Société

Québec solitaire

Le  mode de vie en solitaire gagne du terrain dans la population québécoise

Par : Renée Larochelle
On vit de plus en plus seul au Québec. Depuis une trentaine d’années, le mode de vie en solitaire a connu en effet une progression spectaculaire, comptant aujourd’hui pour près de 38 % de l’ensemble des ménages contre 12 % il y a 30 ans. Les hommes qui vivent seuls sont en moyenne nettement plus jeunes que les femmes, alors que celles-ci sont plus nombreuses à vivre en solitaire après l’âge de 65 ans. Autre fait marquant: le nombre de ménages, qu’il soit constitué d’une seule ou de plusieurs personnes, augmente plus vite que la population, ce qui signifie que les individus vivent dans des unités de plus en plus petites (logements, chambres, etc.) et qu’elles se multiplient, de même que leurs biens. C’est l’un des constats que fait Simon Langlois, professeur de sociologie, dans un essai qu’il signe dans L’État du Québec 2009, publié annuellement par Fides et l’Institut du Nouveau Monde. «La création de nouveaux ménages a été une source de croissance pour l’économie, souligne Simon Langlois. Par exemple, chacune des deux parties d’un couple qui se sépare fera l’achat d’une voiture, d’un téléviseur, d’un four micro-ondes, etc. En fait, la création de nouveaux ménages a soutenu la croissance économique des dernières années bien plus que la hausse de la population, nettement plus faible.»

Avant les années 1930, les individus vivaient presque tous en famille. Quant aux célibataires, ils vivaient avec d’autres personnes ou en communauté. Avec l’avènement de la société de consommation et l’urbanisation accélérée, la famille nucléaire s’est imposée. Puis, on a assisté à la croissance du nombre de ménages formés de personnes seules dans les années 1960 et 1970.  Avec les années 1990, un nouveau type de ménage a vu le jour et son nombre ne cesse d’augmenter. Il s’agit des couples sans enfant présent à la maison, dont la proportion est passée de 40 % en 1996 à 48 % en 2006. L’allongement de l’espérance de vie et la baisse de la natalité expliquent la forte croissance de ce type de ménage dans la société québécoise, rapporte Simon Langlois.

La famille va bien
Au Québec, un nouvel équilibre entre les différents groupes d’âge est en voie de s’installer. En effet, le nombre de jeunes âgés de 15 à 30 ans est assez élevé, mais les personnes âgées de 40 à 55 ans constituent le groupe dominant. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la pyramide des âges du Québec en 2007 pour se convaincre que telle une personne au tour de taille volumineux, elle prend de l’ampleur en son milieu. «On sait déjà que le Québec comptera davantage de personnes âgées dans une vingtaine d’années, explique le sociologue. Ce qui est nouveau, c’est qu’aucun groupe d’âge ne prédominera et que le tout tendra vers une certaine égalité.» 

Simon Langlois estime que la diminution du nombre de mariages au Québec chez les Québécois francophones ne signifie pas pour autant que la famille soit en déclin, bien au contraire. Selon lui, les valeurs liées à la famille sont encore centrales chez les individus interrogés dans diverses enquêtes sociologiques. «Les unions libres, très populaires au Québec par rapport au reste du Canada, n’ont pas entraîné de désaffection vis-à-vis la famille, mais plutôt vis-à-vis une forme traditionnelle d’union comme le mariage, constate-t-il. De même, le divorce n’est plus incompatible avec le maintien de la famille. La famille est recomposée, donc forcément différente, mais elle vit toujours.»

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