniser et tenter de faire de ce monde un monde meilleur. C’est ici qu’entre en jeu le concept d’utopie, mis de l’avant par Dominic Simard dans son mémoire. «Un peu comme les Jeux olympiques, le jamboree est un univers créé de toutes pièces, un village où se côtoient diverses nationalités, dit Dominic Simard. On y observe des rituels semblables comme les cérémonies d’ouverture et de fermeture. Des aménagements sont mis en place pour accueillir des personnes qui repartiront au bout de deux semaines. Le tout est très structuré, chaque pays possède son emplacement.»

Dans l’enceinte du village, des organisations comme Amnistie internationale, la Croix-Rouge et l’UNESCO proposent des ateliers et des jeux sur le thème de la paix. Apparaissant comme une condition nécessaire à un monde en paix, le concept d’amitié est omniprésent. «Un jamboree est d’abord et avant tout un espace idéalisé qui englobe chaque pays et où règnent la bonne humeur et l’harmonie sociale, explique Dominic Simard. Derrière tout cela, il y a la croyance profonde qu’un autre monde est possible.»


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