Société

Un marché de 85 milliards

En Chine, les possibilités les plus intéressantes pour l’industrie québécoise des produits du bois se trouvent dans le secteur de l’habitation

Par : Yvon Larose
Quatre-vingt-cinq milliards de dollars: c’est l’argent que le gouvernement chinois s’apprête à investir d’ici 2010 dans la rénovation des immeubles d’habitation de cinq ou six étages sur son territoire. Cette manne, au dire de Sylvain Labbé, directeur général du Bureau de promotion des produits forestiers du Québec, pourrait intéresser de nombreux entrepreneurs québécois. «Au Québec, explique-t-il, on produit surtout du bois de structure. Ce bois pourrait servir à la réfection de nombreux toits d’immeubles à logements ainsi qu’à la construction d’un ou deux étages résidentiels supplémentaires sur ces mêmes immeubles, car la structure ne permet pas d’ajouter d’étage de béton.» Le mardi 20 mars, au pavillon La Laurentienne, Sylvain Labbé a prononcé une conférence intitulée «La Chine: menaces ou opportunités?» dans le cadre de la 17e Journée colloque Kruger. Selon lui, ces immeubles, construits dans les années 1950, représentent pas moins de la moitié de l’ensemble des unités d’habitation du pays. L’autre moitié est constituée de tours d’habitation. «Et 80 % des immeubles de cinq ou six étages ont besoin d’un nouveau toit plat et de rénovations», a poursuivi Sylvain Labbé. Selon ce dernier, les entreprises certifiées «vertes» seraient avantagées. «La nouvelle politique du gouvernement chinois sur l’efficacité énergétique et l’environnement exempte de taxes les compagnies reconnues vertes», a-t-il indiqué.

En 2005, il y a eu, en Chine, environ 6,4 millions de mises en chantier résidentielles, soit quatre fois plus par an qu’aux Etats-Unis. Selon Sylvain Labbé, les immeubles à logements représentent la véritable occasion d’affaires en Chine pour les entrepreneurs québécois, loin devant le marché de la maison individuelle. «Le marché de la maison individuelle représente moins d’un pour cent de l’ensemble du marché domiciliaire en Chine, a-t-il précisé. L’an dernier, environ 600 maisons, des villas d’une valeur de trois à quatre millions de dollars, ont été construites dans ce pays. Ce marché est trop petit.»

Du bois traité pour l’aménagement paysager
Un autre secteur prometteur dans ce pays est celui du bois traité pour l’aménagement paysager. De 2002 à 2005, la croissance de la demande a augmenté de 100 % chaque année. La moitié de ce bois est importée. «Les citadins, parce qu’ils vivent dans un environnement pollué, rêvent d’avoir un petit espace vert», a souligné Sylvain Labbé.

En Chine, le bois sert presque exclusivement à la fabrication de meubles et à la décoration. «Les Chinois ont une perception négative du bois comme matériau de construction, a expliqué le conférencier. En outre, le pays manque d’expertise technique pour ce type de construction.» La Chine importe presque 50 % de tout son bois. Et ces besoins sont en croissance. «Les Chinois importent principalement des billes, a indiqué Sylvain Labbé, et ces billes proviennent surtout d’Asie, d’Océanie et d’Afrique. Trois milliards de mètres cubes dans les trois dernières années, c’est énorme.»

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