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Le grand saut

Le conseil de Samuel Bouchard pour lancer son entreprise tient en trois mots: «Just do it!»

Par : Jean Hamann
Samuel Bouchard: «Il ne faut pas lancer une entreprise uniquement dans l'espoir de devenir riche. Il faut le faire d'abord et avant tout parce qu'on a envie de s'investir dans un projet auquel on croit.»
Samuel Bouchard: «Il ne faut pas lancer une entreprise uniquement dans l'espoir de devenir riche. Il faut le faire d'abord et avant tout parce qu'on a envie de s'investir dans un projet auquel on croit.»
Incertitude. S'il y a un mot qui définit bien la vie dans une entreprise en démarrage, c'est bien celui-là, constate sans détour Samuel Bouchard. Mais heureusement, à en juger par le témoignage qu'il a livré à la quarantaine d'étudiants qui assistaient au premier BridgeCamp présenté sur le campus le 28 janvier, il y en a d'autres qui lui vont comme un gant: intense, stimulant, grisant. Malgré son jeune âge, ce diplômé de la Faculté des sciences et de génie en connaît un bout sur les jeunes entreprises. Diplômé au doctorat en génie mécanique en 2008, il est déjà directeur Produit et Technologie chez DuProprio.com et cofondateur de l'entreprise Robotiq. C'est pourquoi les organisateurs de cette première rencontre ont pensé à lui pour briser la glace.
   
BridgeCamp se veut une façon informelle de faire le pont entre les étudiants et les entreprises technologiques en démarrage, explique l'instigateur de ces rencontres, Philippe Gauvin, un diplômé du Département d'informatique et de génie logiciel qui gagne aujourd'hui sa croûte à titre de consultant. «Les startups offrent des défis et des chances uniques pour les diplômés qui arrivent sur le marché du travail, souligne-t-il, mais les étudiants les méconnaissent. De leur côté, les entreprises disposent de ressources limitées pour recruter des finissants. L'objectif de nos rencontres est de faire connaître la culture startup aux étudiants et de faciliter les efforts de recrutement des entreprises en démarrage.»

Start me up
Samuel Bouchard a participé à une seule entrevue d'emploi dans sa vie. «C'était pour un travail chez Ashton et je n'ai pas eu le poste», raconte-t-il en riant. Pendant ses études, il se joint à l'entreprise que son frère Nicolas a mise sur pied en 1997, DuProprio.com, un service de transaction immobilière sans agent, où ses connaissances en programmation sont mises à contribution. «Dans une entreprise en démarrage, les ressources sont limitées et il faut être polyvalent et créatif. Au début, mon frère était seul dans son entreprise. Il prenait les photos des résidences, il plantait les pancartes devant les propriétés et il s'occupait du site Web. Aujourd'hui, DuProprio.com emploie 160 personnes à travers le Canada et sa croissance se poursuit.»
   
Après son baccalauréat en génie physique, Samuel Bouchard s'intéresse à la robotique. Sa thèse de doctorat, dirigée par le professeur Clément Gosselin, porte sur la géométrie des robots parallèles entraînés par des câbles. Pendant ses études, lui et ses confrères Vincent Duchaine et Jean-Philippe Jobin discutent de la mise sur pied d'une compagnie qui commercialiserait des innovations développées au Laboratoire de robotique de l'Université. Ils passent de la parole aux actes en fondant Robotiq, une entreprise qui conçoit et fabrique des composantes de robots.
   
Les premiers mois sont faits d'un mélange constant d'excitation et de peur, souligne-t-il. Il faut répondre rapidement aux questions existentielles qui vont conditionner l'avenir de l'entreprise. C'est quoi le produit? Comment on le fait? À qui on le vend? À quel prix? Robotiq compte maintenant cinq personnes — «nous avons encore plus de chefs que d'indiens», note-t-il au passage —, ce qui présente quelques inconvénients, mais aussi de grands avantages. «Chacun sent que sa contribution a un grand impact sur l'entreprise. Les émotions se vivent intensément. Chaque petit succès devient une grande victoire.»
   
À la grande question «Par où commencer?», il apporte une réponse étonnamment simple. «Just do it! C'est le temps de se lancer lorsqu'on finit ses études et qu'on n'a pas encore de responsabilités familiales et d'hypothèque à payer.» Il existe plusieurs programmes d'aide pour démarrer une entreprise (Entrepreuriat Laval pour les étudiants de l'Université) et il faut en profiter, dit-il. Avec une mise de fonds personnelle de 100 000 $, les fondateurs de Robotiq ont récolté 500 000 $ en aide de toutes sortes. «Mettre de l'argent de ses poches dans le projet montre qu'on y croit, mais les meilleurs arguments pour aller chercher du financement sont un dossier bien monté et surtout des contrats déjà signés avec des clients.»
   
Les jeunes entrepreneurs partis de rien qui deviennent millionnaires sont omniprésents dans les médias, mais ils ne courent pas les rues. Les statistiques sont cruelles pour les jeunes entreprises technologiques: la majorité d'entre elles disparaissent dans les premières années qui suivent leur création. «Il ne faut pas lancer une entreprise uniquement dans l'espoir de devenir riche, conseille Samuel Bouchard. Il faut le faire d'abord et avant tout parce qu'on a envie de s'investir dans un projet auquel on croit.»

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