Société

Donald Trump, la suite

Les délégués du Québec à Chicago et à Boston reviennent sur l'élection imprévue du nouveau président américain lors d'une conférence qui se déroulera le 19 janvier au Cercle

Par : Pascale Guéricolas
Donald Trump, accompagné de son fils Barron et de sa femme Melania, lors de la soirée électorale présidentielle, au Hilton Midtown de New York.
Donald Trump, accompagné de son fils Barron et de sa femme Melania, lors de la soirée électorale présidentielle, au Hilton Midtown de New York.
La victoire de Donald Trump et la défaite de sa rivale démocrate, Hillary Clinton, ont surpris la plupart des observateurs de la scène politique américaine. Le Centre sur la sécurité internationale et le ministère des Relations internationales et de la Francophonie, en collaboration avec le Groupe d'étude, de recherche et de formation internationales ainsi que la Société des relations internationales de Québec, veulent comprendre pourquoi très peu de sondeurs avaient prévu l'élection du candidat républicain. Il s'agit aussi d'envisager quelles vont être les conséquences ici de l'arrivée à la Maison-Blanche d'une équipe tournée davantage vers le protectionnisme que le libre-échange. Éric Marquis et Marie-Claude Francoeur, respectivement délégués du Québec à Chicago et à Boston, vont donc partager avec le public leur vision de l'avenir des relations entre le Québec et les États de la Nouvelle-Angleterre.

Animée par Jonathan Paquin, professeur au Département de science politique, cette activité  vise notamment à analyser les facteurs qui ont poussé les sondeurs à sous-estimer les intentions de vote en faveur de Donald Trump. «Seul le quotidien Los Angeles Times, qui se basait sur le travail effectué par les sondeurs de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), prédisait la victoire du candidat républicain», remarque ce spécialiste de la politique étrangère américaine. À ses yeux, plusieurs sondages contenaient des problèmes méthodologiques. Par exemple, certains se sont trop concentrés sur les échantillons d'électeurs sollicités sur Internet.

Jonathan Paquin donne également l'exemple d'un site américain fondé par un statisticien, FiveThirtyEigth, dont le nom est un clin d'oeil au nombre de délégués du collège électoral chargés d'élire le président. «Beaucoup d'analystes se référaient à ce site, qui a prédit avec exactitude les résultats des élections américaines dans 49 États sur 50 en 2008 et en 2012, note le politologue. Cependant, FiveThirtyEigth compile beaucoup de sondages, sans forcément prendre en compte la valeur de chacun. Il s'est radicalement trompé en donnant Hillary Clinton en avance tout au long de la campagne.»

Un autre problème méthodologique est le manque de prise en compte du vote local. C'est la cinquième fois de l'histoire américaine qu'un candidat à la présidence l'emporte sur son rival même s'il détient moins de voix à l'échelle du pays. Cela démontre donc l'importance pour le gagnant de disposer d'appuis dans un très grand nombre d'États.

Il reste à savoir comment les délégués du Québec envisagent désormais l'avenir d'un accord commercial comme l'ALENA, que Donald Trump a souvent remis en cause durant la campagne électorale. Avec l'appui du Congrès, la nouvelle administration américaine pourrait faire voter des lois protectionnistes qui, par exemple, empêcheraient les entreprises canadiennes de construction de postuler sur des grands chantiers publics américains. «De telles mesures ont déjà été prises en 2010, avant que le président Barack Obama ne fasse une exception pour le Canada», rappelle Jonathan Paquin.

La rencontre aura lieu le 19 janvier, de 11h30 à 13h, au Cercle (locaux 4512-4514) du pavillon Alphonse-Desjardins. L'activité organisée par les Hautes Études internationales (HEI) est gratuite, mais il faut s'inscrire pour y assister.

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