Société

Communauté d'intérêts

Selon Égide Royer, les mêmes règles s’appliquent pour aider les enfants difficiles, qu’on soit parent ou enseignant

Par : Renée Larochelle
«Mon jeune est en première secondaire. Il lit comme un élève de fin de quatrième année du primaire et veut abandonner l’école. Que faire?» «Mon fils de 15 ans vient d’être suspendu de l’école pour une semaine. Que dois-je faire?» «Que puis-je suggérer à l’enseignante de mon fils s’il fait des crises à la maternelle?»
   
C’est, entre autres, le genre de questions émanant de parents de jeunes ayant des difficultés à l’école auxquelles répond Égide Royer dans son plus récent ouvrage intitulé Comment être le bon  parent d’un élève difficile, paru aux éditions École et Comportement. Ce livre fait d’ailleurs partie d’une trilogie dont les deux premiers ouvrages ont pour titre Comme un caméléon sur une jupe écossaise: comment enseigner à des jeunes difficiles sans s’épuiser et Le chuchotement de Galilée: permettre aux jeunes difficiles de réussir à l’école.   

«Le partenariat entre l’école et la famille est très important, voire crucial lorsqu’un jeune présente des problèmes de comportement, explique Égide Royer, chercheur et professeur titulaire en adaptation scolaire à la Faculté des sciences de l’éducation. La meilleure façon d’agir est que les deux parties élaborent ensemble une stratégie d’intervention. À mon avis, les mêmes règles s’appliquent quand on fait face à des enfants difficiles, qu’on soit parent ou enseignant. Dans tous les cas, l’attention positive des adultes et des autres élèves est un renforçateur puissant.»
 
Alpha et bêta
L’une de ces règles consiste justement à renforcer le comportement approprié et à punir légèrement le comportement inapproprié, ce qui produira des changements plus rapides et plus importants qu’une seule de ces deux interventions. C’est ce qu’Égide Royer appelle une intervention «en croisé». Autre règle: la nature et le choix du moment où on formule une demande ou un commandement déterminent son efficacité. L’auteur consacre d’ailleurs un chapitre de son livre à cette question, distinguant la consigne «alpha» de la consigne «bêta». Si la consigne alpha est une demande claire, directe et précise fournissant à l’enfant  à la fois une occasion et du temps pour obéir, du genre «Pierre, je veux que tu ramasses ta chambre aussitôt que tu auras terminé ton repas», la seconde, elle, s’égare en de vagues ou multiples demandes qui ne donnent généralement pas de bons résultats, du type : «Julie, ta chambre est toujours à l’envers. Je suis fatiguée de toujours repasser après toi!» On aura compris qu’à l’école, l’enseignant efficace a tout intérêt à utiliser la consigne alpha s’il souhaite se faire obéir de ses élèves.

«Il y a beaucoup moins de différences que l’on croit entre élever un élève difficile et lui enseigner, dit Égide Royer. D’ailleurs, plusieurs dizaines de milliers de personnes au Québec exercent, en même temps, les métiers de parent et d’enseignant.» Si Comment être le bon parent d’un élève difficile s’adresse principalement aux parents, l’auteur invite les enseignants à en faire un outil de référence, d’échange et de discussion pour travailler ensemble à la réussite scolaire et à l’adaptation sociale des jeunes en difficulté de comportement. «En pure logique, souligne le chercheur, si nous voulons amener les parents et les enseignants à travailler ensemble pour aider les jeunes difficiles à réussir à l’école, il faut qu’ils soient en mesure de se comprendre et de saisir les réalités de ces jeunes de la même manière.»

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