Société

Les tiens, les miens, les nôtres

La diversité caractérise les familles québécoises d’aujourd’hui

Par : Renée Larochelle
Il y a 40 ou 50 ans, la trajectoire de vie de l’homme et de la femme qui souhaitaient fonder une famille était fort simple. Ils se mariaient pour la vie, avaient beaucoup d’enfants et tâchaient d’être heureux. Les remariages n’avaient lieu qu’en cas de mort de l’un ou l’autre et le nouveau conjoint devenait automatiquement le beau-père et la belle-mère des enfants du couple. Aujourd’hui, les divorces et les séparations ont changé la donne, sans compter qu’en 2010, le couple n’est plus nécessairement formé d’un homme et d’une femme. Que ceux qui s’inquiéteraient des effets négatifs de cette diversité sur l’enfant se rassurent: selon plusieurs études, la majorité des jeunes qui vivent cette diversité familiale vont bien, même si les enfants ayant pour parent un couple de même sexe sont plus à risque d’être pointés du doigt dans la cour de l’école. C’est le constat que dresse Claudine Parent, professeure à l’École de service social et chercheuse au Centre de recherche sur l’adaptation des jeunes et des familles à risque (JEFAR). Claudine Parent était l’une des conférencières lors de la Chaire publique de l'ÆLIES qui a eu lieu le 16 février sur le thème «La diversité est aussi familiale». La rencontre était organisée en collaboration avec le Groupe gai de l’Université Laval et la Coalition des familles homoparentales à l’occasion de la Semaine sur la diversité sexuelle.
   
«Tout est une question d’écoute entre les parents et les enfants, que la famille soit “intacte”, monoparentale, recomposée ou encore composée de parents de même sexe, explique Claudine Parent. Dans tous les cas, les parents sont des acteurs essentiels à l’adaptation des jeunes face aux changements familiaux qui s’opèrent. Cela dit, plus les transitions sont fréquentes, dans le cas de recompositions familiales répétées par exemple, plus la capacité d’adaptation des jeunes au changement est ébranlée. À un moment donné, il y a certaines limites.»

Apprivoiser les différences
Lors de cette conférence, Claudine Parent a fourni des statistiques illustrant l’état et la trajectoire des familles québécoises. Ainsi, 34 % des enfants nés entre 1989 et 1991 avaient connu, à l’âge de 10 ans, la vie au sein d’une famille monoparentale. Deux ans après la séparation, le tiers de ces enfants avaient au moins une nouvelle figure parentale dans leur vie. Ce pourcentage grimpait aux deux tiers cinq ans après la séparation, pour s’établir à plus de 85 % au bout de dix ans. Toujours 10 ans après que les parents se soient séparés, près d’un enfant sur deux (44 %) avait vécu une double recomposition. Les composantes du couple connaissent également le changement: en 1996, on comptait ainsi 665 couples de même sexe avec enfants. Dix ans plus tard, en 2006, leur nombre se chiffrait à 975.
   
«Cette diversité est là pour rester, affirme Claudine Parent, en parlant de l’augmentation des familles homoparentales. Les enfants de ces familles risquent d’être stigmatisés, que ce soit dans les cours d’école ou ailleurs. Même des familles recomposées ou ayant connu le divorce ou la séparation font encore l’objet d’une certaine stigmatisation. Tout cela illustre à quel point il reste encore bien des différences à apprivoiser dans notre société.»

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