Société

Combattons le sexisme à l'école

L'égalité entre les sexes en milieu scolaire demeure un objectif à atteindre, selon une étude du Conseil du statut de la femme

Par : Renée Larochelle
Les stéréotypes sexistes persistent dans l'enseignement donné aux élèves du primaire et du secondaire au Québec. En témoignent les résultats d'une étude récente sur l'égalité entre les sexes en milieu scolaire effectuée par le Conseil du statut de la femme auprès de 393 enseignants. Selon cette étude, 81% des enseignants et 62% des enseignantes s'attendent ainsi à ce que les filles réussissent mieux en français que les garçons. Plus du tiers des répondants des deux sexes s'attendent à une plus grande performance des garçons en mathématiques et la grande majorité (80%) pense que les garçons ont besoin de méthodes éducatives plus «dynamiques et actives» que les filles. On y apprend également que les filles, considérées comme plus «aidantes» que les garçons, sont plus sollicitées que leurs camarades masculins quand vient le temps d'aider les élèves en difficulté.

Pour aider à changer les mentalités chez le personnel enseignant, le Conseil du statut de la femme a émis une série de recommandations dans son avis «L'égalité entre les sexes en milieu scolaire», dont le lancement a eu lieu à l'Université en décembre. Parmi ces recommandations figure l'ajout d'un cours obligatoire sur le thème des inégalités des sexes à la formation des maîtres dans les facultés des sciences de l'éducation.

Que pense Annie Pilote, vice-doyenne à la recherche, aux études supérieures et à l'international, de cette recommandation? Si elle salue et apprécie le travail effectué par le Conseil, Annie Pilote estime toutefois que la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université possède bien peu de marge de manoeuvre pour l'ajout d'un cours sur le sujet dans son programme déjà bien rempli de formation à l'enseignement. La professeure au Département des fondements et pratiques en éducation rappelle ainsi que cette faculté offre déjà deux cours traitant de ces questions. L'un, intitulé Aspects sociaux de l'éducation, aborde les différentes formes d'inégalité, tandis que l'autre, Réussite scolaire et identité sexuelle, traite des stéréotypes et de l'influence de l'identité sexuelle sur la réussite scolaire.

Cela dit, la formation reçue lors des études universitaires s'inscrit dans un parcours de carrière global, selon Annie Pilote. «La formation initiale n'est pas tout et les enseignants ne font pas qu'appliquer ce qu'ils ont vu dans leurs cours à l'université, explique-t-elle. Pendant leurs études, ils effectuent plusieurs stages en classe et ils développent ensuite des compétences tout au long de leur carrière. Ceux et celles qui souhaitent enrichir leur pratique peuvent le faire par la formation continue. Par exemple, la Faculté des sciences de l'éducation offre un cours de pédagogie critique à la maîtrise et au doctorat qui vise à faire prendre conscience des rapports de pouvoir en éducation. Il y a aussi l'Université féministe d'été qui aborde la question de l'égalité en milieu scolaire.»

Par ailleurs, si les enseignants sont des personnes-clés pour faire changer les mentalités dans leurs classes, ils ne sont pas les seuls à pouvoir et à devoir le faire, insiste Annie Pilote. En effet, d'autres intervenants, comme les éducateurs et les éducatrices en service de garde ou tout autre membre du personnel d'une école gravitant autour de l'élève, peuvent contribuer par leurs attitudes, leurs paroles ou leurs gestes à transformer les mentalités et à briser les stéréotypes. Toutes ces personnes peuvent être des agents de changement dans la lutte contre l'inégalité entre les sexes, croit la vice-doyenne Annie Pilote.

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