
Cédric Glode, étudiant en sociologie et président du RADIS, et Louis McNeil, copropriétaire du groupe COSMOS, au pavillon Alphonse-Desjardins, dans l'espace qui deviendra le Carrefour solidaire dès septembre 2026. Le RADIS et le Cosmos proposeront à la rentrée des services alimentaires qui se compléteront bien et qui seront au cœur du nouvel écosystème alimentaire de l'Université Laval.
— Yan Doublet
Un carrefour et une épicerie solidaires, des espaces gourmands avec des menus différents selon les pavillons, des frigos intelligents accessibles à toute heure et plusieurs cafés étudiants s'inscrivent dans la nouvelle expérience alimentaire qu'offrira le campus dès septembre prochain.
Fruit d'une vaste réflexion collective, la nouvelle offre alimentaire répond à des attentes déterminées après des consultations auprès de la communauté universitaire. Le projet mis en place par le Cosmos – une entreprise expérimentée dans la restauration à Québec – vise notamment à diversifier l'offre alimentaire et à bonifier l'efficacité par l'usage de technologies récentes, alors que celui du Rassemblement pour l'alimentation durable et l'innovation solidaire (RADIS) – une organisation étudiante à but non lucratif – promet de contrer l'insécurité alimentaire étudiante et d'encourager l'approvisionnement local.
«De plus, avec les nouveaux Espaces repas, on voulait également créer des lieux où les gens auront du plaisir à se rassembler», souligne René Lacroix, vice-recteur aux infrastructures et à la transformation, qui chapeaute la transformation de l'écosystème alimentaire sur le campus.
Diversifier les mets et les saveurs à travers le campus
«Un des commentaires qui est ressorti des consultations, c'est qu'on mangeait la même chose partout, que l'on soit aux pavillons Palasis-Prince, Charles-De Koninck ou Ferdinand-Vandry. On veut donc instaurer une nouvelle dynamique sur le campus et inciter les gens à le parcourir pour explorer une offre alimentaire différente d'un pavillon à l'autre», explique René Lacroix.
Ce défi a été lancé au Cosmos, qui sera responsable des Espaces gourmands, situés aux pavillons Charles-De Koninck, Ferdinand-Vandry et Alexandre-Vachon ainsi que des Stations gourmandes, situées aux pavillons Paul-Comtois, Palasis-Prince et Louis-Jacques-Casault.
«J'adore les concepts thématiques et, là, j'en lance quelques-uns en même temps», s'exclame Louis McNeil, copropriétaire du groupe Cosmos, qui se dit très excité par le nouveau projet. Au pavillon Charles-De Koninck, le concept sera celui d'un marché fraîcheur avec des salades, des poke bowls et des sandwichs. «On y offrira également des déjeuners Cosmos ainsi que des menus du jour santé à moins de 15$», précise le restaurateur. Au pavillon Ferdinand-Vandry, le concept sera asiatique, avec des ramens, des sautés et du poulet général Tao, alors qu'au pavillon Alexandre-Vachon, il s'approchera davantage du casse-croûte, avec du poulet frit sous vide «dans le style de Chick-Fil-A». Les stations gourmandes, quant à elle, seront d'inspiration italienne et mexicaine. Un programme de fidélisation, avec des promotions, encouragera la clientèle à essayer les différents Espaces repas Cosmos du campus.

