Arts

À quatre mains

Une installation de Dgino Cantin et de Jean-Philippe Roy à la Galerie des arts visuels

Par : Pascale Guéricolas
L’aventure artistique de Dgino Cantin et de Jean-Philippe Roy a démarré par une chaise. Une chaise toute bête, appuyée les deux pattes en l’air, sur un des murs de la Galerie des arts visuels. C’est elle qui donne le signal de départ du voyage visuel concocté par les deux artistes. La chaise conduit à une série de sculptures et de détails en bois installés à la mi-hauteur sur deux murs de la salle blanche. Ce long chemin composé de collages et de volumes architecturaux peut très bien symboliser la distance physique entre les deux hommes et les accidents du paysage vus de la route. Installé à Saint-Marcellin dans le Bas-Saint-Laurent, Jean-Philippe Roy connaît bien son collègue de Québec, Djino Cantin, depuis leurs études à la maîtrise en arts visuels terminées en 2004. «Au départ, nous voulions bâtir une exposition en dialoguant autour des mesures sur les sculptures que l’autre aurait faites, explique Djino Cantin. Finalement, le projet a évolué.»

Le duo s’est rencontré à plusieurs reprises pour créer une installation commune. Avec «Chaque instant depuis cette chaise est un pas vers toi», il devient difficile de reconnaître la paternité de telle ou telle œuvre. Une grande partie du travail a d’ailleurs connu son aboutissement dans la Galerie des arts visuels. En témoigne cette construction en préfini qui recouvre et relie deux grandes colonnes de la salle, comme pour rappeler à plus grande échelle le chemin de bois construit au mur. Au-dessus de cette construction architecturale comme les aime Jean-Philippe Roy, se trouve un empilement de blocs de bois où certaines formes rappellent, en modèle réduit, les grands éléments fixés au mur. Un peu plus loin, Djino Cantin a tapissé les cabanes d’oiseaux que son collègue artiste a installées au mur, parfois le toit en bas. L’un a apporté un guéridon, l’autre l’a prolongé avec des madriers. À quelques pas, un manche de bois sculpté devient partie intégrante d’une œuvre qui repose sur un socle fait à partir d’un seau métallique. Bref, la création s’est faite à quatre mains et à deux têtes.

«Cette installation nous a permis de nous interroger sur la notion de droit d’auteur et sur la façon de développer un autre langage, raconte Dgino Canto. Je suis intuitif; Jean-Philippe est plus réfléchi. Travailler avec lui me donne donc accès à la réalisation de sculptures que n’aurais jamais faites seul.» «J’ai un peu adopté l’esprit ludique de Dgino en utilisant des retailles enjolivées par du ruban adhésif ou en mettant comme lui des pièces bout à bout, témoigne Jean-Philippe. Cela nous fait sortir de notre pratique respective.» En parcourant l’installation, le public qui connaît leur travail peut donc retrouver la marque personnelle de chaque artiste métissée de l’influence de son complice. Les autres visiteurs observent pour leur part la répétition de certaines formes à échelles différentes ou simplement l’ingéniosité des collages. Manifestement très heureux de l’expérience, le duo a l’intention de récidiver prochainement dans un autre lieu d’exposition. Il faudra alors modifier l’installation pour qu’elle s’adapte au nouveau contexte.     L’installation «Chaque instant depuis cette chaise est un pas vers toi» est présentée jusqu’au 22 avril à la Galerie des arts visuels située au 255 boulevard Charest Est. Le local est ouvert du mercredi au vendredi de 11 h 30 à 16 h 30 ainsi que les samedi et dimanche de 13 h à 17 h.

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Québec (Québec) G1V 0A6

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