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Améliorer la santé des populations autochtones nordiques et côtières

La Chaire de recherche en partenariat Sentinelle Nord en approches écosystémiques de la santé voit le jour

La Chaire de recherche en partenariat Sentinelle Nord en approches écosystémiques de la santé, également appelée la chaire Littoral, aura pour mandat de promouvoir et d’améliorer le bien-être des populations autochtones et côtières du Nord québécois par une meilleure compréhension des effets qu’ont les changements environnementaux et écosystémiques sur la santé.
La Chaire de recherche en partenariat Sentinelle Nord en approches écosystémiques de la santé, également appelée la chaire Littoral, aura pour mandat de promouvoir et d’améliorer le bien-être des populations autochtones et côtières du Nord québécois par une meilleure compréhension des effets qu’ont les changements environnementaux et écosystémiques sur la santé.

Une soixantaine de personnes ont assisté à la cérémonie de lancement d’une nouvelle chaire de recherche, le mercredi 19 février au pavillon Ferdinand-Vandry. La Chaire de recherche en partenariat Sentinelle Nord en approches écosystémiques de la santé, surnommée la chaire Littoral, aura pour mandat de promouvoir et d’améliorer le bien-être des populations autochtones et côtières du Nord québécois par une meilleure compréhension des effets qu’ont les changements environnementaux et écosystémiques sur la santé. Dans leurs travaux, les chercheurs contribueront notamment aux efforts de biosurveillance des contaminants environnementaux dans les aliments locaux et chez les populations autochtones.

La Chaire est créée dans le cadre du programme Sentinelle Nord de l’Université Laval. Son budget de fonctionnement, avec la contribution de plusieurs partenaires, s’élève à 2,5 millions de dollars sur cinq ans. Sa titulaire est la professeure Mélanie Lemire, du Département de médecine sociale et préventive.

«En activité depuis 2019, la Chaire s’inscrit dans la continuité de la Chaire Nasivvik de l’Université Laval», a expliqué la chercheuse. Selon elle, les aliments de la mer, des lacs, des rivières et de la terre sont au cœur de la culture de plusieurs communautés autochtones du Nord. «Ils sont tous source exceptionnelle de plein de bonnes choses, a-t-elle ajouté. Ce sont de vrais aliments sans additifs alimentaires. Mais dans certains cas ils peuvent accumuler des contaminants environnementaux comme le mercure ou le plomb.»

Selon la professeure, les changements climatiques exercent chaque année des pressions grandissantes sur les écosystèmes marins et sur la sécurité alimentaire au Nord. «Même si certains polluants organiques sont en déclin, a-t-elle dit, de nouveaux produits mis sur le marché font leur apparition avec des effets méconnus sur la santé.»

Des projets de recherche et d’intervention

Les travaux de la Chaire prendront la forme de projets de recherche et d’intervention, interdisciplinaires ou transdisciplinaires. Ces travaux rejoindront les savoirs locaux. Ils permettront de comprendre comment les changements environnementaux affectent la santé. Ils permettront d’agir en prévention.

«Un des objectifs de la Chaire consistera à mobiliser la connaissance scientifique en vue de l’action, a poursuivi Mélanie Lemire. Cela signifie notamment renforcer les capacités des jeunes chercheurs autochtones à faire de la recherche avec nous. Cette année, nous avons réussi à intégrer de jeunes Inuits à nos projets de recherche.»

La professeure Lemire mène déjà quelques projets de recherche avec ses collègues inuits. L’un d’eux porte sur le suivi des femmes enceintes relativement aux aliments produits localement.

«Un nouveau projet avec les Premières Nations est sur le point de démarrer, a-t-elle ajouté. Il implique sept groupes de recherche universitaires. Nous voulons comprendre comment les environnements alimentaire, naturel et bâti affectent la santé des jeunes enfants autochtones.»

