Arts

Le grand bond en avant

De 1945 à 1970, du Vieux-Québec à Sainte-Foy, l’Université aura connu une évolution reflétant bien la modernité québécoise

Par : Renée Larochelle
«L’Université Laval forme des chefs d’entreprise, des ingénieurs, des hommes d’affaires indispensables à notre développement. Mais tous s’en rendent compte, il nous en faut davantage. Or, l’an dernier, faute d’espace, l’Université a dû refuser plus de mille étudiants. Nous devons agir: à nous d’apporter la solution. Donnons à Laval!» Figurant sur l’affiche de la campagne de financement lancée en 1948 qui visait à recueillir 10 millions de dollars en quatre ans, ce texte illustre bien l’élan qui animait alors les dirigeants de l’Université. C’était une évidence: trop à l’étroit dans le Vieux-Québec, l’Université devait à tout prix transporter ses pénates sur un terrain plus vaste, en l’occurrence à Sainte-Foy, afin de pouvoir continuer à se développer à la mesure de ses aspirations. Le premier pavillon à être érigé sera le pavillon Abitibi-Price (foresterie), suivi des pavillons Palasis-Prince (commerce) en 1952 et Ferdinand-Vandry (médecine) en 1955. Au cours des décennies suivantes, la cité universitaire s’enrichira de nouvelles constructions et finira par ressembler à ce qu’elle est aujourd’hui. Si l’histoire de l’aménagement et de l’architecture de l’Université Laval vous intéresse, ne manquez pas l’exposition présentée à la Bibliothèque jusqu’au 27 février: Construire la cité universitaire moderne: l’Université Laval, 1945-1970. 

Sortir des murs
«Dès le début des années 1940, monseigneur Ernest Lemieux a proposé que l’Université Laval s’installe sur un terrain qui lui appartenait à Sainte-Foy, explique James Lambert, responsable de l’exposition et archiviste à la Division des archives. Certaines personnes s’opposaient à ce déménagement et auraient voulu que l’Université demeure dans la vieille ville, comme en Europe.» Mais on n’arrête pas le progrès. En 1957, le professeur d’urbanisme Jean Cimon écrira à propos de la cité universitaire en construction qu’il s’agit du plus grand chantier d’urbanisme et d’architecture que la ville de Québec a connu depuis sa fondation en 1608.

Documents d’archives, plans d’architecture, maquettes et objets muséologiques font partie de cette exposition qui devrait ravir les amateurs d’histoire ainsi que tous ceux et celles qui étudient ou travaillent à l’Université sans trop en connaître les débuts. Selon James Lambert, l’exposition permet de saisir l’étroite relation existant entre l’aménagement du campus et le développement urbain de Québec. À cet égard, une photo montrant la route du Vallon (aujourd’hui l’autoroute Robert-Bourassa) longeant le campus illustre à merveille ce rapport. «On voit que l’Université a toujours été ancrée dans la société québécoise et qu’elle en est même le reflet, affirme James Lambert. Avec l’avènement de la modernité au Québec qui s’est traduit par le développement des sciences et des technologies, l’Université n’a pas eu le choix de sortir de ses murs et d’aller de l’avant.»  

L’équipe de spécialistes qui ont travaillé à cette exposition se compose de Guy Dinel, chef de la Division des archives, Madeleine Robin, responsable de la valorisation des Collections à la Bibliothèque, Marie-Josée Riverin, technicienne à la documentation, Elsa Cornet, muséologue, et Régis Pilote, designer d’exposition. Les heures d’ouverture sont du lundi au vendredi, de 10 h à 21 h 30 et de 10 h à 16 h 30, les samedi et dimanche.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!