Vie universitaire

Des outils pour l'inclusion scolaire

Par : Pascale Guéricolas
Des élèves qui ne sont pas «au niveau», des classes hétérogènes, un pourcentage élevé d’enfants à problèmes: année après année, les enseignants dénoncent les situations difficiles qu’ils vivent au primaire, des situations qui les emmènent souvent au bord du burnout. Plusieurs intervenants d’un symposium sur l’inclusion scolaire, qui se tenait récemment sur le campus à l’occasion du Congrès du Comité québécois pour les jeunes en difficulté de comportement, ont essayé de leur donner des outils ou de leur ouvrir de nouvelles portes pour leur permettre de mieux affronter ces situations. Line Massé, professeure au Département de psychoéducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), fréquente régulièrement les écoles avec un véritable coffre à outils destiné aux élèves que l’on qualifie de TDAH, pour trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité. Environ 75 % des enfants qui font l’objet d’un signalement à l’école portent cette étiquette.

Le message de cette psychoéducatrice est à la fois simple et complexe. Selon Line Massé, il faut adapter le plus possible l’enseignement au mode de fonctionnement d’enfants dont le temps d’attention s’avère très restreint. On doit donc non seulement limiter les consignes sur le travail à accomplir et renforcer les habiletés sociales, mais aussi mettre en place un tutorat avec d'autres élèves, ou encore utiliser mieux l’ordinateur. Sans pour autant croire aux recettes miracles. Chaque projet est minutieusement préparé par l’enseignant. Les tuteurs ont deux ans de plus que l’élève qu’ils aident, pour permettre une relation d’autorité, et il faut atteindre des objectifs précis à chaque rencontre. Même suivi avec le travail informatique où le professeur choisit soigneusement les logiciels venant en aide aux élèves en TDAH. «Quitte à mettre de la musique dans la classe ou faire travailler les élèves avec des écouteurs, car le bruit ambiant les distrait beaucoup», propose Line Massé. Elle suggère aussi de faire asseoir les élèves qui ont la bougeotte sur des coussins ou de gros ballons d’exercice. Toutes ces propositions d’aide ont beaucoup plus de chances de fonctionner lorsqu’elles s’inscrivent dans une école où le personnel et les parents collaborent vraiment, de la direction d’école au concierge, en passant par les parents et les gens du quartier. Autrement dit, la responsabilité de l’élève en difficulté ne doit pas reposer uniquement sur les épaules de l’enseignant.
   
S’ouvrir à la diversité
Luc Prud’homme, professeur au Département des sciences de l’éducation de l’UQTR, a d’ailleurs galvanisé l’auditoire d’enseignants et d’intervenants scolaires en présentant une expérience menée depuis quelques années dans une école primaire de la région de Shawinigan en collaboration avec l’UQTR. Dans ce petit établissement, une équipe de quatre enseignantes très motivées a renoncé à l’enseignement magistral pour passer à un apprentissage en sous-groupes, en s’ouvrant à la diversité des élèves. Avant, cependant, elles ont pris conscience ensemble et individuellement de ce que signifiait exactement la différence. «L’une, par exemple, a constaté que l’impulsivité de certains élèves l’agaçait, car elle se reconnaissait chez certains tandis que l’autre, amoureuse de la littérature enfantine, supportait difficilement les enfants qui n’aimaient pas lire», raconte Luc Prud’homme. Une fois cette étape de connaissance franchie, le quatuor d’enseignantes, soutenu par leur direction, par les autres intervenants ainsi que par les parents, a développé un climat de compréhension dans l’école en considérant les particularités des élèves comme des forces. Résultat: cette école a raflé la majorité des prix à un concours d’écriture organisé à Shawinigan récemment et les demandes de parents désespérés de l’école traditionnelle affluent.

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