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Le ruban kinésiologique n'accélère pas la guérison

Le taping de l'épaule n'ajoute aucun bienfait à moyen ou à long terme à un programme de réadaptation

Par : Jean Hamann

Le recours au ruban kinésiologique n'ajoute aucun bénéfice à moyen ou à long terme aux exercices de réadaptation ciblant des maux d'épaule. C'est ce que révèle une étude publiée dans la revue Sports Health par une équipe de la Faculté de médecine de l'Université Laval et du Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale.

Pour faire cette démonstration, les chercheurs ont recruté 52 personnes souffrant d'une tendinopathie chronique de la coiffe des rotateurs. Dans le langage courant, ces sujets avaient une tendinite ou une bursite de l'épaule.

Les participants ont tous été soumis à un programme individualisé de réadaptation d'une durée de six semaines. Ce programme comportait 10 séances de 30 à 45 minutes pendant lesquelles les sujets devaient effectuer une série d'exercices sous la supervision d'un physiothérapeute. Ils devaient aussi faire des exercices quotidiens à la maison. La moitié des participants faisait ces exercices avec un taping sur l'épaule atteinte. L'application du ruban a été faite selon les recommandations de la Kinesio Taping Association International.

Différents tests évaluant les symptômes, notamment la douleur et les limitations fonctionnelles de l'articulation, ont été réalisés au début de l'étude et après 3, 6, 12 et 24 semaines. Résultats? Les chercheurs ont constaté une amélioration de la condition des sujets à tous les chapitres et à tous les temps de mesure. Par contre, ces progrès étaient similaires dans les deux groupes.

«Pour ce type de problème à l'épaule, l'addition de ruban kinésiologique au programme d'exercices ne donne pas de résultats supérieurs à ce que l'on obtient avec les exercices seuls, que ce soit à court, à moyen ou à long terme. Les patients ne guérissent pas plus vite», résume le responsable de l'étude, le professeur Jean-Sébastien Roy.


« C'est comme un comprimé de Tylenol. Ça soulage la douleur, mais on ne guérit pas plus vite. »
Jean-Sébastien Roy

Des études antérieures avaient pourtant rapporté un effet immédiat du ruban kinésiologique pour ce type de blessures. «Les gens se sentent mieux et ils éprouvent moins de douleur lorsqu'ils font des mouvements. Nous pensions que cet effet allait se répercuter sur la vitesse de guérison, mais ce n'est pas ce que nous avons observé», constate le chercheur.

Quant à savoir si l'application de ruban kinésiologique est une intervention inutile, le professeur Roy se fait prudent. «Ça ne coûte pas cher et ce n'est pas invasif. Le patient et le physiothérapeute peuvent en discuter. Si le patient aime le feeling et qu'il se sent mieux, il n'y a rien qui s'oppose à l'utilisation de ce ruban. Mais, c'est comme un comprimé de Tylenol. Ça soulage la douleur, mais on ne guérit pas plus vite.»

Les auteurs de l'étude parue dans Sports Health sont Fábio Carlos Lucas de Oliveira, Benoit Pairot de Fontenay, Laurent Julien Bouyer, François Desmeules et Jean-Sébastien Roy.

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