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Les cartes ou la vie

Tout le monde n’est pas gagnant au poker

Par : Renée Larochelle
Jouer au poker est-il un vice, un loisir, une discipline? Un mélange des trois peut-être? On ne sait pas trop au juste et là n’est pas l’important de toute façon, diront les chercheurs et intervenants en matière de jeu pathologique. Ce qu’on sait, toutefois, c’est que le nombre d’adeptes du poker ne cesse d’augmenter. La popularité croissante de ce jeu qui, il n’y a pas si longtemps, était entouré d’un certain halo de mystère avec son côté à la fois viril et glamour à la James Bond, mérite qu’on se penche sérieusement sur le phénomène, selon Julie Dufour. Doctorante en psychologie, la chercheuse a prononcé une conférence ayant pour titre: «Mieux connaître le poker pour mieux intervenir», le 3 décembre, à l’occasion d'un colloque sur les multiples facettes du jeu, organisé par le Centre québécois pour la prévention et le traitement du jeu. Elle en a profité pour révéler certaines statistiques provenant d’études sur les jeux de hasard.

Vive l’anonymat
«En 2002, au Québec, 12 % des joueurs de poker au casino étaient classés joueurs à risque et pathologiques, a expliqué Julie Dufour. En 2006, 22 % des ados avaient joué au poker dans les 12 derniers mois. Parmi ceux-ci, 15 % avait joué entre amis, près de 5 % lors d’événements organisés et 2,5 % sur Internet.» Durant cette même année, en Ontario, 10 % des joueurs de poker disaient dépenser plus d’argent qu’ils ne pouvaient se le permettre, tandis que 18 % rapportaient être préoccupés par les habitudes d’un proche parent adepte du poker. Par ailleurs, selon une récente étude réalisée en Angleterre auprès de joueurs en ligne, ces derniers auraient davantage tendance à jouer seuls, à présenter une humeur négative après les séances de jeu, à s’adonner à d’autres jeux de hasard, à jouer pour fuir leurs problèmes et aussi lorsqu’ils se sentent chanceux. «Le poker sur Internet est extrêmement populaire actuellement au Québec, rapporte Julie Dufour. Il semble que ses adeptes apprécient l’anonymat que leur procure le jeu en ligne. Cela leur permet de bluffer sans contraintes.» 

Quelle est la part de l’habileté et du hasard pour gagner au poker? Selon Julie Dufour, ces deux dimensions interagissent de façon complexe. «On ne sait pas actuellement s’il est possible de devenir habile au poker et si cette habileté peut contrecarrer l’influence du hasard, explique-t-elle. Mais on sait que les débutants vont avoir tendance à accorder plus d’importance à l’habileté qu’au hasard et qu’ils vont donc vouloir “apprendre à être bons” en jouant davantage. Une chose est certaine: il faut déconstruire le mythe selon lequel tout le monde peut réussir au poker. Comme dans la vraie vie, il y a des gagnants et des perdants.»

    

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