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Rupture des membranes: l’importance d’agir en amont

Une étude précise les facteurs de risque de rupture prématurée des membranes chez les femmes enceintes

Les infections et les maladies inflammatoires qui affectent la santé de la mère peuvent se répercuter sur l’intégrité des membranes entourant le foetus.

«Les gens ne le réalisent pas, mais la rupture prématurée des membranes est l’une des pires complications de la grossesse. Pour contrer ce problème, il faut que les femmes enceintes soient vues très tôt en début de grossesse afin que l’on puisse dépister et traiter toutes les infections et les maladies inflammatoires pouvant affecter la santé de la mère et l’intégrité des membranes entourant le fœtus.»

Voilà le message que livre le professeur Emmanuel Bujold de la Faculté de médecine et du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval au terme d’une étude à laquelle ont participé 6968 femmes enceintes de la région de Québec. Les résultats de cette étude viennent de paraître dans le Journal of Clinical Medicine.

Parmi les participantes, 189 femmes ont eu un accouchement avant la 37e semaine de grossesse après une rupture des membranes, 225 ont eu un accouchement prématuré avec membranes intactes au moment du déclenchement du travail et 6554 ont mené leur grossesse à terme. Les données recueillies auprès des participantes ont permis de préciser les facteurs de risque exclusifs à la rupture prématurée des membranes ainsi que l’augmentation du risque qui y est associée. Les voici:

  • antécédents de rupture prématurée de membrane ou de prématurité, 5,1 fois
  • première grossesse, 2,5 fois
  • faible niveau de scolarité, 2,4 fois
  • indice de masse corporelle plus petit que 18.5 kg/m2,  2,0 fois
  • diabète de grossesse, 1,9 fois.

En apparence disparates, ces caractéristiques auraient un dénominateur commun, souligne Emmanuel Bujold. «Ces femmes s’alimentent moins bien et elles sont en moins bonnes santé, ce qui crée des conditions propices aux infections et aux maladies inflammatoires qui peuvent avoir des répercussions sur l’intégrité des membranes. Dans presque 90% des cas de ruptures de membranes, la zone qui a cédé montre des signes d’inflammation. Cette inflammation peut résulter d’une infection qui semble sans lien direct avec la grossesse. Par exemple, une étude que nous avons menée il y a quelques années avait montré que des bactéries associées aux maladies parodontales pouvaient se retrouver dans le liquide amniotique et provoquer des naissances prématurées.»

La rupture prématurée des membranes survient dans 2% à 4% des grossesses. Elle est responsable de 40% des accouchements prématurés. Si elle survient avant la 34e semaine de grossesse, ses répercussions peuvent être graves, rappelle le professeur Bujold. «Il peut y avoir décollement du placenta et le fœtus peut manquer d’oxygène. C’est maintenant la principale cause de paralysie cérébrale chez les nouveau-nés. Dans un faible pourcentage des cas, il peut même y avoir décès du fœtus.»

L’étude a été réalisée par Jean-Claude Forest, Emmanuel Bujold, Nathalie Bernard et Yves Giguère, de l’Université Laval, et par Damien Bouvier, Loïc Blanchon, Bruno Pereira, Denis Gallot et Vincent Sapin, de l’Université Clermont-Auvergne.

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