Vie universitaire

De la case de santé au dispensaire

L’été dernier, 54 étudiantes et étudiants en médecine ont effectué des stages d’immersion culturelle dans 12 pays en développement, dont le Sénégal

Par : Yvon Larose
À l'hôpital général de Thiès, Camille Beaulieu-Denault, Gabrielle Ostiguy, Christine Lavallière, Samuel Tétrault, Maryline Lemieux, étudiante en technique infirmière, et Andréanne Pinault-Reid entourent le chirurgien responsable des chirurgies en salle d'urgence.
À l'hôpital général de Thiès, Camille Beaulieu-Denault, Gabrielle Ostiguy, Christine Lavallière, Samuel Tétrault, Maryline Lemieux, étudiante en technique infirmière, et Andréanne Pinault-Reid entourent le chirurgien responsable des chirurgies en salle d'urgence.
«Une expérience inoubliable, positive et formatrice, très riche en rencontres et en prises de conscience, mais aussi traversée de moments difficiles.» C’est ainsi que Samuel Tétrault et Christine Lavallière décrivent leur stage d’immersion culturelle de 10 semaines réalisé entre mai et juillet 2007 au Sénégal. Parce qu’ils sont au début de leur formation, ces deux étudiants au préexternat en médecine, actuellement en troisième année du doctorat, n’ont posé aucun acte médical. Leur objectif a consisté à se familiariser avec des conditions de vie, des valeurs socioculturelles et une structure de santé différentes.

Samuel et Christine faisaient partie d’un contingent de 11 étudiantes et étudiants à avoir choisi ce pays de l’Afrique subsaharienne pour leur stage international et interculturel. Leur encadrement était assuré par la Faculté de médecine, le Bureau international et Mer et Monde, une organisation non gouvernementale québécoise. En tout, 54 étudiantes et étudiants en médecine sont allés l’été dernier dans 12 pays en développement ou en émergence d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Asie. Le vendredi 16 novembre, une trentaine d’entre eux, dont Samuel et Christine, ont présenté les faits saillants de leurs stages lors de la Journée en santé internationale, une activité qui s’est déroulée au pavillon Ferdinand-Vandry.

Pour la durée du stage, Samuel était jumelé à Gabrielle Ostiguy et Christine faisait équipe avec Camille Beaulieu-Denault. Les premiers ont été affectés à la case de santé du village de Sao. Les secondes ont travaillé au dispensaire privé catholique du village de Peycouck Sérère. La case de santé occupe le niveau le plus bas de la structure de santé publique du pays. Les soins sont assurés par des agents de santé formés en six mois. Le dispensaire est l’équivalent du poste de santé, soit le niveau au-dessus de la case de santé. À celui de Peycouck Sérère, le personnel comprend une infirmière et deux agents de santé. «Au dispensaire, explique Christine, les gens consultent principalement pour les infections de la peau et pour la malaria. Comme à la case de santé, ceux qui les accueillent ont peu de formation. Ils ne sont donc pas en mesure de faire de diagnostics. Ils ne cherchent pas à savoir de quelle maladie souffre la personne. Ils traitent le symptôme et non la maladie qui pourrait être sous-jacente. C’est ainsi que toutes les infections de la peau sont traitées de la même manière.»

Au Sénégal, selon les milieux, on recourt d’abord aux services d’un guérisseur traditionnel appelé marabout. Dans la famille d’accueil de Samuel, un enfant d’un an et demi que l’on croyait atteint de malaria n’a pas été amené tout de suite à la case de santé pourtant toute proche. «On lui a d’abord mis un collier de bambou autour du cou pour le guérir, raconte-t-il. Comme ça ne faisait pas effet, le père a accepté que j’amène l’enfant à la case de santé. La plupart du temps, ce type de croyances ne fonctionne pas et nuit aux traitements. Le rôle de l’agent de santé est de faire prendre conscience de leur inefficacité, par exemple en expliquant que d’appliquer du sable sur une plaie n’aidera pas à la cicatrisation.»

Injections et soins de plaies
Au dispensaire, les étudiantes ont observé qu’il se faisait une prescription abusive de médicaments, notamment de l’aspirine. «Au Québec, on ne prescrit pas d’aspirine à un enfant, souligne Christine. Là-bas, on le fait en coupant le comprimé en quatre, mais les dosages sont approximatifs.» À la case de santé, comme au dispensaire, on prescrit beaucoup d’antibiotiques. «Les gens, explique Samuel, vont prendre un comprimé, le broyer et l’appliquer sur la plaie en se disant que si ça soigne par voie orale, ça le fera aussi en l’appliquant sur la plaie. Or, ce n’est pas le cas.» Injections et soins de plaies constituent le quotidien du personnel de la case de santé et du dispensaire. «Nous avons vu des plaies que l’on ne verrait jamais au Québec», soutient Christine. Selon Samuel, les Sénégalais consultent tardivement. «Il faut payer pour recevoir des soins de santé dans ce pays, indique-t-il. Si une personne a de la fièvre, elle aura attendu quelques jours avant de consulter. Tant que le problème n’empêche pas de fonctionner, les gens ne se présenteront pas.»

Samuel et Christine, à l’instar des neuf autres stagiaires au Sénégal, ont mené des activités de sensibilisation à l’hygiène auprès de groupes de femmes et de groupes d’élèves. Ils ont notamment donné des formations sur la malaria. Ils ont aussi sensibilisé les villageois au ramassage des déchets.

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