Société

L'éthique du vampire

Le politologue Francis Dupuis-Déri constate que George W. Bush est allé de justification en justification pour justifier sa saignée de victimes civiles innocentes en Irak et en Afghanistan

Par : Renée Larochelle
Quand on veut faire la guerre, toutes les raisons sont bonnes. La guerre évoluant au fil des jours, des mois et des années, il arrive que le discours émanant des dirigeants qui ont souhaité cette guerre se transforme et que les justifications offertes aujourd’hui par l’envahisseur ne soient plus les mêmes que celles d’hier. C’est le cas de la guerre en Afghanistan, c’est aussi le cas de la guerre en Irak. Deux conflits menés tambour battant par le président George W. Bush, où la population civile est littéralement saignée, selon Francis Dupuis-Déri. Ce n’est pas par hasard si ce professeur de science politique à l’UQAM, pacifiste et altermondialiste, avait intitulé sa conférence: «L’éthique du vampire, réflexions sur la violence en politique en général et la guerre en Afghanistan en particulier.» Lors de cette rencontre qui a eu lieu le 9 novembre au pavillon Charles-De Koninck, Francis Dupuis-Déri n’a pas manqué de souligner qu’aucune guerre ne peut justifier que le sang coule. «La guerre est une aberration morale, a-t-il soutenu. C’est une activité humaine néfaste qui devrait être l’ultime recours quand tout a été épuisé. Que des soldats soient envoyés en service commandé pour assassiner d’autres êtres humains et que cette force meurtrière soit légitimée me renverse.»

Septembre 2001. Alors que les terroristes responsables des attentats reposent sous les décombres fumants du World Trade Centre, George W. Bush choisit l’Afghanistan comme première cible, justifiant son action par l’idée que les groupes terroristes ayant attaqué les États-Unis se trouvent sur ce territoire. N’ayant trouvé aucune trace des terroristes, le président change son fusil d’épaule et décide de faire la guerre aux talibans, pour ensuite se battre pour l’émancipation des femmes en Afghanistan. «Une guerre, trois justifications différentes, souligne Francis Dupuis-Déri. Où est le bon sens, là-dedans?»  Même scénario en Irak où George W. Bush brandit le spectre des armes de destruction massive pour attaquer le pays. On connaît la suite : à ce jour, aucune arme de destruction massive n’y a jamais été trouvée. Pourtant, la guerre continue.
 
«Quand j’entends des journalistes et des leaders d’opinion comme Gil Courtemanche ou Denise Bombardier dire que le Canada doit rester en Afghanistan pour s’assurer de bonnes relations avec les États-Unis et que se retirer de ce pays porterait un coup dur à la crédibilité diplomatique du Canada, cela me fait mal au cœur, dit Francis Dupuis-Déri. Pendant ce temps, des êtres humains paient de leur vie et de leur sang des décisions que rien ne justifie.» Aux dernières nouvelles, Georges W. Bush donnait comme prétexte qu’il faisait la guerre pour faire régner la démocratie et pour construire des écoles. «Actuellement, 77 millions d’enfants dans le monde n’ont pas accès à l’éducation, a rappelé le politologue. Si ce qu’on veut c’est faire construire des écoles, que les gouvernement américain et canadien commencent par aider en ce sens, au lieu de dépenser des milliards en dépenses de guerre.»

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