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Des idées qui rapportent

Vingt-huit équipes de chercheurs ont déposé des demandes de brevets en 2009

Par : Jean Hamann
Maxime Dubois, professeur au Département de génie électrique et de génie informatique, a déposé quatre nouvelles demandes de brevets en 2009. Il estdéjà détenteur de deux brevets.
Maxime Dubois, professeur au Département de génie électrique et de génie informatique, a déposé quatre nouvelles demandes de brevets en 2009. Il estdéjà détenteur de deux brevets.
Les revenus annuels générés par les brevets d'invention que détient l'Université ont décuplé en six ans pour dépasser la somme de 2 M$ l'année dernière. Ce ne serait là que la pointe de l'iceberg de la richesse véritablement créée par ces brevets, souligne Thierry Bourgeois, responsable de la propriété intellectuelle au Vice-rectorat à la recherche et à la création (VRRC). «Les redevances représentent à peine 2 à 3 % de l'ensemble des retombées générées par une technologie brevetée. Une invention exploitée par une entreprise ça signifie des emplois, des profits et de l'activité économique dans une région», précise-t-il.
   
L'Université détient présentement un portefeuille d'environ 300 brevets pour des technologies développées par ses chercheurs et étudiants-chercheurs. Plus de 25 % de ces inventions sont sous licence, c'est-à-dire que des entreprises paient des redevances en échange de leur utilisation exclusive. La composition de ce portefeuille fluctue d'une année à l'autre, notamment parce que certains brevets qui ne trouvent pas preneur après quelques années de protection sont abandonnés. «La protection d'une technologie au Canada, aux États-Unis et en Europe engendre des coûts récurrents qui peuvent atteindre 75 000 $ pour une période de 7 à 8 ans, commente Thierry Bourgeois. Comme de nouveaux brevets s'ajoutent continuellement, nous devons faire des choix.»
   
Chaque année, une soixantaine d'équipes contactent les responsables du VRRC pour leur signifier qu'elles ont développé une technologie potentiellement brevetable. Ces innovations font l'objet d'une analyse préliminaire en fonction de leur originalité (il ne doit pas exister de technologie équivalente déjà brevetée) et de leur potentiel commercial. Les projets qui franchissent cette première étape de sélection sont présentés au comité des brevets de l'Université pour approbation. Près d'une trentaine de projets sont ainsi retenus chaque année. Le personnel du VRRC assiste les chercheurs dans les étapes subséquentes qui sont menées de concert avec SOVAR (Société de valorisation des applications de la recherche) et avec des firmes spécialisées en demande de brevets. L'Université assume les coûts engendrés par ce processus et, advenant l'exploitation commerciale d'une invention, elle partage les redevances à parts égales avec les chercheurs qui détiennent le brevet.
   
Faire une demande de brevet est un processus exigeant qui peut s'échelonner sur une période aussi longue que cinq ans. Les chercheurs doivent régulièrement répondre aux questions et aux arguments soulevés par les analystes qui étudient leur dossier. «C'est un travail à long terme qui exige du courage et de l'abnégation, souligne Thierry Bourgeois. Ceux qui entreprennent pareille démarche vont au-delà des missions premières de l'université — l'enseignement et la recherche — et leur travail mérite d'être souligné.» Le VRRC a d'ailleurs tenu à le faire en présentant, le 26 avril, un événement reconnaissance auquel étaient conviés les 59 chercheurs et étudiants-chercheurs de l'Université qui composaient les 28 équipes d'inventeurs ayant déposé un brevet au cours de l'année 2009.

Moteur économique
Maxime Dubois, professeur au Département de génie électrique et de génie informatique, était du groupe. Déjà détenteur de deux brevets, il a déposé quatre nouvelles demandes en 2009. «Ça a été une bonne année, mais il faut admettre que le génie est un domaine propice aux brevets. Inventer des choses, c'est notre travail quotidien.» Dans certains secteurs scientifiques, la publication d'articles dans des revues spécialisées revêt davantage de prestige que les brevets. Pour les ingénieurs, c'est souvent l'inverse. «Comme je suis un professeur universitaire en génie, je fais les deux.»

Ses évaluations aux concours des organismes subventionnaires seraient peut-être meilleures s'il consacrait plus de temps à la rédaction d'articles scientifiques, mais il estime que le temps qu'il investit dans la préparation de brevets est très rentable. «Il existe des programmes gouvernementaux pour soutenir la recherche appliquée. Par exemple, je viens d'obtenir 800 000 $ du Programme de soutien à la valorisation et au transfert du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation pour poursuivre mes travaux sur le stockage énergétique. Le dépôt d'un brevet était une des conditions pour être admissible au programme.»

Les demandes de brevets qu'il a déposées en 2009 touchent le domaine de la recharge des autos électriques. Trois d'entre elles sont cosignées par les étudiants-chercheurs Michael Desjardins et Louis Tremblay, qui viennent d'ailleurs de créer la firme AddÉnergie Technologies pour les exploiter. «J'ai choisi de favoriser les recherches qui ont des retombées dans la société, explique le professeur Dubois. Les entreprises, que ce soit celles avec qui je fais affaire ou celles que je crée, sont des véhicules qui permettent le transfert de nos résultats de recherche à la société. Dans ce contexte, l'obtention d'un brevet s'impose pour protéger la propriété intellectuelle et pour rassurer les investisseurs sur l'originalité de la technologie que nous offrons.»
   
Quant à savoir si l'obtention de brevets se traduit en espèces sonnantes et trébuchantes, le cas du professeur Dubois est éloquent. «J'ai obtenu mon premier brevet il y a neuf ans et j'ai troqué mes redevances pour des actions de la compagnie. Ça ne m'a encore rien rapporté, mais j'ai confiance qu'un jour ce sera plus payant parce que les technologies sur lesquelles nous travaillons ont le potentiel de créer plusieurs centaines d'emplois dans la région.»




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