Arts

L'Envol

Les œuvres d’une trentaine d’artistes du programme d’accompagnement Vincent et moi sont présentées jusqu’au 30 septembre au Centre hospitalier Robert-Giffard

Par : Pascale Guéricolas
Cette nouvelle exposition de Vincent et moi pourrait s’intituler celle de la maturité tant le travail de plusieurs artistes du groupe a considérablement évolué au fil des ans. Fondé en mai 2001 au Centre hospitalier Robert-Giffard, ce programme permet à des personnes souffrant de maladie mentale de bénéficier de matériel nécessaire à leur pratique artistique, mais aussi de faire connaître leurs œuvres. Plusieurs de ces amoureux de l’art ont obtenu des conseils et des suggestions d’étudiants de l’École des arts visuels grâce à «Art sans frontières», un atelier hebdomadaire organisé durant les sessions d’hiver. «Les techniques utilisées dans les œuvres sont de plus en plus maîtrisées et un noyau dur d’artistes fait preuve de beaucoup d’audace et d’assurance, note François Bertrand, coordonnateur du programme Vincent et moi. On dirait que désormais ils ont moins peur du regard des autres, et se livrent sur la toile sans retenue.»
   
Le psychologue cite en exemple le gigantesque autoportrait à la gouache de Jacques Lacasse, riche en texture et en couleurs, ou la facture très urbaine des grands formats de Denis Belleau, un artiste épris de bande dessinée et amateur de messages sociaux. Le cas de Francine Labrie le touche beaucoup également. Cette artiste sourde s’est acharnée pendant plusieurs années à tracer au stylo bleu des dessins bourrés de détails sur des feuilles de papier. Son passage à l’École des arts visuels a mis de la couleur dans ses œuvres. Dans son tableau intitulé La communication, des dames vêtues de robes vert et bleu d’une autre époque conversent sur fond de décor rouge et orange. Une autre œuvre constituée d’une série de six tableaux met l’accent sur l’évolution de la haute couture au cours du 19e siècle. François Bertrand souligne aussi le cheminement personnel de certains artistes, comme Lucie Tremblay qui présente un magnifique Papillon de feu. «Peu à peu, elle a réussi à apprivoiser les vernissages et le regard des autres sur ses œuvres. Souvent, les personnes qui séjournent à Robert-Giffard se trouvent confrontées à leurs propres préjugés sur la maladie mentale. Elles se cachent et longent les murs.»
   
Un documentaire de Nelly Arcan et de Johanne Prégent, la réalisatrice de La peau sur les os, permet d’ailleurs d’en apprendre davantage sur l’importance de l’art dans la vie de gens souffrant de maladies mentales. Dans Le diable au corps, diffusé au cinéma Le Clap du 5 au 11 octobre, quatre artistes du programme Vincent et moi se confient, que ce soit en paroles ou par leur action artistique. Leurs œuvres deviennent ainsi un moyen de pénétrer leur imaginaire, tout en contribuant à détruire certains mythes sur ceux et celles qui souffrent de désordres de l’âme. Autre lieu d’affirmation, la galerie d’art Vincent et moi, ouverte les samedis et dimanches au 57, rue Ambroise-Fafard à Baie-Saint-Paul, se situe dans des locaux prêtés par une institution religieuse. Désormais, les artistes peuvent vendre leurs œuvres directement au public, disposant ainsi d’une motivation supplémentaire pour produire régulièrement. De plus, une salle accueille des expositions comme celle en cours, présentant le travail d’un groupe d’artistes français liés à un hôpital psychiatrique.
   
L'exposition a lieu à la Salle Marie-Renouard du Centre hospitalier Robert-Giffard, au 2601, de la Canardière à Beauport, du lundi au jeudi de 12 h à 17 h et de 13 h à 20 h du vendredi au dimanche. Renseignements au 663-5321, poste 6440.

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