Société

Branchés sur le monde?

La fracture numérique freinerait le développement des pays du Sud

Par : Renée Larochelle
En Afrique, sur une population totale de 955 millions, 51 millions de personnes possèdent une connexion Internet. De son côté, l’Amérique du Nord compte 248 millions de personnes connectées, sur une population de 337 millions. Que faire afin de réduire cette fracture numérique qui ne cesse de s’élargir avec les années et qui ralentit l’Afrique dans son développement?
   
Selon Gahima Égide Karuranga, professeur au Département de management, il faut d’abord comprendre que cette fracture numérique entre le Nord et le Sud est causée par plusieurs facteurs qu’on trouve à toutes les étapes du cycle de développement des innovations technologiques. «Le développement ne progresse pas beaucoup à cause du manque de ressources appropriées découlant lui-même du retard accumulé dans la croissance économique», explique ce conférencier invité à la Chaire publique de l’ÆLIÉS qui se tenait le 26 novembre, dont le thème était: «La solidarité mondiale par les technologies numériques: utopie ou réalité?». «La diffusion et l’adoption des technologies numériques ne devraient souffrir d’aucune entrave, car ces technologies sont nécessaires, utiles et peu dispendieuses, souligne Gahima Égide Karuranga. Il existe au Sud une demande solvable à laquelle les entreprises du Nord ne répondent pas. Enfin, il faut savoir que la majorité des entreprises œuvrant dans les technologies de l’information et de la télécommunication sont très rentables, mais qu’elles peinent à répondre à la demande.»
   
À ceux qui lui demandent si l’Afrique n’a pas d’autres problèmes plus importants à régler que celui de la fracture numérique, Gahima Égide Karuranga répond qu’il est fini le temps où les Africains pensaient que les problèmes devaient être réglés l’un après l’autre. «Je pense que c’est une conception du développement qui n’est plus de saison, affirme-t-il. Le modèle par étape est aujourd’hui révolu.» Selon le conférencier, des mesures doivent être prises afin que le Sud puisse s'insérer plus activement dans la révolution numérique. «Par exemple, la Banque Mondiale ne devrait pas se contenter de financer éternellement l'enseignement primaire au détriment de l’enseignement universitaire dans les pays du Sud, dit Gahima Égide Karuranga. En fin de compte, ce que le Sud souhaite, c’est de profiter de tous les outils qui peuvent l’aider à se développer.»

Un autre conférencier, Pietro Sicuro, directeur de l’Institut de la Francophonie numérique de l’Organisation de la Francophonie, a souligné l’importance de s’assurer que les ressources numériques profitent aux intérêts locaux des pays du Sud et répondent aux besoins véritables de la population. «Pour un pays en développement, il est primordial de s’affranchir de toute dépendance extérieure, a-t-il insisté. Dans cette foulée, les pays du Nord doivent être de vrais partenaires et s’abstenir de dicter aux pays du Sud ce qu’ils doivent développer dans le domaine numérique et comment ils doivent le faire.»  

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