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La voie de la persévérance

La santé globale des enfants atteints de déficience motrice cérébrale passerait par la pratique régulière de mises en situation et d'activités physiques

Par : Jean Hamann
En dépit de leur handicap, les enfants atteints de déficience motrice cérébrale (DMC) peuvent améliorer la qualité de leurs interactions sociales, tout comme ils peuvent améliorer leur forme physique. Le secret pour y arriver? La pratique et la persévérance. Voilà la recommandation faite par les professeures Line Nadeau et Désirée Maltais, du Département de réadaptation, aux professionnels de la santé qui participaient au colloque «Déficience motrice cérébrale: où en sommes-nous? Mesures, motricité et qualité de vie», présenté les 1er et 2 décembre à Québec. Une centaine de personnes ont pris part à cet événement organisé par la Chaire de recherche en paralysie cérébrale, l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec et le Consortium en paralysie cérébrale.
   
Les études menées depuis quelques années par la professeure Nadeau et ses collaborateurs ont révélé qu'en milieu scolaire, les enfants atteints de DMC ont davantage de problèmes d'intégration sociale que les autres enfants. Cette situation serait attribuable au fait qu'ils se sentent moins compétents que leurs pairs. D'ailleurs, parmi les enfants atteints de DMC, ceux dont le quotient intellectuel est plus bas sont davantage victimes de rejet. «Les enfants de 9 à 12 ans sont des juges particulièrement sévères pour les autres», souligne la chercheuse.
   
Le profil des enfants avec DMC, dressé à l'aide d'un test neuropsychologique (le Wisconsin card sorting test) par la chercheuse et ses collègues Marie-Ève Routhier et Réjean Tessier, révèle qu'ils décodent moins vite les règles qui ne sont pas clairement énoncées, qu'ils ont de la difficulté à comprendre les concepts abstraits et que leur patron de réponses est souvent désorganisé. «On peut penser que si l'enfant avec DMC a de la difficulté à décoder des informations et des règles lors d'un test, il peut aussi avoir des problèmes à déduire les règles sociales dans ses interactions avec les autres», avance Line Nadeau. Pour l'aider à décoder certaines situations sociales et à mieux organiser ses réponses, la chercheuse suggère de faire pratiquer l'enfant à réagir dans des situations nouvelles «pour lui donner un plus grand répertoire de stratégies et augmenter la vitesse de traitement de l'information contenue dans sa base de données d'expériences personnelles».
   
La pratique régulière et continue d'activités physiques est aussi de mise pour ces enfants, révèle la revue de littérature effectuée par Désirée Maltais. Le concept de la bonne forme physique et les méthodes d'entraînement ont évolué depuis soixante ans, mais la plupart des programmes en vogue aux différentes époques ont toujours produit des dividendes, à condition que les exercices sur lesquels ils reposent soient d'une intensité suffisante.
   
Les problèmes de santé associés à l'inactivité physique, qu'il s'agisse d'artériosclérose, d'obésité, de diabète ou d'ostéoporose, commencent dès l'enfance. C'est pourquoi il faut encourager les enfants avec DMC à bouger sinon il peut y avoir des conséquences à long terme, prévient la professeure Maltais. «Non seulement l'activité physique améliore-t-elle la santé des enfants avec DMC, mais elle prévient aussi l'apparition de déficiences secondaires.» Pour en profiter, il faut toutefois que les enfants fassent montre de discipline et de persévérance parce que les effets positifs des programmes d'entraînement s'estompent dès qu'on les met en veilleuse.

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