Favoriser une alimentation saine

Dans son allocution, la rectrice Sophie D’Amours a souligné le fait que les travaux de la Chaire toucheront à plusieurs cordes sensibles de l’Université Laval, soit la recherche nordique et environnementale, la santé durable et la responsabilité sociale. «Cette chaire, a-t-elle dit, en est une de responsabilité sociale. Nul doute que la titulaire et son équipe sauront trouver une façon de valoriser une alimentation saine chez les populations nordiques et côtières, sans dénaturer l’alimentation traditionnelle. Les travaux de la professeure Lemire démontrent que la clé se trouve dans la collaboration, la confiance et des interventions sur le long terme afin que les communautés trouvent des solutions par elles-mêmes.»

Dans son intervention, le doyen de la Faculté de médecine, Julien Poitras, a rappelé que les facultés de médecine au Canada ont, l’an dernier, pris l’engagement de mettre de l’avant la santé des autochtones et adopté un plan d’action en ce sens.

Lucy Grey est conseillère en recherche inuite pour le Nunavik. «Nous sommes très préoccupés par ce qui se passe dans notre environnement, avec notre nourriture parce que c’est essentiel à qui nous sommes, à notre culture, a-t-elle affirmé. Nous avons besoin de l’information que produira la Chaire. L’annonce d’aujourd’hui est un pas important, mais il reste beaucoup de travail à faire.» Elle a ensuite insisté sur l’importance de toujours établir des liens de confiance pour favoriser une bonne communication de part et d’autre.

Michèle Audette, adjointe au vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes, et conseillère principale à la réconciliation et à l’éducation autochtone, a ensuite souligné le fait que «vivre le Nord» est une responsabilité de tout le monde. «On habite le Sud pour la plupart d’entre nous. Et on ne voit pas au quotidien l’impact que nous avons à tous les niveaux au Nord.» Selon elle, collaborer, échanger avec les peuples premiers passe par une approche holistique. «La science occidentale, a-t-elle poursuivi, semble s’ouvrir à une science autochtone qui a 10 000 ans d’histoire. Mes grands-parents ne portaient pas de parkas Canada Goose, ils n’utilisaient pas de GPS. Ils ont pourtant vécu le Nord. Il faut arrimer nos sciences, nos savoirs pour constater, par exemple, que lorsqu’on parle de développement durable, les autochtones en parlent depuis longtemps.»

Vers 1968, les autochtones étaient seulement 250 à l’université au Canada. «Nous avons beaucoup de choses à faire aujourd’hui à ce niveau», a-t-elle dit.

Le dernier invité à prendre la parole était Stéphane Modat, chef des restaurants du Fairmont Le Château Frontenac à Québec. Quelques fois par an, il rend visite à des communautés autochtones du Nord pour en apprendre davantage sur leur alimentation traditionnelle. «J’ai besoin, a-t-il expliqué, de comprendre pourquoi on peut bien servir du bœuf qui vient du Brésil, alors qu’il y a des poissons et des viandes d’ici qui sont hallucinants.»

Selon lui, le Québec possède le meilleur terroir au monde. «Je pense qu’à la fin, ce sont les Premières Nations qui possèdent la vraie cuisine du terroir. Moi, j’essaie d’apprendre.» Le chef a ensuite invité les participants à déguster les bouchées qu’il avait préparées pour l’occasion, des bouchées liées à ses voyages dans l’autochtonie, notamment à base d’omble de l’Arctique ou de tartare de caribou.

Lors du lancement de la Chaire: Michèle Audette, adjointe au vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes, et conseillère principale à la réconciliation et à l’éducation autochtone, Julien Poitras, doyen de la Faculté de médecine, Sophie D’Amours, rectrice, Mélanie Lemire, titulaire de la Chaire, Stéphane Modat, chef des restaurants du Fairmont Le Château Frontenac, Lucy Grey, conseillère en recherche inuite pour le Nunavik, Martin Fortier, directeur général de Sentinelle Nord, Constantine Tikhonov, représentant du Service aux autochtones Canada.

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