Société

Le rendez-vous du numérique

Soixante chercheurs du domaine du numérique réunis pour l'événement Intelligences numériques 2016

Par : Yvon Larose
Intelligences numériques 2016 s'inscrivait dans la programmation de la Semaine numérique de Québec, un rassemblement de gens d'affaires, d'artistes et de chercheurs du domaine.
Intelligences numériques 2016 s'inscrivait dans la programmation de la Semaine numérique de Québec, un rassemblement de gens d'affaires, d'artistes et de chercheurs du domaine.
Du 4 au 6 avril, le Centre des congrès de Québec a accueilli Intelligences numériques 2016, un événement scientifique international consacré aux cultures et à la société du numérique. Organisée conjointement par l'Université Laval et l'Université de Nantes, la rencontre a rassemblé soixante experts et près de 200 participants de France, de Belgique, d'Espagne, des États-Unis, du Nouveau-Brunswick et du Québec. Bon nombre d'entre eux provenaient de l'Université Laval. Intelligences numériques 2016 s'inscrivait dans la programmation de la Semaine numérique de Québec, un rassemblement de gens d'affaires, d'artistes et de chercheurs du domaine.

«Avec Intelligences numériques 2016, a déclaré le recteur Denis Brière, l'Université Laval vient renforcer ses liens de collaboration avec plusieurs universités européennes et démontrer, une fois de plus, son expertise dans le domaine du numérique. Ce secteur évolue rapidement et ouvre de nouvelles perspectives pour la création du savoir, l'enseignement et la diffusion de l'information.»

Les présentations ont gravité autour de cinq axes thématiques. Les conférenciers ont abordé des sujets tels que les villes intelligentes, le patrimoine, les jeux sérieux éducatifs et le Web social.

Paul Fortier est professeur au Département de génie électrique et de génie informatique. Il est également directeur de l'Institut Technologies de l'information et Sociétés, qui a coorganisé l'événement. Le professeur Fortier a agi comme coresponsable de la programmation. Selon lui, le numérique représente une force à l'Université. «Le numérique, affirme-t-il, transforme nos façons de faire et couvre de nombreux domaines. À l'Université, nous avons des chercheurs dans les secteurs technologiques du numérique depuis longtemps. Plus récemment, d'autres secteurs de recherche ont émergé, dont le metagaming, la modélisation de sites patrimoniaux et l'éthique des villes intelligentes.»

Selon lui, Intelligences numériques 2016 a permis de pousser plus loin la réflexion sur le monde du numérique. «Ce fut, dit-il, l'occasion de voir ce qui se fait dans les différents secteurs d'activité et, peut-être, susciter de fructueuses collaborations de recherche.»

Margarida Romero est professeure en technologie éducative au Département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage. Elle a livré deux exposés, dont un sur les usages de la robotique pédagogique en éducation primaire. Cette approche vise à augmenter la motivation et la persévérance scolaire chez les enfants ayant des difficultés d'adaptation ou d'apprentissage. Dans cette activité, les élèves doivent construire des modèles de robots de plus en plus complexes.

Avec son collègue le professeur Vincent Richard et le doctorant Raoul Kamga, la professeure Romero a effectué une revue de littérature et analysé différentes réalisations en ce domaine à l'échelle internationale. «Il y a un engouement incroyable pour la robotique pédagogique depuis quatre ou cinq ans, explique-t-elle. Cette approche permet à l'enfant d'adopter la démarche de l'ingénieur, basée sur l'observation et la pensée logique, et de développer des stratégies de résolution collaborative de problèmes.» Selon elle, les enfants plus manuels ont la capacité de réfléchir tout en montant et démontant les pièces d'un robot. «Les enfants plus rêveurs ou qui vivent davantage dans l'abstrait, ajoute-t-elle, sont très bons dans l'approche créative et l'aspect ingénierie.»

Carol-Anne Gauthier est doctorante en relations industrielles. Elle a fait la présentation d'une revue de littérature sur la place des femmes dans le secteur des technologies de l'information et des communications (TIC) aux États-Unis et en Australie. Cette revue a été menée dans le cadre d'un projet de recherche auquel participent l'étudiante et trois professeures de la Faculté des sciences de l'administration, soit Carmen Bernier, Lyne Bouchard et Hélène Lee-Gosselin. «Aux États-Unis et en Australie, on compte environ 20% de femmes dans ce secteur, indique Carol-Anne Gauthier. Leur sous-représentation s'explique notamment par la réticence des filles à faire des études en mathématiques, en science et en technologie. Il y a aussi l'influence de stéréotypes, tels que “les filles n'aiment pas les mathématiques” ou bien “les informaticiens sont des geeks solitaires”. On pouvait penser que les stéréotypes allaient être absents d'un nouveau domaine comme les TIC, mais ce n'est pas le cas.»

Selon elle, plusieurs obstacles rendent difficile la progression de carrière de ces femmes. Il y a notamment les inégalités salariales, la ségrégation professionnelle, l'exigence de mobilité et l'articulation travail-famille, ainsi que la culture masculine du secteur.

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