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Menaces sur la toundra

Le Centre d’études nordiques reçoit 2,8 M $ pour la recherche sur la faune de l’Arctique et les changements climatiques

Le biologiste Gilles Gauthier, du Centre d’études nordiques, reçoit près de 2,8 M $ pour mettre sur pied le projet ArticWOLVES dans le cadre de l’Année polaire internationale. Ce projet de recherche, qui regroupe une quarantaine de chercheurs de neuf pays, vise à mieux comprendre les impacts des changements climatiques sur les insectes, les oiseaux et les mammifères des écosystèmes polaires.
   
Le Centre d’études nordiques (CEN) est le plus ancien centre de recherche de l’Université Laval, sa fondation remonte aux années 1960. Gilles Gauthier et Dominique Berteaux, de l’UQAR, tous deux associés au CEN, ont créé le projet ArcticWOLVES (Wildlife Observatories Linking Vulnerable EcoSystems) afin de mieux comprendre comment les changements climatiques vont affecter l’interaction entre les espèces – plantes, herbivores, prédateurs – dans la toundra. Les scientifiques savent que la hausse des températures moyennes et le recul des glaciers dans l’Arctique auront des impacts majeurs sur les écosystèmes parce qu’ils viendront modifier la distribution et l’abondance des espèces. «Il est urgent de documenter les effets directs et indirects des changements climatiques sur la biodiversité des animaux de la toundra et de prédire, grâce à des suivis de terrain et à la modélisation, les impacts futurs de ces changements sur les espèces», précise Gilles Gauthier.

Un vaste réseau circumpolaire   
Le programme ArcticWOLVES est considéré comme un projet majeur de l’Année polaire internationale, autant au Canada qu’à l’échelle mondiale. Le projet permettra d’établir un réseau circumpolaire d’observatoires de la faune afin de déterminer l’état actuel des réseaux trophiques (interactions entre les espèces) de l’Arctique et cela, à une grande échelle géographique. «La collaboration entre les autorités canadiennes et internationales de l’Année polaire, celle des parcs territoriaux et nationaux du Nunavut, du Yukon et du Manitoba, jumelées à l’expertise des chercheurs du Centre d’études nordiques assurent le succès de ce projet emballant», fait valoir Edwin Bourget, vice-recteur à la recherche et à la création.
   
Pour illustrer la démarche du projet, Gilles Gauthier a donné l’exemple du lemming, ce petit rongeur qui constitue le menu de base de tous les prédateurs de la toundra. «On sait que la couverture de neige et l’isolation thermique qu’elle procure sont très importantes pour les populations de lemmings. Il y a tout lieu de croire que des automnes plus longs combinés à une alternance gel - dégel pourraient avoir des répercussions néfastes sur le cycle d’abondance des lemmings, voire mettre en péril leurs populations. Une baisse importante des lemmings pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur les populations de prédateurs comme le renard arctique ou le harfang.» Les chercheurs d’ArcticWOLVES sont particulièrement inquiets pour le renard arctique. Son territoire est graduellement envahi par le renard roux en raison du réchauffement climatique. Plus gros et plus agressif, celui-ci fait une compétition féroce à son cousin de l’Arctique. Le renard arctique est déjà presque disparu de la Scandinavie. Si ça devait arriver dans la toundra canadienne, ce serait une perte importante pour la biodiversité.
   
Un autre impact de la perte éventuelle de biodiversité touche les populations humaines de la toundra. Les Inuits et les autres communautés indigènes du Grand Nord dépendent de ces espèces pour leur subsistance. Les recherches du projet ArcticWOLVES sont donc aussi reliées au bien-être des communautés nordiques.
   
L’annonce du projet de Gilles Gauthier a eu lieu à l’occasion d’une importante rencontre des chercheurs de l’Université Laval et des autres universités canadiennes intéressées par la problématique de l’Année polaire internationale avec quelques-uns des dirigeants du Bureau international de l’API ainsi que les autorités canadiennes en la matière. Le projet ArcticWOLVES – volet canadien – est financé par le bureau canadien de l’API (ministère des Affaires indiennes et du Nord) et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada. L’Agence Parcs Canada contribue aussi au projet.

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