Vie universitaire

Médecine du coeur

Marie-Hélène Marchand rêve de faire rimer médecine et humanisme

Par : Jean Hamann
Marie-Hélène Marchand en compagnie d'une jeune fille lors d'un stage effectué au Mali en 2006.
Marie-Hélène Marchand en compagnie d'une jeune fille lors d'un stage effectué au Mali en 2006.
Qui ne souhaite pas avoir un médecin de famille humain, empathique et dévoué, prêt à venir à notre chevet, à domicile comme au bout du monde? Marie-Hélène Marchand promet de devenir ce genre de médecin, mais à moins d’être pauvre, marginal, sans domicile fixe ou résidant d’un pays en voie de développement, il y a peu de chance de compter un jour parmi ses heureux patients. Pour cette étudiante engagée, c’est en soignant les plus défavorisés de notre société et de la planète que la médecine a le plus de résonance. «On peut être un très bon médecin sans faire de l'implication communautaire, reconnaît-elle sans hésitation. Chacun doit trouver ce qui a un sens pour lui, écouter son coeur et suivre sa voie. Moi, je trouve la médecine communautaire hyperstimulante.»
   
C’est pour encourager cette étudiante à poursuivre son engagement communautaire par la voie de la médecine familiale que le Collège des médecins de famille du Canada lui a décerné, le 29 novembre à Toronto, une bourse de 10 000 $. L’association médicale remet chaque année 17 bourses à des étudiants canadiens exceptionnels qui terminent leur externat, dans l’espoir d’infléchir leur choix de spécialité. Dans le cas de Marie-Hélène Marchand, la décision était déjà prise. «Autrefois, les étudiants optaient pour la médecine familiale un peu par défaut. Les choses ont changé. La médecine familiale correspond davantage à mes valeurs et à celles des gens de ma génération parce qu’elle fait une large place à la qualité de vie et à l’humanisme.»

Mer et monde
C’est à la suite d’un détour de cinq ans, où se sont entremêlés études et voyages en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud, que Marie-Hélène Marchand est venue à la médecine. En 1999, après ses études collégiales, cette étudiante originaire de Québec met le cap sur Rimouski où elle s’inscrit en biologie. «Je réalise aujourd’hui que c’était surtout par romantisme, commente-t-elle. J’avais lu Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers notamment, et je rêvais d’étudier les baleines et de réaliser des documentaires.» Chemin faisant, elle travaille comme bénévole auprès d’enfants en difficulté d’apprentissage et de patients souffrant de problèmes de santé mentale, et découvre sa voie: l’implication communautaire. À la fin de son bac en 2004, elle fait une demande d’admission dans trois programmes à l’Université Laval: psychoéducation, travail social et médecine. «Je ne savais pas exactement ce que je voulais faire, mais il fallait que la composante relation d’aide soit importante.»
   
Elle opte finalement pour la médecine où elle profite de toutes les chances qui lui sont offertes pour travailler auprès des démunis. Elle effectue un stage au CLSC Basse-Ville pendant lequel elle accompagne des médecins lors de visites à domicile «où nous en apprenons bien plus sur les réelles conditions de vie des personnes qu’en leur faisant remplir des questionnaires dans une clinique médicale», souligne l’étudiante. Elle accompagne aussi l’infirmier de rue, Gilles Kègle, dans ses visites au domicile des personnes démunies de la basse-ville de Québec et travaille comme bénévole chez MIELS-Québec, où elle met sur pied un projet de sensibilisation à la santé sexuelle destiné aux jeunes.
   
À l’Université, avec trois collègues de classe, elle crée le Fonds étudiant de médecine pour la santé internationale, dont l’objectif est de financer des stages à l’étranger pour les étudiants en médecine. Depuis la création du fonds en 2005, une centaine d’étudiants de la Faculté de médecine ont ainsi acquis une expérience en santé internationale. Marie-Hélène Marchand a elle-même participé à deux stages, l’un en Slovaquie et l’autre au Mali. «Ces expériences développent notre humanisme, notre ouverture sur le patient et sur ses valeurs. De plus, lorsque tu es isolée dans un village du Mali, tu apprends à te débrouiller en diguidou. Toutes les compétences acquises lors de ces stages peuvent être transposées ici, peu importe ce que l’on fera dans l’avenir.»
   
Et son avenir, comment l’imagine-t-elle? «Je veux travailler auprès des gens marginalisés, faire de la médecine de rue, travailler dans le Nord auprès des gens des Premières Nations et participer à des missions à l’étranger. Il me faudrait trois vies pour réaliser tout ce que je souhaite faire.»

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