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Puits de science

Un ouvrage fait le point sur les hydrocarbures du golfe et leur exploitation éventuelle

Par : Jean Hamann
Il subsiste beaucoup d'incertitudes au sujet des répercussions de l'exploitation des hydrocarbures du golfe. Les principales lacunes sont attribuables au manque de connaissances sur le Saint-Laurent pendant l'hiver.
Il subsiste beaucoup d'incertitudes au sujet des répercussions de l'exploitation des hydrocarbures du golfe. Les principales lacunes sont attribuables au manque de connaissances sur le Saint-Laurent pendant l'hiver.
Certains groupes écologistes soupçonnent Philippe Archambault d'être pour l'exploitation des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent. À l'inverse, certains promoteurs de cette filière énergétique croient que le professeur du Département de biologie est de mèche avec les écologistes. «Cela suggère que ma position dans ce dossier se situe exactement là où je souhaite, commente-t-il avec amusement. Je n'ai pas de parti pris et je n'adhère à aucune école de pensée. J'espère simplement aider les gouvernements à prendre des décisions éclairées au sujet des hydrocarbures du Saint-Laurent sur la base d'informations scientifiques objectives et factuelles.»

C'est ce même désir qui a inspiré le livre Les hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent: enjeux sociaux, économiques et environnementaux, qu'il a produit avec ses collaborateurs Cindy Grant, du Département de biologie, et Steve Plante et Irene R. Schloss, de l'UQAR. Lancé mardi, cet ouvrage est disponible gratuitement en version numérique sur le site de Notre Golfe (www.notregolfe.ca), un regroupement de chercheurs québécois qui posent un regard croisé sur l'environnement socioécologique du golfe du Saint-Laurent.

Les quatre responsables du livre – qui ont collaboré à la rédaction de plusieurs chapitres – ont demandé à une trentaine d'experts de synthétiser les connaissances actuelles sur les hydrocarbures du Saint-Laurent et sur les répercussions prévisibles de leur exploitation. «L'ouvrage s'adresse à la fois aux scientifiques, aux citoyens préoccupés par l'environnement et aux décideurs, souligne le professeur Archambault. Le langage est accessible au grand public, mais il s'agit tout de même d'un ouvrage scientifique qui a été soumis à un processus de sélection et de relecture par des arbitres et par un comité éditorial.»

Parmi les sujets traités dans l'ouvrage, mentionnons la physique des océans et du golfe, l'effet de l'exploitation des hydrocarbures sur le bilan des gaz à effet de serre du Québec, les répercussions des déversements sur les organismes marins et leur environnement, les techniques de traitement en cas de déversement ainsi que les répercussions sociales et les répercussions sur la santé de l'exploitation pétrolière et des déversements pétroliers sur les populations côtières. «Les thèmes abordés ont été établis à partir des préoccupations exprimées par les participants à un colloque organisé par Notre Golfe lors du Congrès de l'Acfas de 2015 à Rimouski. Nous nous étions alors engagés à publier un livre sur les connaissances existantes entourant les enjeux de la filière des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent», précise le professeur Archambault.

La principale conclusion qui se dégage de l'ouvrage est qu'il subsiste beaucoup de zones d'incertitude au sujet des hydrocarbures du golfe et de leur exploitation. «Les principales lacunes se situent sur le plan de nos connaissances du golfe en hiver, résume Philippe Archambault. Il y a très peu de recherches qui sont faites pendant cette période de l'année. Le résultat est que nous connaissons très mal le golfe en hiver. De plus, il n'existe nulle part dans le monde de plateforme pétrolière fixe entourée de glace.»

L'idée d'exploiter les hydrocarbures du golfe refait périodiquement surface, au gré du cours du baril de pétrole. Selon Philippe Archambault, nous n'avons pas encore assez de connaissances scientifiques pour bien prévoir les répercussions de cette exploitation. «Il y aura toujours un certain degré d'incertitude dans nos connaissances et le risque zéro n'existe pas, admet-il. Toutefois, la recherche peut nous aider à abaisser le niveau d'incertitude jusqu'à un seuil où il est socialement acceptable de prendre une décision. Présentement, surtout en raison de l'incertitude entourant l'exploitation des hydrocarbures dans un environnement de glace, nous sommes encore nettement sous ce seuil», conclut-il.

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