23 avril 2026
Université Laval et Université Côte d'Azur: 10 ans de collaboration et un nouveau plan scientifique ambitieux
Une délégation de l'Université Laval est à Nice afin de souligner un partenariat privilégié avec Université Côte d'Azur et de renouveler cette entente pour cinq ans autour de quatre axes de recherche

Le président d'Université Côte d'Azur, Jeanick Brisswalter, et la rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours, le 23 avril, dans le cadre de la visite
— Courtoisie Université Côte d’Azur
Jusqu'au 24 avril, des membres de la direction et du corps enseignant de l'Université Laval prennent part, à Nice, en France, à une rencontre avec Université Côte d'Azur. Cette université figure parmi les grands établissements de recherche à rayonnement international en France. La rencontre vise à souligner 10 années de collaboration et à jeter les bases de la prochaine étape de ce partenariat majeur.
Le renouvellement de l'entente, qui s'étendra de 2026 à 2030, repose sur un plan stratégique de développement structuré autour de quatre axes thématiques: l'intelligence artificielle et la robotique, la santé et le vieillissement, les industries culturelles et créatives, ainsi que l'environnement et le territoire.
«Nous avons tissé des liens étroits et durables, explique la rectrice Sophie D'Amours en entrevue à ULaval nouvelles. Nous avons pris le temps de nous connaître avant de réaliser des projets ensemble. Nous sommes deux universités généreuses et bienveillantes l'une envers l'autre. Nous avons partagé nos savoir-faire et des valeurs communes, notamment notre fort ancrage dans nos milieux et notre impact sociétal. Nous arrivons maintenant à une étape où nous serons encore plus ambitieuses.»
Cette ambition s'appuie sur un travail préparatoire amorcé lors de la visite de renouvellement de l'accord à Québec, il y a quatre ans, d'une délégation d'Université Côte d'Azur menée par son président, Jeanick Brisswalter. Celui-ci avait alors évoqué le souhait d'amplifier la collaboration existante et de définir de nouvelles thématiques à travailler conjointement dans l'avenir. «Mission accomplie», estime-t-il aujourd'hui.

En 2022, Sophie D'Amours et Jeanick Brisswalter ont signé le renouvellement de l'accord de partenariat privilégié entre les deux établissements, à Québec.
«Les deux universités présenteront un plan stratégique scientifique commun sur cinq ans, précise Jeanick Brisswalter en parlant de la rencontre en cours. Nous avons défini quatre axes de développement avec, de part et d'autre, des porteurs d'axe et des actions identifiées. Les choix conviennent aux deux universités. Nous disposons maintenant d'un cadre scientifique extrêmement structuré que l'on peut mettre en œuvre.»
De l'IA à l'environnement
Les deux universités sont prêtes à faire face aux défis qui émergent et l'interdisciplinarité demeurera au cœur des projets de recherche, soutient la rectrice. «Nous avons démontré notre capacité à mener des études faisant intervenir différentes disciplines. Ce savoir-faire est important pour l'avenir. Il faut encourager la mobilisation des connaissances en favorisant la coconstruction.»
Elle rappelle que les deux universités ont commencé à développer des compétences particulières en intelligence artificielle (IA) dans les objets connectés.
«L'IA est un défi dont on parle beaucoup, renchérit Jeanick Brisswalter. C'est celui de l'arrivée massive de l'intelligence artificielle dans toutes les pratiques. Ce défi à venir, dans lequel nos deux universités vont jouer un rôle, consistera à produire des connaissances qui vont permettre aux citoyens et aux politiques de mieux appréhender la réalité. Il y a nécessité de remettre le fait scientifique au centre de la décision politique, au centre du discours.»
La proximité des deux établissements avec l'eau et des milieux aquatiques nourrit également la collaboration en matière d'action climatique. «À Nice, ils ont la Méditerranée à leur porte. Nous avons le fleuve Saint-Laurent», souligne Sophie D'Amours.
Janick Brisswalter ajoute que l'environnement naturel comme l'environnement urbain préoccupent les Canadiens comme les Français. «L'axe de recherche Environnement et territoire cherchera à identifier des pratiques innovantes en ce qui touche à la gouvernance, indique-t-il. Université Côte d'Azur a récemment lancé une chaire de recherche sur l'eau. Elle touche notamment à des problématiques de gestion de l'eau. On souhaite vraiment travailler avec l'Université Laval sur la gouvernance comme moteur de la protection environnementale.»
Une décennie de réalisations
Les 10 dernières années de partenariat ont été fertiles en réalisations et ont donné lieu à des retombées concrètes et mesurables. Les deux universités comptent 138 publications scientifiques conjointes, 48 projets de recherche menés en collaboration, la création de laboratoires internationaux associés ainsi que de 3 chaires de leadership en enseignement. Plus de 100 professeurs des deux universités ont contribué au développement du partenariat, 30 missions ont été effectuées entre Québec et Nice au cours de cette période et plus de 200 étudiantes et étudiants en médecine d'Université Côte d'Azur ont suivi le cours en ligne Info-Critique, élaboré à l'Université Laval, visant le renforcement des capacités en recherche et en lecture critique. Au total, 12 facultés ont pris part aux différents projets de recherche.
Pour Janick Brisswalter, le plus grand résultat de la décennie passée est d'avoir réussi à structurer une relation internationale prolongée entre deux universités. «Aujourd'hui, poursuit-il, nous avons construit un modèle de relation internationale qui ensuite irrigue des résultats scientifiques. Pour moi, il s'agit véritablement d'un succès. Construire un partenariat privilégié, c'est installer la confiance et créer de la mobilité. En bref, créer une dynamique.»
Une relation aussi humaine qu'institutionnelle
La rencontre de Nice comprend également la remise d'un doctorat honorifique par l'Université Laval à un professeur d'Université Côte d'Azur, chercheur de pointe en sciences du vivant et pionnier de la pharmacologie moléculaire, Michel Lazdunski. «Par ce geste d'amitié, explique Sophie D'Amours, nous voulons souligner la carrière impressionnante de Michel Lazdunski, d'autant plus qu'il a débuté celle-ci à l'Université Laval, après des études de doctorat dans notre établissement, comme une boucle qui l'unit à nos deux institutions. C'est une belle symbolique.»
Le président d'Université Côte d'Azur a par ailleurs tenu à souligner le rôle déterminant de Marie-Andrée Doran, adjointe du vice-recteur aux affaires internationales et au développement durable, dans l'existence et la consolidation du partenariat. La rectrice a, de son côté, salué le «leadership visionnaire» de Jeanick Brisswalter.
«C'est toujours agréable avec l'Université Laval, conclut ce dernier. Ce sont des amis maintenant. On reçoit la famille.»



















