Arts

Le mal du siècle

Inspirées du pop art et du street art, les œuvres de Patrick Dubé remettent la surconsommation en question

Par : Pascale Guéricolas
Eighties, sérigraphie sur papier de Patrick Dubé
Eighties, sérigraphie sur papier de Patrick Dubé
En choisissant le titre de son exposition, Money, Success, Fame and Glamour, l’artiste, finissant au baccalauréat en arts visuels, montre à quelle enseigne il loge. La surconsommation et les icônes publicitaires, voilà des thèmes qui l’inspirent, comme le montrent clairement les neuf œuvres picturales présentées. Des œuvres dont certaines images se répondent d’ailleurs grâce à leur installation, détachées des murs. Par exemple cette toile de six pieds sur quatre pieds, Marlène Renaud B, sur laquelle figurent à la fois le portrait d’une amie du peintre et des images stéréotypées féminines trouvées sur Internet.
   
«On faisait des blagues avec Marlène sur le fait qu’elle allait devenir une star, car elle partait étudier aux Beaux-Arts à Paris avec Orland, une artiste très connue pour ses transformations esthétiques sur son propre corps, raconte Patrick Dubé. J’ai donc fait son portrait au pochoir, puis accumulé des images.» Dans son œuvre, l’étudiant joue aussi sur le vieillissement prématuré du support, sur les points de trame. Procédant par collage, peinture, sablage, il choisit parfois de mettre en relief le fond du tableau, comme sur un panneau publicitaire qui aurait passé des semaines au soleil et à la pluie. Une façon pour lui de dénoncer le consommer-jeter qui caractérise bien notre époque. L’artiste s’amuse aussi à brouiller les façons habituelles de regarder une œuvre en multipliant les effets en trompe-l’œil, les flous, en laissant les erreurs l’amener à prendre certaines directions picturales. Le célèbre cow-boy de Malboro allume sa cigarette, par exemple, sur fond de tapisserie en bambou sur bois. Certains détails se découvrent mieux de loin tandis que les strates donnent du relief à l’œuvre.
   
À quelques pas, voilà le buste d’un pape des années 20, le pape Pie XI, installé sur une tablette recouverte d’une fourrure de renard blanc. «Je l’ai trouvé chez ma grand-mère, précise Patrick Dubé, et je l’ai transformé en tirelire, avant de le peindre dans une couleur brillante. Pour moi, cela le fortifie, le sacralise. Déjà, il se trouve sur un socle, ce qui montre son importance.» Comme dans le pop art, l’artiste interroge nos rapports aux icônes en détournant le sens premier des images traditionnelles, en jouant aussi sur leur effet de multiplication. Autre exemple avec Eighties, cette sérigraphie sur papier où le portrait d’une femme aux allures de David Bowie se décline en plusieurs couleurs. Un clin d’œil au style des photos de mode que les années 80 ont répété jusqu’à satiété.
   
Les heures d’ouverture de la Salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins  sont de 9 h à 17 h, du lundi au vendredi. La salle sera également ouverte de 10 h 30 à 16 h, le samedi 17 novembre.

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