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Un vaccin sécuritaire

La vaccination contre la méningite n’aurait pas augmenté l’incidence du syndrome de Guillain-Barré au Québec

Par : Jean Hamann
Philippe De Wals: « Ce sont des données rassurantes pour le Québec et pour tous les autres pays qui ont recours à ce vaccin».
Philippe De Wals: « Ce sont des données rassurantes pour le Québec et pour tous les autres pays qui ont recours à ce vaccin».
Une étude publiée dans l’édition du 15 avril de la revue Clinical Infectious Diseases conclut que le vaccin contre la méningite utilisé au Québec n’a pas accru l’incidence du syndrome de Guillain-Barré. L’étude signée par Philippe De Wals, de la Faculté de médecine, Geneviève Deceuninck, Manale Ouakki et Renée-Myriam Boucher, de l’Institut national de santé publique du Québec et du Centre de recherche du CHUQ, vient lever les doutes quant à l’innocuité de ce vaccin. Aux États-Unis, un autre type de vaccin contre la méningite utilisé lors d’une campagne de vaccination menée en 2005-2006 fait présentement l’objet d’une controverse parce que plusieurs cas de Guillain-Barré ont été rapportés chez les personnes vaccinées. Dans les années 1970, le vaccin contre la grippe porcine avait soulevé les mêmes soupçons chez nos voisins du sud.
   
Le syndrome de Guillain-Barré est une maladie inflammatoire relativement rare qui s'attaque aux nerfs du corps et qui provoque une faiblesse généralisée, voire une paralysie, ainsi que des sensations anormales. «C’est une stimulation du système immunitaire qui tourne mal, explique Philippe De Wals. Les anticorps se trompent de cible et attaquent les cellules nerveuses.» Comme le mode de fonctionnement des vaccins consiste justement à stimuler une réaction immunitaire, la vaccination se retrouve sur la ligne de feu lorsque des cas de Guillain-Barré sont signalés.
   
Les chercheurs ont tiré parti de l’existence du registre de vaccination constitué lors de la dernière grande campagne d’immunisation contre la méningite par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec pour vérifier l’existence d’un lien possible entre le vaccin et le syndrome de Guillain-Barré. Entre le 24 septembre 2001 et le 31 janvier 2002, environ 1,5 million de jeunes Québécois ont reçu le vaccin contre le méningocoque de sérogroupe C. En recoupant ce registre avec les données provenant des hôpitaux québécois, les chercheurs ont découvert uniquement deux cas de Guillain-Barré survenus dans les huit premières semaines suivant l’administration du vaccin. Selon leurs calculs, cette incidence ne dépasse pas celle qui prévalait avant ou après la campagne de vaccination. «Le vaccin contre la méningite utilisé au Québec ne semble pas accroître le risque de Guillain-Barré, conclut le professeur De Wals. Ce sont des données rassurantes pour le Québec et pour tous les autres pays qui ont recours à ce vaccin.»

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