Arts

La vie en jaune

La pensée réaliste favorise l’adaptation de la personne au cancer en l’amenant à percevoir sa situation telle qu’elle est

Par : Renée Larochelle
Josée Savard, professeure à l'École de psychologie: « Il ne faut pas oublier que le cancer est une maladie très complexe dont on ne connaît pas les causes».
Josée Savard, professeure à l'École de psychologie: « Il ne faut pas oublier que le cancer est une maladie très complexe dont on ne connaît pas les causes».
On ne guérit pas miraculeusement du cancer grâce à la pensée positive comme on ne s’aide certainement pas en entretenant exclusivement des pensées négatives. À mi-chemin entre ces extrêmes, il y a la pensée réaliste qui, si elle ne fait pas vendre des milliers de livres de psychologie populaire, comme c’est le cas pour la pensée positive très en vogue ces dernières années, apparaît toutefois comme la plus efficace pour s’adapter au cancer. Tel est le credo que développe Josée Savard, professeure à l’École de psychologie et chercheuse au Centre de recherche en cancérologie de l’Université, dans un ouvrage intitulé Faire face au cancer avec la pensée réaliste. La couleur des verres correcteurs de la paire de lunettes figurant sur la page couverture du livre paru chez Flammarion illustre d’ailleurs à merveille la façon dont l’auteure voit les choses. Les verres ne sont pas noirs, pour ceux qui seraient tentés d’entretenir des idées sombres, encore moins roses, pour les adeptes de la pensée magique. Ils arborent plutôt une couleur claire, indiquant qu’il faut regarder la situation bien en face, tout en espérant que le meilleur survienne.
   
«La personne malade peut s’avouer qu’un diagnostic de cancer constitue une très mauvaise nouvelle, mais se dire en même temps que plusieurs n’en meurent pas et qu’elle pourrait faire partie du groupe, explique Josée Savard. Je comprends toutefois que l’approche par la pensée positive a quelque chose d’attrayant pour une personne, parce qu’elle lui donne l’impression d’un certain contrôle sur sa santé. Mais il ne faut pas oublier que le cancer est une maladie très complexe dont on ne connaît pas les causes.» Sans compter qu’à trop vouloir penser positivement, on risque de s’empoisonner la vie, signale Josée Savard. Le fait de vouloir écarter à tout prix les pensées négatives est en effet une arme à double tranchant pouvant créer un sentiment de culpabilité chez l’individu qui n’arrive pas, par la force des choses, à chasser complètement ces pensées de son esprit.

Dans son ouvrage, Josée Savard analyse en profondeur tous les aspects psychologiques liés au diagnostic et au traitement du cancer: la culpabilité et la dépression, l’anxiété et la peur de la récidive, la fatigue et la peur de la mort. L’auteure propose également des stratégies concrètes et des conseils pratiques afin de diminuer la détresse psychologique et d’améliorer la qualité de vie.

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