
André Darveau, vice-recteur exécutif et vice-recteur aux ressources humaines et aux finances, et la rectrice Sophie D'Amours, pendant l'entrevue à ULaval nouvelles.
— Yan Doublet - Université Laval
«Nous allons dans la bonne direction. En deux ans et demi, nous avons déjà accru l'impact de l'Université Laval. Cent cinquante-neuf projets provenant des chantiers transformateurs ont été acceptés et financés. Cent sont terminés. Ils viennent des étudiants, des services, du rectorat et des vice-rectorats, et des facultés.»
La rectrice Sophie D'Amours s'est montrée très satisfaite du bilan de mi-parcours du Plan institutionnel ULaval 2023-2028: Agir ensemble pour plus d'impact, lors d'une entrevue accordée récemment à ULaval nouvelles. Le vice-recteur exécutif et vice-recteur aux ressources humaines et aux finances, André Darveau, y participait également.
Pour rappel, le Plan institutionnel ULaval 2023-2028 a été lancé le 27 septembre 2023 à l'atrium du pavillon Charles-De Koninck devant quelque 300 personnes. Ce document était l'aboutissement d'une longue consultation à laquelle avaient participé plus de 700 personnes et groupes. Il repose sur deux types d'initiatives: 6 grands chantiers transformateurs et 14 cadres d'action.
Les projets relatifs aux grands chantiers transformateurs proviennent à 8% des étudiantes et étudiants, 24% des services, 28% du rectorat et des vice-rectorats, et 39% des facultés.
Parmi les projets réalisés, mentionnons la création du MOOC (massive open online course, aussi appelé formation en ligne ouverte à tous) Cultiver la reconnaissance au travail, la série vidéo La science, pas si compliquée!, le Grand Défi Pierre Lavoie – qui a fait de l'Université Laval le fer de lance de sa nouvelle formule du 1000 kilomètres à vélo –, l'amélioration du processus de publication des offres de stage, Mon labo écoresponsable ULaval, et des cours avec sous-titrage automatique pour toutes et tous.
«Préparer l'université du futur»
«Ces chantiers, avait déclaré la rectrice en 2024, ont pour objectif commun des changements rapides, mais aussi des changements à plus long terme. Ils visent à modifier positivement nos processus, nos habitudes, nos espaces et nos approches pour mieux faire, pour préparer l'université du futur. Nous devons réfléchir autrement et agir dès maintenant pour rester dans le peloton de tête.»
Lors du lancement du Plan, André Darveau avait indiqué que «les chantiers font appel à notre expertise, à notre savoir-faire, à notre interdisciplinarité, à notre créativité et à notre goût d'améliorer et de transformer nos façons de faire. Cet exercice se veut dynamique et évolutif. De multiples possibilités de synergies avec les projets déjà en place ou en gestation à l'Université Laval sont possibles.»
«C'est très innovant cette idée de chantier transformateur, a expliqué Sophie D'Amours à ULaval nouvelles. Une diversité de membres de notre communauté universitaire désire essayer de nouvelles choses. Un peu comme un laboratoire vivant. On va les essayer. Si elles sont porteuses, on va les recommander pour qu'on puisse travailler, au fil du temps, à leur déploiement.»
Selon elle, il ne faut pas oublier que certains projets avaient démarré bien avant le Plan. Elle cite en exemple le chantier consacré aux études tout au long de la vie. «Nous avons amené ce dossier à un autre niveau, a-t-elle soutenu. Il s'inscrivait beaucoup en marge des activités de l'Université, sur une voie parallèle. Aujourd'hui, cette activité est au cœur de notre établissement. Nous accueillons autant d'apprenants inscrits à de la formation continue que d'étudiants inscrits à des programmes de grade [baccalauréat, maîtrise, doctorat].»
Elle a ajouté qu'«une porte s'est ouverte et elle va s'ouvrir encore plus. Les professionnels que l'on a formés veulent revenir pour continuer d'apprendre dans un monde où il y a tellement de changements, de transitions à opérer en même temps. Il est assez inévitable qu'on doive rester curieux pour s'ouvrir à des domaines différents, à des idées nouvelles.»
Des initiatives porteuses
Parmi les initiatives structurantes réalisées jusqu'à maintenant, la rectrice met de l'avant un cadre d'action intitulé Coconstruire des solutions et entretenir des partenariats durables. Cette démarche a notamment permis l'ouverture du Cercle des Premiers Peuples, un lieu accueillant où les étudiantes et étudiants autochtones peuvent étudier, échanger et renouer avec leurs savoirs, tout en ayant un soutien adapté à leur parcours universitaire. S'ajoutent la mise en place de nouveaux programmes de formation, comme le cours Langue et culture innues, ou la construction de logements sur le campus, spécialement conçus pour répondre aux besoins des membres des Premiers Peuples.
«Ce cadre d'action est très important pour nous, a souligné Sophie D'Amours. C'est assez extraordinaire ce qui se passe dans notre effort de réconciliation. Il y a quelques années, les étudiants nous disaient qu'ils ne se sentaient pas chez eux. Ils ne voulaient pas dire qu'ils étaient autochtones. Maintenant ils disent: c'est notre université, on a notre place. Ces témoignages me rendent tellement fière. Cette jeunesse autochtone est brillante, créative. Elle arrive avec un bagage intellectuel très riche et différent du nôtre qu'elle vient enrichir. Les logements pour ces étudiants sont un bel exemple d'une action structurante.»
Les grands défis émergents
Selon André Darveau, le Plan institutionnel a été conçu notamment en fonction de grands défis émergents, comme l'incertitude climatique, les contraintes géopolitiques et la transformation numérique. «Je pense qu'on avait vu juste, a-t-il expliqué. Dans le cas de l'intelligence artificielle, son arrivée modifie complètement le numérique. Le Plan a permis des transformations. Par exemple, on a mis sur pied une année de la littératie en intelligence artificielle pour que chacun puisse être à l'aise d'utiliser cette technologie.»
Le vice-recteur compare le déploiement du plan à un banc d'essai. «Le Plan comportait une part d'inconnu, a-t-il dit. C'était un peu un saut dans le vide. Cela a été drôlement payant quand on regarde tout ce qui a été fait parce que beaucoup de personnes se sont impliquées. C'est ça, l'Université Laval: travailler avec notre monde et mettre de l'avant des projets qui fonctionnent, au bénéfice de notre communauté et de la population en général.»
Des réalisations qui se veulent durables
Et la seconde partie du plan quinquennal? «Je pense que l'impulsion est clairement donnée, a répondu Sophie D'Amours. De plus, dans moins d'un an, ce sera la course au rectorat. Il y aura des discussions sur l'avenir du campus. C'est inévitable qu'on parlera du prochain Plan, lequel se mettra en marche dans l'année qui suivra l'élection.»
Le bilan de mi-parcours insiste sur l'importance du maintien de la mobilisation. On rappelle que la réussite du Plan repose sur l'engagement de personnes issues de l'ensemble des secteurs de l'Université. «Il importe de reconnaître l'interdépendance de ces expertises, est-il écrit. […] Une attention soutenue doit également être accordée à l'écoute des besoins des étudiantes et étudiants en lien avec leurs défis, leurs parcours et leurs réussites.»
La rectrice a conclu l'entretien en disant: «J'ai confiance qu'on a réalisé quelque chose de durable.»
Consultez le Bilan de mi-parcours de l'Université Laval

















