Société

La Nouvelle-France à la trace

Une équipe dirigée par le géographe Marc St-Hilaire a fait l’inventaire des lieux de mémoire associés à l’expérience coloniale française en Amérique du Nord

Par : Renée Larochelle
L’allée Jacques Cartier, le boulevard Champlain, l’impasse Cavelier de la Salle, la rue du Père Marquette, la place Pierre Le Moyne d’Iberville… Si vous circuliez dans la région Poitou-Charentes, en France, vous pourriez bien vous retrouver au détour de ces rues ou de ces places évoquant la naissance et le développement de la Nouvelle-France. Dans cette région du centre-ouest de l’Hexagone, on dénombre en effet 130 noms de rues témoignant de l’expérience coloniale française en Amérique du Nord, en plus de quelque 500 autres monuments, plaques, bâtiments et sites archéologiques. «On ne s’imagine pas qu’il existe autant de traces de la Nouvelle-France en France», explique ainsi Marc St-Hilaire, professeur au Département de géographie et responsable du programme d’inventaire des lieux de mémoire ayant donné naissance à un ouvrage intitulé Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. «Du côté du Québec, poursuit Marc St-Hilaire, on a recensé 900 lieux évoquant le Régime français. L’un des objectifs de l’ouvrage est de montrer que la Nouvelle-France est omniprésente de part et d’autre de l’Atlantique, et ce, à des endroits qu’on ne soupçonne pas toujours.»

Nos racines françaises
Paru récemment aux Presses de l’Université Laval (PUL) et réalisé au Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ), ce livre est le résultat de la première phase d’un programme de recherche international visant à recenser les artefacts de la période coloniale dans les paysages nord-américains et français. Près de 40 auteurs français et québécois, dont une douzaine de professeurs et chercheurs de l’Université, ont participé à sa rédaction. En feuilletant l’ouvrage, on se rend vite compte que le Québec et la région Poitou-Charentes recèlent des traces d’un passé conjugué au présent, et continuent d’entretenir des liens étroits malgré les revirements de l’histoire. Au Québec, la toponymie, les monuments, le tracé des rues dans certains quartiers historiques de Québec, Montréal ou Trois-Rivières et même celui des routes et chemins de campagne nous rappellent cette Nouvelle-France. En Poitou-Charentes subsiste également dans différents lieux la mémoire des personnes et des actes ayant un jour foulé le Nouveau Monde. C’est ainsi qu’à Brouage, ville natale de Champlain, un monument commémore la naissance du fondateur de Québec. Dans l’église paroissiale de la commune de Jauldes, en Charente, une plaque rappelle que le père Jean-Baptiste de La Brosse, dernier missionnaire jésuite à être envoyé à Tadoussac, au début du 18e siècle, a été baptisé dans cette église. Par ailleurs, l’analyse des registres paroissiaux de certaines églises de la ville de La Rochelle montre que des Amérindiens y ont été baptisés.

«Dans cette expérience de collaboration scientifique franco-québécoise qui a débuté en 2001, la région Poitou-Charentes est une région-pilote, précise Marc St-Hilaire. Depuis 2004, le projet s’est étendu à l’ensemble des provinces canadiennes et des démarches ont été entreprises pour l’étendre à d’autres régions françaises et aux États-Unis. Se réapproprier notre territoire est une façon de retrouver nos racines françaises.»

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!