
Jean Charest, ancien premier ministre du Québec et membre du comité directeur du Conseil commercial Canada–États-Unis, en conversation avec la rectrice Sophie D'Amours
— Dany Vachon
L'union des forces est nécessaire pour que le Québec et le Canada puissent tirer leur épingle du jeu dans un monde instable et chaotique. Il est temps d’adopter un changement de posture radical dans nos relations internationales.
Ce type de constat, partagé par plusieurs intervenants, a alimenté les discussions à la conférence «Du choc à la transformation: repenser la politique économique extérieure du Canada», qui s'est tenue à l'Université Laval du 29 avril au 1er mai.
«Cette conférence tombe à point, soit un an après l'arrivée de Mark Carney au pouvoir et au moment où on est sur le point d'amorcer la révision de l'accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique. On doit réfléchir stratégiquement à l'avenir de notre pays, alors que plusieurs pays se referment, entrent dans une logique de rivalité, qu'il y a des dérives autoritaires et que les organisations internationales sont en panne de leadership», exprime Jonathan Paquin, directeur de l'École supérieure d'études internationales (ESEI), en entrevue avec ULaval nouvelles.
Organisée par l’ESEI, en collaboration étroite avec le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF), cette rencontre majeure a réuni plus de 200 participants et participantes, de même que 30 conférenciers et conférencières de renom.

Plus de 200 participants et participantes et une trentaine de conférenciers et conférencières de renom ont assisté à la rencontre sur 3 jours.
— Dany Vachon
Grandes personnalités publiques
Jean Charest, ancien premier ministre du Québec et membre du comité directeur du Conseil commercial Canada–États-Unis, a ouvert le bal en partageant ses réflexions lors du cocktail de bienvenue, le 29 avril. Le lendemain matin, Christopher Skeete, ministre des Relations internationales et de la Francophonie, a exposé sa vision du Québec à l'international, juste avant une conversation axée sur des solutions entre Henri Paul Rousseau, délégué général du Québec à Paris, et Sophie D'Amours, rectrice de l'Université Laval.
Jonathan Paquin, directeur de l'École supérieure d'études internationales, Christopher Skeete, ministre des Relations internationales et de la Francophonie, la rectrice Sophie D'Amours et Henri Paul Rousseau, délégué général du Québec à Paris
— Dany Vachon
Après une série d'ateliers scientifiques et un lunch-conférence mettant en vedette Stéphane Dion, ancien professeur, homme politique et diplomate canadien, la journée du 30 avril s'est conclue par un banquet au Musée national des beaux-arts du Québec. Mark D. Wiseman, ambassadeur du Canada aux États-Unis, était le conférencier invité de Louise Blais, émissaire du Québec dans le cadre de la révision de l'ACEUM et ancienne ambassadrice du Canada auprès des Nations unies.

Jonathan Paquin animait le lunch-conférence mettant en vedette Stéphane Dion, ancien professeur, homme politique et diplomate canadien.
— Dany Vachon

Louise Blais, émissaire du Québec dans le cadre de la révision de l'ACEUM, ancienne ambassadrice du Canada auprès des Nations unies et diplomate en résidence, avec Mark D. Wiseman, ambassadeur du Canada aux États-Unis
— Dany Vachon
Le 1er mai, des tables rondes réuniront des personnalités des milieux industriel et économique. Kim Thomassin, première vice-présidente et cheffe, Québec à La Caisse, animera le lunch-conférence de clôture.
Jonathan Paquin se montre très satisfait d'avoir pu attirer à Québec autant de personnalités publiques. «La plupart des gens que nous avons contactés ont dit oui», ce qui démontre selon lui le «dynamisme et l'ambition» de l'ESEI. «Il est normal et souhaitable que les grandes discussions nationales canadiennes sur l'avenir soient menées aussi en français et par des chercheurs francophones», ajoute-t-il.
Des questions centrales comme la souveraineté numérique du Québec et du Canada, de même que la diversification de l'économie, ont été débattues lors de cette conférence interdisciplinaire. Jonathan Paquin souhaite qu'en plus de susciter des discussions franches et de créer des liens, ce grand rendez-vous puisse être «un tremplin». «Si on est capables d'influencer les décideurs en bout de ligne, ce sera une bonne chose.»
Idée de départ
Souhaitant organiser une autre grande conférence en collaboration avec le MRIF, à l'image de celle qui a eu lieu en 2024 sur la sécurité alimentaire, l'idée de départ de l'ESEI était de «célébrer le libre-échange», en soulignant le 40e anniversaire du Sommet Shamrock, qui a eu lieu à Québec en 1985 entre Ronald Reagan et Brian Mulroney.
«Évidemment, quand le président Trump est arrivé, qu'il s'est mis à imposer des tarifs et qu'il a menacé notre souveraineté, les choses se sont précipitées et on a revu complètement le thème de l'événement», raconte Jonathan Paquin.
Il souligne le «superbe travail» du comité scientifique de l'événement, composé des professeurs de l'Université Laval Yan Cimon, Érick Duchesne, Richard Ouellet et Jean-Michel Marcoux, de même que de la diplomate en résidence Louise Blais.
D'autres grands événements de ce type sont dans les cartons de l'ESEI pour les prochaines années. «Quand le Carrefour international Brian-Mulroney sera construit sur le campus, ça viendra renforcer et faciliter l'organisation de ces événements-là», conclut-t-il.




