Les maquettes de quatre concepts thématiques du Cosmos: en haut à gauche, le marché fraîcheur au pavillon Charles-De Koninck; en haut à droite, la cuisine de rue asiatique au pavillon Ferdinand-Vandry; en bas à gauche, le casse-croûte au pavillon Alexandre-Vachon; en bas à droite, le comptoir italien au pavillon Palasis-Prince.
— Cosmos
De plus, chacun de ces espaces accueillera un café où seront servis des sandwichs et des mignardises et où travailleront des baristas. «Ce sera un peu un espace indépendant dans notre espace, un comptoir qui ouvrira plus tôt et fermera plus tard. On a acquis des machines à crème glacée pour y servir des cafés crème glacée comme en Italie», révèle Louis McNeil.
Intégrer la technologie pour améliorer le service
«Une autre cible qu'on voulait atteindre avec la nouvelle offre alimentaire était de faciliter et d'accélérer les commandes par la technologie», remarque le vice-recteur René Lacroix. Le Cosmos répondra donc à ce désir en proposant la possibilité de commander en ligne ou à l'aide de bornes intelligentes.
«Étant donné que tous les étudiants finissent leurs cours en même temps et veulent dîner au même moment, nous tenterons d'augmenter la fluidité et de réduire les files d'attente en encourageant les commandes à l'avance. De plus, l'argent ne sera plus accepté. Toutes les transactions devront être effectuées avec une carte», indique Louis McNeil.
Le Cosmos misera également sur 15 réfrigérateurs intelligents pour desservir les bâtiments plus éloignés et accommoder ceux et celles qui fréquentent le campus aux heures creuses. «Pour les clients, c'est très simple d'utilisation. On scanne le code-barre sur le frigo et on voit le menu disponible. Pour nous, c'est une technologie extraordinaire qui permet, par exemple, de connaître à distance les inventaires. Elle réduit également le gaspillage puisqu'elle permet une tarification dynamique. On peut ainsi liquider des produits en fin de journée», explique Louis McNeil.
Réduire l'insécurité alimentaire des étudiantes et étudiants
Le Carrefour solidaire, situé au pavillon Alphonse-Desjardins sera, quant à lui, géré par le RADIS. «Notre mission est de proposer une offre alimentaire abordable et de proximité, faite par et pour la communauté étudiante», résume l'étudiant en sociologie et président du RADIS, Cédric Glode, aussi directeur général de La Baratte, un organisme à but non lucratif qui apporte une solution concrète à des besoins alimentaires et sociaux.
Le Carrefour solidaire affichera un menu du jour santé à double tarification: 5$ pour les personnes étudiantes et un peu plus cher pour les autres, ce qui permettra de financer l'option étudiante à bas prix. «Pour réduire au maximum les coûts, il n'y aura qu'un seul choix de repas chaud chaque jour. Mais nous aurons également des sandwichs, des salades et des viennoiseries. L'approvisionnement se fera auprès de producteurs locaux et nous espérons pouvoir mettre en valeur les aliments produits par les associations étudiantes de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation», affirme l'étudiant.
Cet Espace repas accueillera également une épicerie solidaire. On y trouvera fruits et légumes frais, produits laitiers, conserves et surgelés, produits d'hygiène et de nettoyage, etc. «Pour bien implanter le projet, confie Cédric Glode, on s'est inspirés de modèles éprouvés, comme La Collective et le Bâtiment 7 à Montréal.» Étant donné qu'une grande partie de la clientèle proviendra de la communauté étudiante internationale qui demeure dans les résidences, cette épicerie s'assurera que son offre soit culturellement adaptée aux besoins. «Les étudiants n'auront plus à se déplacer jusqu'à une épicerie antillaise, africaine ou asiatique», ajoute-t-il. Là encore, une double tarification sera appliquée puisqu'un rabais sera consenti aux étudiantes et étudiants qui s'impliqueront bénévolement dans le RADIS, que ce soit par la préparation de repas ou la participation à des comités de gestion.
De plus, le RADIS offrira un service de traiteur, qui permettra de financer son idéal solidaire.
Soutenir le réseau des cafés étudiants
Une autre mission du RADIS est de jouer un rôle structurant auprès des cafés étudiants dispersés à travers le campus et de développer une synergie avec eux.

Le café étudiant L'Interprox au pavillon de Médecine dentaire
— Dany Vachon
«Comme toutes les associations étudiantes, les cafés étudiants vivent des cycles et des intermittences. Il arrive qu'un groupe d'étudiants dévoués terminent leurs études et que la relève se fasse attendre. On veut donc épauler les cafés étudiants pour faciliter les transitions et la gestion», soutient le président du RADIS.
L'organisme les aidera également en leur donnant accès à un approvisionnement à moindre coût et en leur proposant des salades et des sandwichs qu'il aura préparés. «Ainsi, il n'y aura pas qu'au pavillon Alphonse-Desjardins que les étudiants pourront profiter d'une offre alimentaire plus abordable; celle-ci s'étendra aux autres pavillons», ajoute-t-il.
Un écosystème alimentaire en complémentarité
L'offre du Cosmos et celle du RADIS ne sont pas concurrentes, mais appelées à se compléter. D'ailleurs, Louis McNeil entend faire tout ce qu'il peut pour aider l'initiative étudiante, notamment en réaffectant les surplus alimentaires des restaurants Cosmos de Québec vers le RADIS.

René Lacroix, vice-recteur aux infrastructures et à la transformation, chapeaute la transformation de l'écosystème alimentaire sur le campus.
— Yan Doublet
D’autres services alimentaires déjà présents sur le campus feront également partie de cet écosystème. Le Pub universitaire, le café Fou AELIÉS et le café Équilibre, géré par des étudiantes et étudiants, poursuivront leurs activités et occuperont une place importante dans l’offre alimentaire de l’Université.
Des travaux d’aménagement auront lieu du 1er mai à la fin août, mais le campus continuera d’offrir des services alimentaires au cours de l’été.
En savoir plus sur:
Les services alimentaires disponibles durant les travaux
Le RADIS
Le Cosmos



















