
Le vice-recteur exécutif et vice-recteur aux ressources humaines et aux finances, André Darveau, la rectrice Sophie D'Amours et le vice-recteur aux infrastructures et à la transformation, René Lacroix ont répondu aux questions du public. À gauche, Simon La Terreur, directeur adjoint – relations publiques et médias d'ULaval communications, animait la rencontre.
— Yan Doublet - Université Laval
L'Université Laval vit sa plus importante période de transformation depuis la création du campus au début des années 1950. Grues, chantiers et équipes de travail redessinent le paysage du campus. Les projets immobiliers majeurs en cours, d'une valeur de 206 M$, et les autres à venir cette année marquent une étape déterminante pour définir l'Université de demain.
Ces chantiers transforment profondément le quotidien des membres de la communauté. La direction se dit consciente des désagréments temporaires qu'ils occasionnent, notamment en matière d'accessibilité, de stationnement ou de cohabitation des usages.
D'ailleurs, des associations étudiantes et organisations syndicales ont exprimé le souhait de mieux comprendre le processus décisionnel entourant les grands projets de transformation. Dans un esprit de transparence et pour mieux informer sa communauté, la direction a tenu le mercredi 15 avril une rencontre afin de revenir sur le cheminement des projets, les processus décisionnels et l'orientation de la vision immobilière.
«Le but est d'expliquer comment sont planifiés les projets de leur idéation à leur réalisation: autant les projets de construction que les projets de transformation comme ceux des services alimentaires et du stationnement», a lancé d'entrée de jeu, la rectrice Sophie D'Amours.
Au cœur de cette transformation se trouve la volonté claire d'offrir des milieux d'enseignement, de recherche, de vie et de travail à la hauteur des attentes actuelles et futures.
«Qu'il s'agisse de doter le Complexe scientifique de l'Institut nordique d'infrastructures de calibre international, de créer des espaces de simulation inexistants avec le Carrefour international Brian-Mulroney ou d'agrandir le pavillon des Sciences de l'éducation pour offrir des locaux adaptés à l'enseignement de pédagogies nouvelles, chaque projet est soumis aux mêmes exigences de rigueur, de pertinence et de viabilité financière», rassure Sophie D'amours.
Des budgets distincts
À ce sujet, le vice-recteur exécutif et vice-recteur aux ressources humaines et aux finances, André Darveau, a tenu à préciser la source de financement de ces projets.
«J'aimerais que les gens retiennent qu'on ne peut pas prendre de l'argent du fonds de fonctionnement, qui sert uniquement pour atteindre les objectifs fondamentaux de l'Université: l'enseignement, la recherche et les services à la collectivité. Les projets majeurs sont plutôt financés à partir du fonds des immobilisations. Cet argent provient de sources gouvernementales et est destiné à l'usage exclusif des projets qui font l'objet d'une entente de financement.»
La phase de transformation actuelle s'inscrit dans le contexte où l'âge moyen des pavillons atteint près de 60 ans. «Le campus évolue et doit se moderniser. Les projets en cours émanent de besoins clairement exprimés par la communauté universitaire et sont inscrits au Plan directeur immobilier (PDI). Ce n'est pas nous qui décidons seuls dans un bureau. Ils ont été longuement attendus. On doit en être fiers», rappelle la rectrice.
Ces projets, ajoute-t-elle, ont souvent été obtenus à «l'arrachée». Dans le cas de l'Institut nordique du Québec, il aura fallu 14 ans avant sa mise en fonction, prévue en 2026. «Lorsque le gouvernement dégage le budget pour un projet, nous avons le devoir d'en profiter pour développer le campus et répondre aux besoins exprimés.»
Un plan, une vision
Le vice-recteur aux infrastructures et à la transformation, René Lacroix, partage cette vision. Selon lui, il est essentiel de développer le campus, même si l'Université Laval est confrontée, comme les autres, à un déficit de maintien des actifs. En effet, le budget d'entretien des anciens bâtiments est indépendant de celui des nouvelles constructions.

Le vice-recteur aux infrastructures et à la transformation, René Lacroix, a expliqué à l'aide d'un plan du campus les différents chantiers en cours et à venir.
— Université Laval, Yan Doublet
Le PDI, adopté en 2024 au terme de quatre ans de réflexion et de consultation, articule ces deux volets de maintien d'actifs et de développement. Le Plan repose sur un vaste processus participatif qui a mobilisé plus de 3500 répondantes et répondants, et a accueilli des dépôts de mémoires ainsi que de nombreux échanges avec les différentes composantes de la communauté universitaire. Il établit les grandes orientations du développement du campus pour les prochaines décennies dans le seul but de servir la mission académique, scientifique et sociale de l'Université.
Des défis à relever
Ce qui apparait comme d'excellentes nouvelles pour l'avenir du campus comporte aussi son lot de difficultés. «Nous vivons un défi de mise en œuvre, reconnaît la rectrice Sophie D'Amours. La pandémie, le report de certains projets, les ajustements de calendrier liés au tramway sont un ensemble de circonstances qui ont modifié la séquence initialement prévue. Cela peut complexifier le quotidien, mais il s'agit d'une étape transitoire vers un campus mieux adapté aux besoins futurs.»
«Il n'y a rien de caché, insiste-t-elle. Le Plan directeur immobilier est public, les décisions sont documentées et nos instances sont composées de membres de la communauté universitaire comme les professeurs, étudiants et membres du personnel. Nous avons une responsabilité collective de nous approprier l'information et de poursuivre le dialogue.»
À ce chapitre, son administration s'engage à communiquer de façon plus efficace la nature des transformations en cours, l'état des travaux et leurs impacts, surtout avec le début des travaux du tramway aux alentours de l'Université. D'ici peu, les membres de la communauté recevront une communication par courriel toutes les deux semaines. Il y aura aussi la création d'une page Web.
Mieux communiquer, oui. Mais aussi, maintenir le rythme de consultation, renchérit René Lacroix. Il prend en exemple le sondage réalisé à l'automne 2025 sur les quartiers universitaires. «On voulait connaître le pouls de la communauté et éliminer les angles morts. Quelqu'un a levé un drapeau rouge pour tenir compte des terres [la Ferme campus, NDLR] qui servent à la recherche et l'enseignement. Aujourd'hui, on discute avec les personnes concernées. On va s'ajuster.»
De plus, il annonce une série de conférences à l'automne avec des personnes expertes dans le domaine de l'aménagement urbain et autres domaines connexes, qui alimenteront la réflexion sur la meilleure façon de développer les quartiers universitaires si ce projet, qui en est encore à ses débuts, va de l'avant.
Au-delà des inconvénients qu'entraînent ces transformations, la direction de l'Université Laval assume la nécessité d'agir maintenant. «La société s'attend à ce que les universités préparent l'avenir, conclut Sophie D'Amours. Ces transformations sont exigeantes, mais elles sont guidées par une vision claire de bâtir un campus durable, inclusif et à la hauteur de sa mission pour les générations à venir.»
Pour en savoir plus:
Visitez la page sur les projets d'infrastructures de l'Université
Visionnez l'enregistrement intégral de la rencontre d'information:

















