12 mai 2026
Un groupe de leaders socioéconomiques, appuyé de dirigeants d’entreprises, se mobilise et appelle à l’action pour l’élaboration d’un plan talents pour le Québec
Après plusieurs mois de travail et de consultations auprès d'experts internationaux et d’acteurs provenant de différents domaines de la société québécoise, un collectif réunissant différents acteurs socioéconomiques propose que le Québec se dote des outils pour planifier le développement des talents sur le long terme

Le collectif est composé de personnalités au leadership reconnu qui ont une perspective éclairée sur ce que devrait être la planification de la main-d'œuvre au Québec.
— Getty Images/NanoStockk
En raison de transformations technologiques, économiques, géopolitiques et démographiques profondes, le monde du travail s'apprête à connaître des changements sans précédent. Les signes sont déjà là. Dans ce contexte, notre prospérité collective dépend plus que jamais de notre capacité à anticiper ces changements, à désigner les compétences clés, ainsi qu'à former, à mobiliser et à attirer les talents qui permettront de façonner l'avenir du Québec.
Conscients de ces défis, les membres du collectif Mission talents Québec ont uni leurs forces pour lancer l'élaboration d'un plan talents pour le Québec. Cette initiative vise à définir un cadre structurant qui orientera le développement des compétences sur le long terme.
Pendant plusieurs mois, une vaste démarche de consultation a été menée, à commencer par des entretiens avec des experts nationaux et internationaux portant sur les meilleures pratiques. Des tables rondes et groupes de discussion tenus à Montréal, Saguenay et Québec ont rassemblé et permis d'entendre près d'une centaine de leaders de différents milieux socioéconomiques, éducatifs et culturels.
«Le monde du travail change à vitesse grand V. Dans les prochaines années, nous vivrons l'un des plus grands changements depuis la révolution industrielle. Le Québec doit se mobiliser pour être à l'avant-garde de cette transformation, explique la rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours. J'ai d'abord contacté mon homologue de l'UdeM. Nous avons ensuite réuni plusieurs acteurs de la société. Les échanges ont été riches et les idées nombreuses. Nous devons faire en sorte que tous puissent contribuer au maximum de leur potentiel à notre avenir collectif. Pour réussir, un plan talents pour le Québec s'avère non seulement une bonne idée, mais une action nécessaire.»
«Au cours des travaux, nous avons réalisé que la planification de la main-d'œuvre repose encore largement sur des constats basés sur les besoins immédiats plutôt que sur des analyses prospectives robustes. Il faut aussi mieux coordonner les efforts de planification. Ce que nous souhaitons offrir avec ce projet, c'est un cadre permettant de nous doter des éléments de prospective et de la capacité de mieux répondre aux besoins futurs des organisations, petites et grandes, peu importe leur région. Nous sommes convaincus qu'une vision à long terme est nécessaire et que nous devons miser sur l'innovation, la polyvalence et l'évolution des compétences», ajoute Daniel Jutras, recteur de l'Université de Montréal.

La rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours, le recteur de l'Université de Montréal, Daniel Jutras, et Guy Cormier, PDG sortant du Mouvement Desjardins sont membres du collectif Mission talents Québec.
Collectif Mission talents Québec
Ce collectif est composé de personnalités au leadership reconnu, des experts et gestionnaires chevronnés qui ont une perspective éclairée sur ce que devrait être la planification de la main-d'œuvre au Québec. Parmi eux, Guy Cormier, PDG sortant du Mouvement Desjardins. «Le contexte économique, social, environnemental et géopolitique exige que nous devenions meilleurs pour planifier le développement de nos talents et assurer notre prospérité à long terme. Pour relever les défis actuels et ceux du futur, le Québec n'a pas les moyens de perdre un seul talent», assure-t-il.
Les autres membres du collectif sont:
Pierre Fortin, économiste
Christiane Germain, coprésidente et cofondatrice de Germain Hôtels, et présidente du conseil d'administration de Santé Québec
Jean Houde, président du conseil d'administration de l'Université Laval
Bernard Labelle, administrateur de sociétés et ancien vice-président exécutif et chef de la direction des ressources humaines chez CGI
Frantz Saintellemy, chancelier de l'Université de Montréal
Francis Verreault-Paul, chef régional de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador
Recommandations
Former, développer et mobiliser le talent de façon adéquate est une responsabilité partagée. Cela exige la mobilisation concertée des entreprises, gouvernements, syndicats, milieux éducatifs (primaire, secondaire, collégial, universitaire) et autres partenaires institutionnels. Assurer une coordination et briser les silos entre les différents milieux et secteurs est essentiel.
Dans cette perspective, le collectif formule trois recommandations qui permettront au Québec de s'inscrire parmi les nations avant-gardistes:
La mise en place d'une structure non gouvernementale, Mission talents Québec, dont le mandat serait de mobiliser les employeurs, les établissements d'enseignement et l'ensemble de la société québécoise en matière de développement des talents, et de coordonner l'action dans une perspective à moyen et à long terme.
La mise sur pied d'une cellule prospective (think tank) sur les talents. Rattachée à la structure Mission talents Québec, elle aurait pour mission d'éclairer les décisions en surveillant et analysant l'évolution des besoins du monde du travail.
Le lancement d'appels de projets en matière de formation et d'apprentissage pour les entreprises et organismes. Une façon agile de répondre aux besoins particuliers des secteurs, de permettre l'expérimentation et de tenir compte des réalités du terrain.
Visitez notre site Internet pour en apprendre davantage sur cette initiative, de même que sur les leaders québécois qui l'appuient.





















